Souveraineté, ces politiques écrivent de nouveau ton nom
Marc Endeweld
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BENOIT TESSIER
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C'est une révolution de moins en moins silencieuse. La « souveraineté » devient un concept à la mode. Comme d'autres de ses congénères comme « indépendance », « réindustrialisation ». Depuis le début de l'épidémie de Covid-19, les responsables politiques français redécouvrent en effet tout un vocabulaire que l'establishment médiatique avait décidé de proscrire depuis bientôt trente ans. Des débats pour le référendum sur le traité de Maastricht en 1992 à ceux pour le référendum sur le traité constitutionnel européen en 2005, parler de « souveraineté » était devenu l'objet de sarcasmes, de mépris, voire d'excommunication. Comme si la France dans l'Europe ou la globalisation n'arrivait pas à conjuguer intégration et multilatéralisme et les enjeux d'intérêts nationaux, notamment dans la sphère économique. Dans le pays de Descartes, les principes sont rois, et contrairement aux pays anglo-saxons, le pragmatisme est souvent considéré comme un gros mot.
Dans ce contexte, parler de « souveraineté » était l'apanage de ceux qu'on appelait les « souverainistes ». Derrière cette étiquette, on y logeait un peu tout, de vrais nationalistes, de simples gaullistes, des critiques de l'Union Européenne, des gens de droite, de gauche, et même des écolos. Bref, c'était devenu ringard. « Fin de l'histoire », oblige. Et pourtant, aujourd'hui, tout a changé. Et on ne mesure encore que très partiellement la réalité de la prise de conscience de nos élites politiques et économiques. Celle-ci est profonde, certes. Mais il ne suffit pas de déclamer « souveraineté » pour pouvoir rétablir une stratégie efficace. Dans le pays de Colbert, on sait faire des plans. Encore faut-il en avoir encore la capacité.
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Cette semaine, on a pu mesurer une telle évolution dans l'interview que Yannick Jadot, candidat à la primaire des écologistes, a accordé à La Tribune. Alors qu'on interrogeait cet ancien leader de Greenpeace sur les questions d'indépendance énergétique, il lance : « La souveraineté de la France est au cœur de mon projet. On ne peut pas être aussi dépendant stratégiquement d'un pays comme la Chine, dont on sait que c'est la pire dictature au monde aujourd'hui ». Voilà, le nom de la Chine est lâché. Pour cet écologiste particulièrement européen, il s'agit donc de réduire la dépendance de l'appareil économique français et européen à l'égard du géant asiatique.
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