Santé : "Il faut désengorger les urgences", estime Buzyn

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Selon le ministère de la Santé, 97 établissements sur 650, publics ou privés, sont actuellement en dispositif 'hôpital en tension.
Selon le ministère de la Santé, 97 établissements sur 650, publics ou privés, sont actuellement en "dispositif 'hôpital en tension". (Crédits : Reuters)
Agnès Buzyn veut s'attaquer à la médecine de ville. Dimanche, la ministre de la Santé a estimé qu'il fallait la "réorganiser" afin de "désengorger les urgences" qui prennent en charge une "majorité des personnes qui ne devraient pas y être". L'association Samu-Urgences de France rappelle que plus de 15.000 patients ont passé la nuit sur un brancard des urgences depuis le début de l'année.

Des patients qui passent des nuits entières sur des brancards, des hôpitaux en flux tendus et des personnels hospitaliers en tension, il y a urgence de s'attaquer... aux urgences. Invitée dimanche de l'émission "Question politique" sur Franceinfo, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a estimé qu'il fallait "désengorger les urgences" qui prennent en charge une "majorité des personnes qui ne devraient pas y être".

"Il y a un problème clair au niveau des urgences. Elles sont totalement engorgées parce que la majorité des personnes qui s'y présentent ne devraient pas y être", s'est ainsi émue la ministre.

Ouvrir des lits en période d'épidémie

Une mission sur les "soins non programmés", pour limiter le recours aux urgences, a été confiée au début de l'année au médecin urgentiste et député (LREM) Thomas Mesnier. Ce rapport doit être remis "avant la fin de la semaine prochaine", a précisé la ministre.

Par ailleurs, les services d'urgences "ne sont pas tendus tous les jours et toutes les semaines", a fait valoir la ministre, disant "travailler avec les urgentistes" sur la "flexibilité", c'est-à-dire "la capacité à ouvrir des lits en période d'épidémie car c'est de ça dont les hôpitaux manquent".

Une grippe particulièrement longue

Selon elle, l'épidémie de grippe "particulièrement grave et particulièrement longue cette année" explique "en grande partie l'engorgement des urgences". Invitant les Français à être "tous raisonnables", la ministre a estimé qu'on "ne peut pas s'émouvoir chaque année de l'engorgement des urgences aux mois de décembre-janvier-février et ensuite ne pas se vacciner contre la grippe".

Pelloux : "On ne me donne pas les moyens de travailler"

Le 6 mars dernier, le décès d'une femme de 73 ans aux urgences de Reims a suscité la polémique. Arrivée "les jambes marbrées", elle serait restée environ 2h30 en salle d'attente. Faute d'une prise en charge suffisamment rapide, elle a succombé à une crise cardiaque. Selon l'association Samu-Urgences de France, "plus de 15.000 patients ont passé la nuit sur un brancard des urgences" depuis le début de l'année "faute de lit pour les hospitaliser dans un service".

Dans un vidéo pour Brut, le médecin urgentiste Patrick Pelloux raconte son dialogue (de sourds) avec l'Agence régionale de Santé :

« On ne donne pas les moyens de travailler et d'avoir les moyens des missions de service public pour lesquelles on a été faits (...) C'était hallucinant de voir qu'on leur parlait, nous professionnels des services des Urgences d'Île-de-France, de notre vécu, c'est-à-dire des salles d'attente bondées, on n'a pas de lit d'aval, des retards de prise en charge... Et en face, l'Agence régionale de santé, nous avions des technocrates, tous jeunes, mais qui sont formatés dans le moule de la technostructure (...) La ministre de la Santé a fait toute sa carrière de technocrate, elle a gravi toutes les structures, c'est une experte (...) Vous ne pouvez pas parler avec elle », a-t-il ajouté.

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Le ministère de la Santé a quant à lui reconnu que 97 établissements sur 650, publics ou privés, sont actuellement en "dispositif 'hôpital en tension", c'est-à-dire qu'ils font face à "une situation critique de prise en charge des urgences hospitalières sans pour autant être amenés à déclencher le plan blanc" réservé aux situations d'afflux exceptionnel de patients.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 27/03/2018 à 12:55 :
Si l'on faisait payer le montant d'une consultation à l'entrée il y aurai déjà moins de monde pour des bêtises. Ensuite jugement par le médeçin qui aura traité, confirmé par un collègue, que la consultation en urgence était abusive et envoi d'une note d'honoraire "de punition" à la CAF. En un mois il n'y aurai plus jamais d'engorgement et ce de façon définitive. Il faut quand même bien savoir que les urgences voient arriver des mères avec leur môme qui toussote ou qui s'est fait une coupure de 2cms profonde d'un mil. Là est le scandale et la cause des engorgements.
a écrit le 26/03/2018 à 18:51 :
il faut preciser que les cabinets medical de ville sont fermé le vendredi a 19H et rouvre le lundi matin a 8H30,vous etes malade le week end vous allez ou "au urgences le plus proche ,il suffit de retablir les gardes que les medecins de ville ne veulent plus prendre !!
a écrit le 26/03/2018 à 18:23 :
Oui elle a raison...pour cela il conviendrait que les personnes meurent chez elles avant qu'elles ne decrochent le téléphone pour appeler les urgences....😎😂
a écrit le 26/03/2018 à 17:13 :
"Il faut désengorger les urgences" ben c'est simple, comme sur un lavabo, il suffit de tirer la bonde, pas la peine d'être ministre pour savoir ça.
a écrit le 26/03/2018 à 15:29 :
"Agnès Buzyn veut s'attaquer à la médecine de ville". Ce gouvernement n'arrête pas d'attaquer et crée un climat d'insécurité réel et délétère. Une telle attitude ne risque pas d'inciter les étudiants à faire une carrière de médecin généraliste, le métier le plus passionnant, le plus exigeant, le plus risqué, mais le moins bien payé. Mieux vaut être homéopathe et laisser les patients aller aux urgences pour ce qui n'est pas du ressort de l'homéopathie.
a écrit le 26/03/2018 à 13:57 :
Le calcul des lits devrait se faire en % d’accueil par rapport à une épidémie ou maladie masse par rapport à la démographie d’une ville et par mètre carré
En cas d’urgence faire «  voter une loi » qui donne le droit ou l’obligation à tous les hôpitaux d’accepter
«  un malade en urgence « 
Comme actuellement c’est à la mode la mobilité , renforcer les équipes d’urgence vers les malades urgents
Créer des niveaux d’urgence pour être efficace et former les populations ( préventions ) pour expliquer ce qui est urgent et ce qui ne l’est pas.
a écrit le 26/03/2018 à 11:36 :
Un reportage diffusé récemment sur France 2 à Clermont-Ferrand indiquait que le nombre de passages aux urgences avait doublé en 20 ans pour une population qui a à peine augmenté de 3%.
Ce ne sont pas forcément le manque de moyens mais les habitudes des "consommateurs" qui sont à comprendre et à moduler.
Réponse de le 26/03/2018 à 18:38 :
Vous pouvez aussi rajouter le comportement des médecins généralistes dont beaucoup ferment le cabinet a 19h, la diminution du nombre de médecins, la féminisation de la profession dont certaines ne travaillent pas le mercredi, la disparition dramatique des médecins dans les campagnes alors qu'une majorité s'installe en ville avec la concurrence que cela génère et donc faire revenir le patient pour réaliser le chiffre d'affaire...etc... etc... l'inconséquence de nos politiques depuis 30 ans !!! Mais je mepose une question : qui paye la formation des médecins ? L'argent public non ? Alors ces médecins ont une dette envers les citoyens de leur pays. Obligeons les a exercer pendant 5 ans dans un déépartement pour payer cette dette !! Enfin, TOUS les français sont ils égaux ? Ont ils les mêmes droits ? Parce que les impôts que nous payons a la campagne sont calculés de la même façon que pour quelqu'un qui habite en ville et qui a toutes les commodités a proximité..... Un médecin de garde un dimanche nous oblige parfois a faire 50 km aller et 50 retour.....
Merci docteur !!!!!!
a écrit le 26/03/2018 à 11:35 :
"on "ne peut pas s'émouvoir chaque année de l'engorgement des urgences aux mois de décembre-janvier-février et ensuite ne pas se vacciner contre la grippe"

C'est vrai que le vaccin anti grippe quand le patient ne le tolère pas il meure rapidement, cela permet ainsi d'éviter ces insupportables bouchons à l’hôpital.

ET merci de diffuser la parole de Peloux, un peu de réalité et de parler vrai ne fait pas de mal dans ce domaine de la santé lui aussi massacré par la marge bénéficiaire de l'actionnaire milliardaire avec l'aval de nos politiciens corrompus.
Réponse de le 27/03/2018 à 12:48 :
Que vient faire l'actionnaire milliardaire là-dedans ? Il faut vraiment avoir l'esprit tordu pour voir de l'actionnaire partout. Jalousie de ceux "qui en ont", quand tu nous tiens !
Réponse de le 28/03/2018 à 9:31 :
" Que vient faire l'actionnaire milliardaire là-dedans ?"

Il faut sans arrêt tout vous expliquer c'est incroyable quand même hein à l'heure d'internet vous ne trouvez pas ?

"Pharmacritique" http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/privatisation-de-la-sante/
a écrit le 26/03/2018 à 11:04 :
La ministre a parfaitement raison et ose dire ce que tout le monde pense tout bas concernant les urgences et les personnes qui y vont pour se faire soigner gratuitement pour tout et n'importe quoi. C'est un bon début de réflexion.
Réponse de le 26/03/2018 à 14:54 :
Cas d'école : vous êtes immunodéprimé et vous avez une infection le samedi en fin d'après midi...En l'absence de labo. pour un antibiogramme vous allez aux urge..et ce n'est pas un cas isolé. Il faut assurer la permanence des soins sur l'ensemble du territoire, y compris pour les labos et certains spécialistes.
a écrit le 26/03/2018 à 10:17 :
elle est bien cette petite!!! elle comprend que mettre des lits et du personnel, ca ne sert a rien, sauf a attirer un peu plus ceux qui ne veulent pas payer le 1 euro de reste a charge, et qui n'ont absolument aucun scrupule a encombrer les urgences de facon sciente, quitte a ce que quelqu'un d'autre meurt de par leur faute!
elle a du suivre une formation au lean

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