Sébastien Lecornu propulsé à Matignon pour sortir de l’impasse budgétaire
La Tribune

À 39 ans, l'inamovible ministre des Armées devient le septième chef de gouvernement nommé par le président.
Reuters
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À 39 ans, l'inamovible ministre des Armées devient le septième chef de gouvernement nommé par le président.
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Emmanuel Macron a donc tranché. Mardi soir, l'Élysée a annoncé la nomination de Sébastien Lecornu comme Premier ministre. À 39 ans, l'inamovible ministre des Armées devient le septième chef de gouvernement nommé par le président depuis 2017 - et le cinquième depuis le début de son second quinquennat en 2022 -, un record dans une Ve République jusqu'ici réputée stable.
Cette nomination parachève une ascension discrète et longtemps préparée. Déjà, en décembre dernier, Emmanuel Macron avait songé à l'envoyer à Matignon avant de céder à François Bayrou, son allié historique, finalement contraint de démissionner lundi.
L'Élysée a chargé le nouveau Premier ministre de « consulter les forces politiques représentées au Parlement en vue d'adopter un budget pour la Nation et bâtir les accords indispensables aux décisions des prochains mois ». Il lui appartiendra ensuite de proposer un gouvernement.
Cette feuille de route est à haut risque : sans majorité claire et avec un déficit public scruté par les marchés, l'exécutif doit impérativement obtenir au moins une non-censure du Parti socialiste pour faire voter le budget 2026, dont l'effort annoncé de 44 milliards d'euros a déjà coûté son poste à François Bayrou.
L'urgence est d'autant plus forte que Fitch doit se prononcer vendredi sur la note de la dette française. Mardi, les taux d'emprunt à dix ans de la France ont atteint ceux de l'Italie, longtemps considérée comme un élève indiscipliné de la zone euro.
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La décision d'Emmanuel Macron a déclenché un flot de réactions. Marine Tondelier (Écologistes) y voit un « non-respect » des Français. Marine Le Pen (RN) estime que le président « tire la dernière cartouche du macronisme ». De son côté, la cheffe de file des députés LFI Mathilde Panot dénonce « la même politique pour les riches » et promet de « censurer » le gouvernement.
À l'inverse, la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet a salué un « excellent ministre » capable de « rassembler ». Mais le député socialiste Philippe Brun a parlé d'« une gifle pour le Parlement » et d'un parfum de « fin de règne ».
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Cette nomination express tranche avec la réputation d'hésitation du président et traduit l'extrême fragilité de la situation politique. Après avoir tenté de gouverner avec le LR Michel Barnier puis avec le centriste Bayrou, Emmanuel Macron se tourne vers un macroniste pur sucre. L'entourage du président n'exclut pas des concessions inédites aux socialistes, notamment sur la fiscalité des plus riches, pour sortir de l'impasse.
Mais si le « pari Lecornu » échoue, l'hypothèse d'une nouvelle dissolution - voire d'une pression sur une démission du chef de l'État espérée par ses adversaires - pourrait ressurgir.
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