Retraites : « Refuser de généraliser la capitalisation, c'est entériner le chacun pour soi et les inégalités »
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Nicolas Marques, économiste et directeur général de l'institut Molinari.
IEM
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Nicolas Marques, économiste et directeur général de l'institut Molinari.
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Contrairement à ce que pourraient laisser croire les débats actuels, cotiser pour une caisse privée, et toucher ensuite sa retraite par capitalisation, a longtemps été le système de référence en France. Aux lendemains de la Révolution, ce système, qui repose sur l'épargne individuelle de chacun, se structure même pour faire naître « la première caisse de retraite des fonctionnaires de l'Etat. » Viendront ensuite des caisses privées pour « les militaires, les cheminots, les mineurs... », à l'origine des régimes spéciaux, rappelle le site du Sénat, dont les membres bénéficient également d'une retraite par capitalisation. Il faut attendre le régime de Vichy du maréchal Pétain et Pierre Belin, en 1941, pour voir naître la retraite par répartition. Jusqu'à sa consécration en 1945, avec la création de la Sécurité sociale.
Véritable marronnier des réformes de retraite qui ont égrené la Ve République (Mitterrand et la retraite à 60 ans, Balladur et les 40 années de cotisation, Juppé sur le contrôle du financement de la Sécu, Fillon avec l'alignement du public sur le privé sur la durée de cotisation, Sarkozy/Woerth et la retraite à 62 ans, puis la réforme Touraine qui poursuit l'allongement de la durée de cotisation...), le sujet de la capitalisation a, dans la mouture du gouvernement Macron, une différence notoire. Contrairement aux décennies précédentes, il est absent des débats. Un changement de logiciel qu'explique Nicolas Marques, économiste et directeur général de l'institut Molinari, un think tank d'orientation libérale.
LA TRIBUNE - Le retraite par capitalisation est absente des débats actuels sur la réforme des retraites, comment l'expliquez-vous ?
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NICOLAS MARQUES - Dans le logiciel macronien, la loi Pacte de 2019 (avec les nouveaux Plans d'épargne retraite (le PER individuel héritier du PERP NDLR) a déjà fait le nécessaire pour ceux qui veulent épargner plus pour protéger leur retraite. Toujours selon celui-ci, le collectif obligatoire doit reposer exclusivement sur la répartition, la capitalisation relevant uniquement de démarches facultatives. Elle s'appuie sur le PER individuel et des plans d'entreprises (les PER collectifs et obligatoires, héritiers des PERCO et Articles 83). La réforme actuelle vise uniquement à réduire les déficits associés à la répartition et aux retraites des fonctionnaires. Mais se cantonner à une capitalisation facultative est dangereux. Cela fera beaucoup de laissés pour compte, en laissant de côté ceux qui n'ont pas compris qu'il faut épargner pour la retraite ou ne sont pas en position de le faire de façon isolée. Avec 1,8 enfant par femme, on ne peut plus financer de belles retraites exclusivement en répartition. Dans un pays comme la France, il faudrait un tiers de capitalisation et deux tiers de répartition. Comme nous en sommes très loin, le financement des retraites est plus coûteux et les pensions vont baisser significativement. Ce n'est pas une surprise.
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