Retraites : François Bayrou ouvre la porte à un référendum pour sortir de l'impasse
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François Bayrou demande désormais aux partenaires sociaux de rétablir l’équilibre du système dans un délai de cinq ans.
REUTERS/Benoit Tessier
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François Bayrou demande désormais aux partenaires sociaux de rétablir l’équilibre du système dans un délai de cinq ans.
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[Article publié le 28 février 2025 à 7 h 08, mis à jour à 13 h 07]
Un référendum pour sortir de l'impasse. Dans un entretien au Figaro, François Bayrou envisage cette solution après que Force ouvrière a claqué la porte dès le premier jour des concertations entre les partenaires sociaux sur la réforme des retraites de 2023.
Dans une lettre de mission envoyée mercredi soir, François Bayrou demande désormais aux partenaires sociaux de rétablir l'équilibre du système dans un délai de cinq ans, ce qui implique de trouver 6 milliards d'euros d'économies supplémentaires d'ici 2030. Jusqu'à présent, le gouvernement exigeait simplement que les comptes ne soient pas « dégradés ». Mais le Premier ministre exclut toute baisse des pensions : « L'accepter, ce serait rendre impossible la réforme », tranche-t-il. « La retraite, disait-on autrefois, est un salaire différé. Je fais droit à cette approche. »
Il estime également qu'un système par points, esquissé sous l'ancien Premier ministre Édouard Philippe, « ne sera probablement pas la solution retenue, car elle est très exigeante ». Pour autant, il reconnaît ses trois avantages : « garantir l'équilibre financier du système, offrir un choix plus individualisé du départ en retraite et donner aux partenaires sociaux la responsabilité de la gestion, du moins dans le privé. »
Du côté du patronat, le pessimisme domine. « Nous voyons mal comment la cible d'un retour à l'équilibre en 2030 pourrait être atteinte si l'on remet en cause la règle des 64 ans », avertit le président du Medef, Patrick Martin, cité par Le Monde. Sa négociatrice, Diane Milleron-Deperrois, insiste sur la nécessité de « trouver cet équilibre financier » sans « alourdir le coût du travail » par une hausse des cotisations. Le vice-président de la CPME, Éric Chevée, propose de « faire varier l'âge de départ en fonction de l'espérance de vie ». Medef et CPME plaident aussi pour une introduction progressive de la capitalisation en complément du régime par répartition actuel.
Les syndicats, eux, dénoncent une posture rigide du patronat. « On ne peut pas dire qu'il ait été ouvert sur quoi que ce soit », estime Yvan Ricordeau, secrétaire général adjoint de la CFDT. Il admet toutefois que « l'équation financière à 6 milliards d'euros sera difficile, mais pas impossible à résoudre ».
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La CGT, de son côté, a demandé à la Cour des comptes d'évaluer le coût d'un retour à la retraite à 62 ans : 10,4 milliards d'euros. « Nous aurons des propositions pour les financer », promet Denis Gravouil, négociateur du syndicat.
Dans un communiqué transmis ce vendredi, la deuxième centrale syndicale appelle à la mobilisation le 8 mars « pour gagner l'abrogation de la réforme » des retraites. « Pour la CGT, l'heure est à la construction du rapport de force », assume-t-elle, dénonçant « le double discours du gouvernement qui fait tout pour empêcher que ces concertations ne puissent déboucher sur l'abrogation de la réforme 2023 des retraites ».
Les discussions, qui doivent s'étaler sur 14 séances jusqu'au 28 mai, porteront sur l'âge de départ, les carrières longues, l'emploi des seniors, la pénibilité, ainsi que l'égalité femmes-hommes. Un deuxième rapport de la Cour des comptes sur les effets de la réforme sur l'emploi et la compétitivité sera présenté le 17 avril.
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Seront ensuite abordées les cotisations, la fiscalité et les « sources alternatives de financement », selon une proposition de programme obtenue par l'AFP. François Bayrou a promis que si les partenaires sociaux parviennent à un accord pour amender la très impopulaire réforme de 2023, le texte sera soumis au Parlement.
(Avec AFP)
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