Smic : pas de "coup de pouce" supplémentaire, malgré l'inflation, confirme Borne

Le salaire minimum devrait augmenter "de l'ordre de 0,9%", mais le gouvernement ne donnera "pas de coup de pouce" supplémentaire pour compenser l'inflation - qui en tient déjà compte -, a affirmé jeudi Elisabeth Borne. La ministre du Travail estime avoir déjà défendu le choix d'augmenter le pouvoir d'achat : en un an, le Smic "aura augmenté de 3,1% pour s'établir à 1.603 euros brut mensuels", a-t-elle justifié.

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Le rythme de l'inflation atteint 2,8% en glissement annuel, soit son niveau le plus élevé depuis 13 ans en France, selon une estimation de l'Insee.
Le rythme de l'inflation atteint 2,8% en glissement annuel, soit son niveau le plus élevé depuis 13 ans en France, selon une estimation de l'Insee. (Crédits : Reuters)

Face à l'inflation exceptionnelle, le gouvernement prévoit une revalorisation du SMIC de 0,9% au 1er janvier, mais n'accordera pas de "coup de pouce" supplémentaire, a affirmé Elisabeth Borne ce jeudi sur Cnews. La ministre du Travail souligne le fait que le salaire minimum de croissance aura déjà augmenté "de 3,1% pour s'établir à 1.603 euros brut mensuels", soit "48 euros de plus par mois", en un an.

Autre argument avancé, le fait que la revalorisation du Smic prend déjà en compte chaque année l'indice de l'inflation. "On a un système unique au monde, qui est très protecteur pour les salariés", a ainsi justifié la ministre.

Pourtant, le pouvoir d'achat reste la préoccupation principale en vue de l'élection d'avril 2022, selon un sondage Odoxa pour Europe 1Il arrive ainsi devant la santé, l'immigration, la sécurité, la lutte contre le terrorisme ou encore l'environnement et le chômage pour l'élection d'avril 2022.

Protéger le pouvoir d'achat sans alourdir le coût du travail

Mais la ministre estime avoir déjà défendu le choix d'augmenter le pouvoir d'achat, notamment "en augmentant la prime d'activité (et) en supprimant certaines cotisations, pour augmenter le revenu sans peser sur le coût du travail, ce qui peut détruire des emplois", depuis le début du quinquennat.

De plus, en octobre, le Smic avait déjà été porté à un niveau brut horaire de 10,48 euros et mensuel de 1.589,47 euros - du fait d'une hausse des prix supérieure à 2% entre novembre 2020 et août 2021. C'était la première fois depuis 2011 qu'une hausse automatique intervenait hors 1er janvier. Il faut dire que le rythme de l'inflation atteint 2,8% en glissement annuel, soit son niveau le plus élevé depuis 13 ans en France, selon une estimation de l'Insee. Les prix ne cessent d'augmenter depuis cet été, de 1,2% en juillet, puis 1,9% en août, 2,2% en septembre et 2,6% en octobre.

Ainsi, la ministre du Travail doit faire face à une équation difficile : protéger le pouvoir d'achat face à la flambée des prix des matières premières et, par ricochet, des produits de consommation, sans pour autant "alourdir le coût du travail".

"C'est ce qui nous amène à suivre (les) économistes spécialistes du Smic, qui ne recommandent pas un coup de pouce", a-t-elle ajouté.

Toutefois la ministre du Travail a promis de "continuer à mettre la pression sur les secteurs professionnels qui ont un certain nombre de niveaux dans leurs grilles salariales qui sont en dessous du Smic", citant en exemple les hôtels, cafés et restaurants qui emploient "plus de 800.000 salariés". Une réunion est d'ailleurs prévue jeudi après-midi afin de "trouver un accord avec les organisations syndicales" du secteur. L'hôtellerie-restauration fait également face à une pénurie de main d'œuvre qui persiste. Les organisations patronales de la branche ont d'ailleurs proposé mi-novembre une grille des salaires commune avec une moyenne d'augmentation de 10,5%, mais pour les représentants de salariés, le compte n'y est pas.

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(Avec AFP)

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