Retraites : le rapport du COR met le gouvernement en difficulté

Le premier ministre Edouard Philippe a officiellement reçu le rapport du COR jeudi après des fuites dans la presse.
Reuters/Charles Platiau

Le premier ministre Edouard Philippe a officiellement reçu le rapport du COR jeudi après des fuites dans la presse.
Reuters/Charles Platiau
La pression monte sur l'exécutif. Selon le rapport du conseil d'orientation des retraites (COR) remis au Premier ministre jeudi 21 novembre, le déficit du système de retraites devrait s'établir entre 7,9 milliards et 17,2 milliard d'euros d'ici 2025 selon le taux de croissance moyen (entre 1 et 1,8%) et le type de convention comptable retenus. Edouard Philippe avait saisi cette instance indépendante, composée entre autres de parlementaires, de partenaires sociaux et de représentants des retraités, en septembre pour évaluer "la situation financière" du système actuel et de proposer des mesures "pour en garantir l'équilibre en 2025", comme le souhaite Emmanuel Macron, au grand dam des syndicats.
Le Premier ministre a ainsi déclaré à la suite de la remise du document que :
Les simulations réalisées par le conseil d'orientation indiquent que les dépenses rapportées au produit intérieur brut (PIB) seraient relativement stables peu importe le scénario macroéconomique retenu. La part des dépenses de retraite, qui s'élevait à 13,8% en 2018, "serait stable ou très proche de son niveau de 2018 sur la projection envisagée, c'est à dire jusqu'en 2030". Sur cet ensemble, 12% sont consacrés aux pensions de droit direct de retraite de base et de retraite complémentaire.
Les rapporteurs expliquent que cette relative stabilité est liée aux multiples réformes des retraites mises en oeuvre depuis trois décennies. En outre, les hausses de dépenses liées au vieillissement de la population seraient compensées par une évolution des pensions moins rapide que celle du revenu d'activité, "en raison notamment des mécanismes d'indexation des modes de calcul des retraites reposant sur l'inflation".
Le creusement du déficit du système de retraites ne serait donc pas dû à une hausse des dépenses mais à une baisse des ressources allouées au système de protection sociale. Les experts anticipent notamment que la part des recettes issues du régime de la fonction publique d'Etat (FPE), qui représente une part non négligeable du financement, serait en baisse sur la période étudiée passant de 2,3% du produit intérieur brut à 2% en 2030 par exemple. La diminution prévue des effectifs dans la fonction publique pourrait ainsi peser sur le recettes du système de retraites. Quant aux dépenses de l'Argirc-Arrco, les dépenses resteraient relativement stables passant de 3,5% du PIB en 2018 à 3,6% en 2030. Ce régime serait proche de l'équilibre dans tous les scénarios. L'organisme en charge de l'évaluation et du suivi des retraites prévoit également une baisse des versements de l'Unédic et de la CNAF.
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À l'approche de la grève du 5 décembre, le risque de coagulation des syndicats et des professions concernées par la réforme n'a jamais été aussi fort depuis le début des débats sur cette réforme explosive. Ce jeudi, la CFDT-Cheminots a décidé de rejoindre les rangs des manifestants pour contester la réforme de l'exécutif. De son côté, la CFE-CGC a également signifié qu'elle allait rejoindre le mouvement social après une réunion du comité confédéral.
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Le gouvernement s'attend déjà à une grève dans les transports sur plusieurs jours. "Nous préparons bien sûr le plan de transports pour le 5, le 6, le 7, le 8, bref les jours possibles de grève, de manière à faciliter le transport des Français, et nous serons très vigilants sur les aspects d'ordre public", a-t-il indiqué,le secrétaire d'Etat aux Transports Jean-Baptiste Djebbari sur la chaîne BFMTV, sans détailler ce "plan".
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