Un restaurant, une Rolex, et le retour des rumeurs pour 2022
Marc Endeweld
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Il règne une drôle d'ambiance aujourd'hui dans le Paris politique. Comme si la planète avait arrêté de tourner. À six mois de l'élection présidentielle, tous les yeux sont rivés sur elle. Commentateurs, journalistes, politiques... tous reprennent leurs droits de passage télévisuels et médiatiques après le sevrage général de la pandémie. Et les dîners et déjeuners se multiplient. Les rumeurs parisiennes sont reparties de plus belle, comme au bon vieux temps. En février dernier, Jacques Attali avait d'ailleurs publié une note de blog assez détonnante sur la gestion de la pandémie par les gouvernements, pointant l'incohérence (mais l'utilité) de fermer tous les restaurants alors que d'autres lieux publics continuaient alors à être ouverts.
Dans cette sorte de coup de gueule, intitulé « Manger, c'est parler », l'ancien sherpa de François Mitterrand écrivait : « les restaurants ne sont pas uniquement un lieu de consommation alimentaire. Ils sont, avec le repas familial, les lieux principaux de la conversation, et de la transmission. Or, les pouvoirs, dans toutes les sociétés, n'aiment pas que les gens bavardent en mangeant : ils y échangent des informations ; ils y discutent de sujets politiques ; ils y organisent des coalitions ; tout cela hors du contrôle du pouvoir, qui ne sait rien de ce qui s'y dit ; très dangereux pour lui. »
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Manifestement, alors que pour la première fois depuis le début de la pandémie, les télés ont subitement arrêté de parler du front sanitaire, les médecins ont enfin laissé la place aux politiques. Il faut dire que les chiffres des nouvelles contaminations sont aujourd'hui relativement stables (malgré quelques clusters ici ou là, et un début de hausse des cas nous souffle-t-on...). Idem, les restaurants parisiens ont repris leur droit. Et « les gens » se seront remis à bavarder, beaucoup. Et les responsables politiques se mettent de nouveau à faire des plans sur la comète, à réfléchir à d'éventuelles alliances pour le second tour, à comploter avec leurs troupes respectives.
Marc Endeweld