Un an après, les "gilets jaunes" tentent de relancer le mouvement

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(Crédits : Reuters)
Tractages, manifestations, retours sur les ronds-points: plus de 270 actions sont annoncées tout le week-end, partout en France.

Premières lacrymogènes pour leur anniversaire: les "gilets jaunes" ont commencé à manifester samedi à Paris où des milliers de personnes sont attendues pour donner un second souffle à cette lutte sociale inédite lancée il y a un an autour des ronds-points de France.

"Ca va péter, ça va péter", "On est là même si Macron il veut pas", "Joyeux anniversaire" chantaient des manifestants dans la capitale. "Bien sûr qu'on continue, les gens ont pris conscience qu'ils n'étaient pas seuls dans la misère", a déclaré à l'AFP un "gilet jaune" du Loiret, la soixantaine et 52 "actes" au compteur.

Avant même le départ des premières marches autorisées, les forces de l'ordre sont intervenues à Paris à coup de lacrymogènes pour disperser de petits groupes de manifestants, notamment porte de Champerret et place d'Italie, points de départ de manifestations.

Premières poubelles et palettes incendiées, abribus saccagé. En fin de matinée, la préfecture de police faisait état de quelque 1.500 contrôles préventifs, 41 interpellations et 5 verbalisations sur des périmètres interdits aux manifestations.

Les CRS ont délogé vers 10h quelques dizaines de "gilets jaunes" qui avaient investi à pied le périphérique à la Porte de Champerret. Dans le même temps, la situation s'est brusquement tendue place d'Italie, où des feux ont été allumés sur la place, du matériel de chantier saisi par des manifestants et du mobilier urbain abîmé, entraînant une intervention des forces de l'ordre à grand renfort de lacrymogènes.

Plusieurs centaines de personnes, vêtues ou pas du vêtement fluo, occupaient la place à midi, attendant le départ d'un cortège à 14h. Quelques pavés ont été lancés sur des portes vitrées du centre commercial "Italie Deux", fermé.

270 actions annoncées

Pour cet "acte 53", la "révolte des ronds-points", née il y a un an pour protester contre une taxe sur le carburant avant de devenir un ample mouvement de contestation qui a bouleversé le mandat d'Emmanuel Macron, espère regagner des couleurs.

Alors que le gouvernement a concédé primes d'activité, heures supplémentaires défiscalisées et organisé un vaste débat national, le mouvement s'est peu à peu étiolé dans la rue.

Les dernières manifestations n'ont jamais rassemblé plus de quelques milliers de personnes, très loin des 282.000 manifestants recensés le 17 novembre 2018 lors du samedi inaugural.

Sur Facebook, la mouvance fourmille d'initiatives pour marquer le coup avec cet "acte 53". Tractages, manifestations, retours sur les ronds-points: plus de 270 actions sont annoncées tout le week-end, partout en France.

Un an après, les multiples revendications de cette vaste contestation demeurent: baisse de la TVA sur les produits de première nécessité, retour de l'ISF, référendum d'initiative citoyenne...

"Plusieurs milliers de personnes" sont attendues à Paris, selon une source sécuritaire. Sur l'ensemble du territoire, les autorités s'attendent à "une mobilisation importante mais pas comme celles que nous avons pu enregistrer en décembre ou janvier", au plus fort du mouvement qui a ébranlé le pouvoir.

Dans la capitale, la préfecture de police a multiplié les périmètres interdits à la manifestation, notamment autour des Champs-Elysées, pour tenter d'éviter de revivre violences et saccages.

Retour aux sources

Certains "gilets jaunes" veulent néanmoins retourner sur la célèbre avenue, théâtre de plusieurs temps forts du mouvement.

Figure de la contestation, Éric Drouet a publié une vidéo pour proposer aux manifestants un rassemblement à pied non déclaré, "hors de la zone interdite" dans un lieu encore non déterminé, qui les mènerait ensuite sur l'avenue "sans signes distinctifs, ni gilets jaunes".

Une autre figure du mouvement, Priscillia Ludosky, prendra la tête d'une manifestation déclarée qui doit partir de la place d'Italie à 14H00 pour rejoindre la place Franz-Liszt, près de la Gare du Nord.

Un autre cortège déclaré, soutenu par l'intermittente Sophie Tissier et le collectif des "Policiers en colère", doit lui partir de Montmartre à 10H00 pour rallier la place de la Bastille.

Parmi tous ces rassemblements, les autorités attendent "200 à 300 ultra-jaunes et 100 à 200 militants d'ultragauche" à Paris, selon la source sécuritaire, qui pronostique un "samedi compliqué".

Plusieurs actions de blocages sont annoncées dans des "temples de la consommation". Des occupations sont annoncées dans la journée notamment chez Ikea (Madeleine), Nike (Forum des Halles), H&M (rue La Fayette) et dans un Apple Store.

"Il est fort possible que la mobilisation soit éclatée", confie à l'AFP Jean-François, militant de la gauche radicale. Pour lui, le mouvement "revient à ses origines avec l'occupation des ronds-points dans toutes les régions de France", à cause de la "répression violente des manifestations".

Des rassemblements sont programmés dans plusieurs grandes villes dont Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Nantes et Toulouse. Des appels à réinvestir les ronds-points, avec ou sans blocages, ont également été lancés à Besançon, Calais, Colmar, Dole, Dunkerque ou Montpellier.

A Grenoble, une manifestation unitaire doit réunir syndicats, "gilets jaunes" et associations: les organisateurs y voient une "préparation au 5 décembre", date d'une grève interprofessionnelle redoutée par l'exécutif.

Enfin, des barrages au péage de Virsac (Gironde) sur l'A10, saccagé fin novembre 2018, et au niveau de sorties d'autoroutes sur l'A7 en Vaucluse ou sur l'A47 dans la Loire sont également prévus.

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Commentaires
a écrit le 18/11/2019 à 17:39 :
Jupiter n as tout jours pas calme- les manifestants Jupiter c est bla bla-bla bla-bla ins n es pas dans la réalité
a écrit le 17/11/2019 à 9:59 :
Sale journée pour les lecteurs qui aiment ordre, répression, luxe et volupté !
a écrit le 17/11/2019 à 9:42 :
Ce qui est intéressant, chez les boulets jaunes, c'est la créativité et la génération d'idées : au vu de ce qui est écrit sur le gilet du mec avec des cornes sur la photo, on voit tout de suite leur fantastique capacité à penser en dehors de la boîte.
Merveilleux.
On comprend que ça excite autant les médias.
Tout ça est formidable
a écrit le 17/11/2019 à 9:30 :
On peut toujours dire donner 17 Milliards, si on en prends 100 Milliards cela n'a aucun sens, c'est un dialogue de marchands de tapis. Il faut sans doute stopper toute augmentation des produits de première nécessité et adapter le reste en fonction.
a écrit le 17/11/2019 à 7:17 :
Les élections européennes ont montré qu'ils ne représentent qu'un pour cent des électeurs, ils ne sont plus que trois pelés et un tondu, ils sont incapables de se choisir des représentants (on n'osera même pas dire "un chef" !), et ils cassent et bloquent impudemment.... Forcément, tant qu'ils gagnent, ils jouent : déjà 17 milliards (qu'on n'a pas et qu'on doit emprunter) leur ont été concédés et ils en veulent toujours plus. On comprend enfin que Mélenchon les soutienne, mais quant à Marine qui elle aussi les soutient comme elle soutient les grèves de la CGT du 5 décembre , elle ne sait plus qui elle est, où elle habite et comment elle s'appelle. On se demande qui comprend quelque chose aujourd'hui, en fait...
a écrit le 17/11/2019 à 4:20 :
Il semblerait que l'entourage de micron 1er n'ait rien appris de l'histoire.
Concentrer les forces en un point revient a laisser le champ libre ailleurs.
Les degats vont etre immenses.
a écrit le 17/11/2019 à 0:15 :
A Paris, on n'a pas vu de manifestants en dehors de quelques centaines de casseurs qui s'attaquent entre autre aux abris bus car c'est bien connu, ils sont utilisés quotidiennement par les ultras riches. Ces individus sont consternants.
a écrit le 16/11/2019 à 22:54 :
Il parait que pour les gilets jaunes, rien n'a changé. On peut donc conclure que les 17 milliards ne servent à rien. Il faudrait donc logiquement l'annuler pour les années suivantes car cette somme est récurrente d'année en année.
a écrit le 16/11/2019 à 22:07 :
Ce n'était pas le retour des gilets jaunes mais le retour des blacks blocs destructeurs, violents et nihilistes. Il y aura toujours des gilets jaunes, rouges ... la misère sociale est objectivement une réalité mais aussi un ressenti parfois. Il y aura toujours des citoyens qui jugeront que l'on n'en fait pas assez pour eux.
En ce qui concerne les groupuscules violents, l'Etat doit se donner les moyens et donner aux forces de l'ordre les moyens de les identifier afin de supprimer leurs nuisances, ce sont des destructeurs sociaux et de l'Etat de droit.
a écrit le 16/11/2019 à 19:19 :
A l'évidence le mouvement est implanté puisque 55% des français soutiennent encore leurs revendications.
Le fait qu'il y ait moins de manifestants par peur du matraquage policier et judiciaire n'est pas une victoire pour macron.
Jupiter est maintenant personnellement haï par une fraction substantielle de la population qui votera contre lui, quelque soit l'adversaire.
Pour moi il a perdu sa réélection (comme il a perdu les européennes..).

Les revendications des gilets jaunes, sont maintenant portées en grande partie par les syndicats en grêve.
Les revendications salariales de Mme Levavasseur sont portées par tous les syndicats des salariés des métiers de la santé unis. Comme on peut difficilement défiler à deux endroits en même temps cela dégarnit les rangs de GJ.
a écrit le 16/11/2019 à 18:37 :
Plus qu'une relance du mouvement des Gilets Jaunes [Noms Propres s'il vous plaît]

c'est une généralisation des mouvements des Gilets Jaunes, pleinement justifiés et absolument légitimes

- 9 000 000 de pauvres en France effondrée par des politicards malsains
- des hopitaux en débâcle ou la sécurité n'est plus assurée
- des agriculteurs qui se suicident
- des étudiants réduits à la prostitution et l'esclavage pour payer leurs études
- des auto-misères exploitées par les Gafa
...
la liste de la décrépitude est interminable
...
- des citoyens contribuables massacrés, éborgnés, mutilés à vie par des policiers politiques et des crs fous furieux tels des drogués du goulag

des évadés fiscaux qui pillent les richesses de la France
des dirigeants de grandes entreprises qui vivent tels des roitelets
des hauts fonctionnaires qui se gavent et jouent les rois siegneurs

une commission de Bruxelles malveillante qui organise le déclin économique de la France

un gouvernement et des politicards dignes de Vichy qui mènent la France à la guerre civile en germe
a écrit le 16/11/2019 à 17:48 :
Continue les gilets jaunes très peut d avance sociale les étudiants les infirmières les retraités plus arrco Agirc 1% 6,5 & parts mois ils c est inventé d un effort avec les syndicats Macron a mis le feux 🔥 contres les plus pauvres pas les plus riches Macron la locomotive des riches vas rater la gare
a écrit le 16/11/2019 à 17:10 :
Le titre ne devrait pas être plutôt: Un a après, les médias tentent de relancer le mouvement des gilets jaunes. Il est bien loin le temps où les manifestants s'en prenaient aux journalistes, ils ont fini par reconnaître leurs meilleurs alliés.
a écrit le 16/11/2019 à 17:04 :
Cela va être difficile pour beaucoup de comprendre que les lendemains ne peuvent qu'être pires! Dette publique croissante, remontée des prix de l'énergie, et des prix agricoles. Retour au début du XXième siècle!
a écrit le 16/11/2019 à 16:42 :
Complaisance des médias à l'égard de voyous déguisés en contempteurs des injustices sociales
Honte à notre pays.
a écrit le 16/11/2019 à 16:20 :
Ce mouvement des GJ, on peut se demander qui a le plus intérêt à ce qu’il soit relancé... Les GJ eux mêmes ou les médias?
Vous médias n’avez rien à vous mettre sous la dents au niveau national ces temps-ci. Vous n’arrêtez pas de l’agiter, de le célébrer, de le commémorer! Et si les violences habituelles repartent, ça n’en sera que mieux pour vous!
Qu’un gros événement survienne chez nous et on entendra plus parler du mouvement des GJ.
a écrit le 16/11/2019 à 15:57 :
La police en France devrait être beaucoup plus répressive.
Réponse de le 16/11/2019 à 17:44 :
Ah bon, moi je crois que la répression est immense pour les réclameurs de baisse de TVA sur les produits de première nécessité, par contre pour la guérilla des banlieues et des vendeurs de drogue et autres, elle me semble bien dérisoire
a écrit le 16/11/2019 à 15:30 :
Sauve qui peut, les boulets jaunes sont de retour.
a écrit le 16/11/2019 à 14:22 :
"Un an après, les "gilets jaunes" tentent de relancer le mouvement": est ce que la relance du "mécontentement" est recherché avec un titre similaire?

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