POLITISCOPE. On savait le chef de l'Etat passionné de foot. Il vient de s'impliquer dans la crise à la tête de la FFF en proposant à Michel Platini de prendre la succession de Noël le Graët. Le chef de l'Etat qui ne voulait pas politiser le sport se retrouve en première ligne dans une version moderne et française du « pain et des jeux » de l'Empire romain. Au point de pousser Zidane à entrer dans la danse face à Deschamps...La nouvelle est venue des gazettes sportives. Le président Macron s'intéresse de près aux destinées de la Fédération française de football. On savait le chef de l'Etat passionné par le domaine - on a pu voir ses exploits de supporter lors du dernier mondial de foot au Qatar. Dès sa campagne de 2017, il avait également tenu à montrer qu'il soutenait l'Olympique de Marseille. Chirac avait ses bières Corona, Macron va jusqu'à mouiller le maillot sur le terrain.
« Platoche », la relève deNoël Le Graët?
Mais cette semaine, l'implication présidentielle dans le foot français est montée d'un cran. Car selon Daniel Riolo de RMC Sport, Emmanuel Macron a récemment contacté Michel Platini pour le sonder sur la présidence de la Fédération Française de Foot. « Platoche » pourrait-il être tenté de prendre la relève d'un Noël Le Graët d'ores et déjà en retrait après les multiples critiques et accusations sur sa gestion et son crime de lèse-Zidane ? A l'Elysée, fait son chemin l'idée de faire appel aux services de Platini pour gérer la crise sous-jacente du foot français entre clubs amateurs et clubs pro.
Et ça tombe bien, l'ex (et toujours) gloire du foot français pourrait être tenté par l'aventure, selon nos informations. Dans son entourage, plusieurs de ses proches le pressent ainsi à candidater pour prendre la présidence de la FFF. Une pétition en ligne a même été lancée depuis quelques jours ainsi qu'un compte Twitter. Assiste-t-on en coulisses à des grandes manœuvres pour accélérer la fin du mandat Le Graët (qui doit officiellement prendre fin 2024) ? « Un certain nombre de personnes essayent de faire venir Platini à la FFF », nous confirme un initié du dossier. Pour une partie de son entourage, cette perspective serait idéale d'ailleurs pour lui permettre de revenir par la grande porte : « il saura faire pour le football amateur ».
Les « pains et les jeux » de Macron
C'est tout le paradoxe de la situation : face aux puissantes fédérations sportives, les ministres des sports sont particulièrement démunis. Aucun ne peut imposer des changements de gouvernance à ces associations. Et pourtant, dans un système institutionnel particulièrement monarchique, il suffit que le président exprime une humeur sur la fédération de foot pour que tout le monde la prenne en compte. « Lui qui ne voulait pas politiser le sport se retrouve en position d'ultra sélectionneur de la fédération ! On n'a pas fait mieux que les "pains et les jeux" des Romains ! », s'exclame un observateur de la chose publique.