Les esprits s’échauffent dans les Yvelines à la veille de l’ouverture, en Ile-de-France, de la concertation sur le projet dit de Ligne Nouvelle Paris Normandie qui doit créer des liaisons ferroviaires dans le nord-ouest. La présidente de la Région Valérie Pécresse affiche, elle, une position ambigüe.La dissolution ne fait pas que chambouler l'agenda politique. Elle bouleverse aussi le calendrier de la concertation sur le tracé de la Ligne Nouvelle entre Paris et les grandes villes de Normandie. Connue sous l'acronyme LNPN, cette liaison ferroviaire rapide doit permettre, dans la décennie 2030, de pallier la saturation des voies « historiques » complètement embolisées. Le premier débat en Ile-de-France devait avoir lieu ce 11 juin à Nanterre. Il a été reporté sine die en raison de la période de réserve.
Report ou non, la marmite bout déjà dans le Nord des Yvelines. Les élus, vent debout contre le projet, sont bien décidés à donner de la voix à mesure qu'approche la date de l'enquête publique, promise en 2026 par l'Etat. En tête de la fronde, les maires de la communauté urbaine du Grand Paris Seine et Oise (420.000 habitants) qui s'étend de Conflans-Saint-Honorine à Mantes-la-Jolie. Eux ne veulent pas entendre parler de la construction de ce nouveau linéaire de voies ferrées qui devrait traverser une grosse vingtaine de leurs communes. Réunis en « conférence des maires » le 30 mai en présence de Valérie Pécresse, ils ont annoncé leur intention « d'entrer en résistance ».
« La hache de guerre est déterrée »
Raison de leur courroux ? L'hypothèque que fait peser la future liaison sur plusieurs projets de développement déjà programmés. « Le territoire, qui s'est longtemps vécu comme un dépotoir, est dans une nouvelle dynamique grâce à l'arrivée du RER E, décrypte t-on à la communauté urbaine. La LNPN vient contrarier toutes ses ambitions qu'il s'agisse de réindustrialisation ou de qualité de vie ». Pour enfoncer le clou, les représentants de la collectivité ont prévu de se retrouver à nouveau le 27 juin lors d'un conseil communautaire. A l'ordre du jour, l'adoption d'une motion réaffirmant leur opposition totale au projet. « La hache de guerre est déterrée », nous résume t-on. Ambiance.
Les élus normands espéraient pourtant avoir emporté une manche importante, le 18 mars dernier au Havre. Invitée par Edouard Philippe aux septièmes rencontres de l'axe Seine, la présidente de la Région Ile-de-France, jusqu'ici hostile à la LNPN, avait semblé tourner casaque après que l'Etat se soit engagé à inclure la ligne dans l'enveloppe nationale du ZAN et à l'exclure du Contrat de plan. Reconnaissant « deux concessions majeures », elle avait accepté d'intégrer le comité de pilotage du projet et d'inscrire 6 millions d'euros au budget de sa Région pour une première phase d'études. Une victoire pour les partisans de la ligne nouvelle ? Pas tout à fait.