Un simple remaniement « technique » pour répondre à la crise politique...

Marc Endeweld
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Reuters

Marc Endeweld
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Reuters
L'annonce de la composition du nouveau gouvernement post législatives a donc été faite par un simple communiqué de presse. Deux heures auparavant, la plupart des noms étaient même annoncés par plusieurs médias. Exit donc la traditionnelle déclaration du secrétaire général de l'Elysée sur le perron du château. Alexis Kohler, qui fait l'objet de toutes les critiques dans la macronie depuis quelques jours, et qui attire désormais l'attention des médias, n'aura donc pas eu à montrer sa tête à la télévision. Signe d'une disgrâce ou volonté de protéger une pièce maîtresse du dispositif présidentiel ? On sera fixé dans quelques jours quand le nouveau cabinet de l'Elysée sera totalement remanié.
En attendant, sur les plateaux de télévision, les « éléments de langage » de l'Elysée qui ont accompagné en off ce communiqué tentent d'arrondir les angles. On parle d'un simple remaniement « technique ». Avec un objectif pour les communicants : surtout, ne pas susciter des commentaires politiques autour d'un nouveau gouvernement qui n'aura réussi, au final, qu'à attirer quelques personnes issues de la société civile, et reste composé toujours des mêmes poids lourds de la macronie. Un non-événement en somme. Circulez, il n'y a rien à voir.
Et pourtant, il est illusoire de croire que ce remaniement dit « technique » permettra de résoudre la crise politique en cours depuis la déroute aux législatives de la majorité présidentielle. « Le PR est dans la nasse », soupire un ancien macroniste. « En attendant, la bordélisation maximale continue. Macron considère qu'il peut encore attendre les deux mois d'été. Mais c'est en septembre que tout va se jouer avec le projet de loi de finances ». Une fois encore, il est donc urgent d'attendre pour le président.
À lire également
C'est le Monde qui le disait il y a deux jours : certains proches d'Emmanuel Macron trouvent depuis quelque temps leur champion « hébété », « bloqué », « absent », ou même victime d'un « trou d'air ». La machine présidentielle, ayant subi un sérieux revers avec les législatives, serait-elle en plein bug ? Les explications psychologisantes ont bon dos. Car deux semaines après les résultats des élections, c'est bien la situation politique qui semble totalement bloquée dans le pays. Alors, comme à son habitude, Emmanuel Macron a essayé de gagner du temps. Après avoir refusé la démission d'Elisabeth Borne, il lui aura fallu deux semaines pour concocter avec l'aide de cette dernière un remaniement ministériel. Le petit Paris a bruissé de rumeurs sur d'éventuels nouveaux débauchages, à gauche comme à droite. Rien n'est venu de côté-là. Comme si le principal moteur du macronisme (fracturer ses adversaires par des débauchages massifs) était cassé. Cette dernière séquence n'était pourtant pas neutre politiquement.
Marc Endeweld