Retraites : ce qui change pour les fonctionnaires

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(Crédits : CHARLES PLATIAU)
Nouveau calcul de la retraite, extension du compte pénibilité... La réforme des retraites modifie en profondeur certains aspects de la carrière des fonctionnaires. Tour d'horizon.

Les 4,3 millions d'agents publics fonctionnaires (pour 1,2 million de contractuels), dans les trois versants de la fonction publique (Etat, hospitalière, territoriale) devraient, au terme de la réforme, voir leur retraite calculée sur l'ensemble de leur carrière et non plus sur les six derniers mois. Cette règle leur serait moins favorable, en particulier aux enseignants dont le Premier ministre Edouard Philippe a reconnu lui-même début décembre que "l'application absurde des nouvelles règles les pénaliserait".

Selon Gilles Oberrieder (CGT), "un enseignant en fin de carrière qui touche aujourd'hui une retraite d'environ 2.500 euros" toucherait ainsi "environ 1.700 euros". Ce spécialiste des retraites a aussi calculé qu' "un agent de catégorie C (la moins bien rémunérée) qui gagne aujourd'hui entre 1.300 et 1.600 euros mensuels, toucherait une retraite d'à peine 1.000 euros". En moyenne, ajoute-t-il, les fonctionnaires passeraient d'une retraite moyenne de "70% du salaire de fin de carrière à une retraite correspondant à 70% du salaire moyen de carrière", prenant en compte les années les moins bien rémunérées. Cela occasionnerait une perte substantielle de revenus, qu'il chiffre "entre 20 et 30%".

Avec le nouveau système universel à points que le gouvernement souhaite mettre en place à compter de 2025, les primes devraient cependant être prises en compte dans le calcul de la retraite. Actuellement, si les fonctionnaires cotisent à hauteur de 11% à leur propre régime intégré, cette cotisation ne porte pas sur les primes, qui constituent une part importante des rémunérations pour ceux qui en bénéficient. Elles peuvent même atteindre "50% des revenus pour certains fonctionnaires en fin de carrière", selon le secrétaire d'Etat chargé de la fonction publique, Olivier Dussopt.

Extension du compte pénibilité aux fonctionnaires

Problèmes : des centaines de milliers d'agents, dont les enseignants et les agents territoriaux (en grande majorité des femmes à temps partiel), deux catégories qui représentent au total 1,89 million de personnes, n'en bénéficient pas ou très peu. Ces derniers risquent donc d'être doublement lésés. Le gouvernement a cependant admis le principe d'une revalorisation des salaires des enseignants et chercheurs. Des négociations se sont ouvertes cette semaine sur les retraites, qui doivent déboucher sur une loi de programmation des revalorisations.

La future réforme prévoit aussi d'étendre le compte pénibilité aux fonctionnaires, en contrepartie de la suppression des départs anticipés de certaines catégories "actives", que le gouvernement a confirmée le 8 janvier: des centaines de milliers d'agents verront leur âge légal passer de 57 à 62 ans, en particulier les aide-soignantes des hôpitaux publics, à l'exception des "fonctions en uniformes" (policiers, pompiers, douaniers, agents pénitentiaires...).

La retraite progressive (cumul du temps partiel et d'une partie de la pension de retraite) pour les fonctionnaires doit aussi être discutée, notamment pour les enseignants et les personnels hospitaliers. Un chantier spécifique devait être lancé cette semaine sur la pénibilité et l'aménagement des fins de carrière à l'hôpital. Un autre doit porter sur le calcul des droits acquis au moment de la bascule entre le système actuel et le régime universel en 2025. Le Premier ministre a promis le maintien de la règle des six derniers mois pour convertir les trimestres cotisés en points.

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a écrit le 15/01/2020 à 21:49 :
On peut opposer le privé au public. Ca amuse les gogos.
Laissons passer une génération. Il restera 10% de retraités à l'aise, et 90% de retraités à 1000€ par mois. Sachant qu'aujourd'hui, les retraités du baby boom font fonctionner l'économie, la prochaine génération (et les suivantes) se contenteront de survivre.
Pas certain que le système ultra-libéral s'en sorte comme ça...
Mais on s'en moque ! Nous serons tous morts à ce moment là !
Finalement, les punks avaient raison : NO FUTUR !
a écrit le 15/01/2020 à 18:56 :
Pour les C c'est la cata pour les très hauts fonctionnaires et certains catégories A (hors enseignants), avec l'intégration intégrale des primes jusqu'à 100 000 € par ans c'est le jackpot , une retraite potentiellement augmenté de 30 à 40%.
Réponse de le 15/01/2020 à 20:45 :
Je crains fort que l'on travaille ou pas on sera de plus en plus proche de
l' A S P A ? car un fonctionnaire stagiaire commence à un salaire inférieur au smic...Aprés deux licenciements collectifs, un en janvier et l'autre en décembre , si pour le premier mon chômage était peu élevé puisque j'avais travaillé en février 67 à mi temps pour terminer les comptes de l'entreprise au deuxième ce n'était pas le cas, si bien que 15 jours de chômage c'était supérieur à mon premier mois de la fonction publique d'état ...La première entreprise a fermée, les grèves SNCF y sont pour quelque chose .....car une entreprise let ses traites à l'escompte, d'où des frais d'agios et des retours de colis
Réponse de le 15/01/2020 à 20:59 :
@calamard
C'est le principe d'une réforme néolibérale, faire payer les petits fonctionnaires pour engraisser les gros fonctionnaires.
Les hauts fonctionnaires ce sont eux qui ont concocté cette réforme, et pour service rendu, ils se sont bien servis.
Réponse de le 16/01/2020 à 10:43 :
Pour les B ou les A le coup est rude également.
Ils ont souvent des salaires/ conditions de travail inférieurs au secteur privé à diplôme équivalent. Je pense que le recrutement dans de nombreux secteurs sera compliqué voir impossible : le recours à la sous traitance/ délégation de service sera la seule issue. Avec les surcouts que ça engendre.

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