Retraites : selon les calculs de la Cour des comptes, revenir sur les 64 ans serait périlleux

Fanny Guinochet
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Pierre Moscovici, le président de la Cour des comptes.
Reuters

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Pierre Moscovici, le président de la Cour des comptes.
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La Cour des comptes a rendu, ce jeudi, son verdict : le déficit global des régimes de retraites atteindra 15 milliards en 2035 et jusqu'à 30 milliards en 2045. En janvier dernier, le Premier ministre s'était tourné vers les magistrats de la rue Cambon dans le cadre d'une mission flash, pour « faire la vérité des chiffres » sur le financement de nos régimes de retraites, prélude à une concertation entre les partenaires sociaux.
François Bayrou évoquait alors un déficit global des régimes de retraite sous-évalué, et la nécessité de prendre en compte, dans le calcul, la compensation que l'État verse, chaque année, pour équilibrer les régimes du public. Pour le Premier ministre, le déficit des régimes était alors susceptible de s'élever entre 45 et 55 milliards d'euros, soit bien plus que les estimations habituellement mises en avant par le Conseil d'orientation des retraites.
La Cour n'a pas suivi ce raisonnement et préfère distinguer les deux comptabilités. Au motif que les différences structurelles entre les régimes des fonctionnaires et agents publics, et régime privé - tant sur l'assiette que le niveau des cotisations ou encore la démographie des systèmes - ne permettent pas la comparaison, ni l'addition. « Il n'existe aucun déficit caché, a ainsi répondu Pierre Moscovici, le président de la Cour, mais nous sommes face à deux systèmes qui ne peuvent pas être comparés ». Tout en concédant que « l'État continuera d'abonder à hauteur de 50 milliards d'euros, car le nombre de fonctionnaires va continuer de baisser. » Et le président de la Cour d'ajouter que « ce débat, de toute façon, est sans incidence sur les dépenses ».
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Matignon, de fait, se montre plus circonspect, soulignant toutefois « un problème de lisibilité des comptes qui subsiste ». Mais il dit prendre acte, assurant que cela ne génère toutefois aucune « querelle de chiffres ».
Fanny Guinochet