Une réforme des retraites avant la présidentielle : Berger dit non à Macron

Le secrétaire général de la CFDT s'oppose à toute relance de la réforme des retraites avant l'élection présidentielle de 2022. Et réaffirme son attachement à la mise en place d'un système universel. Une seule réforme paramétrique (âge, durée de cotisation) ne pourrait trouver grâce aux yeux du premier syndicat de France.

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Une approche purement paramétrique est une approche qui ne nous conviendrait pas du tout, estime Laurent Berger
"Une approche purement paramétrique est une approche qui ne nous conviendrait pas du tout", estime Laurent Berger (Crédits : Benoit Tessier)

En remettant dans le débat public l'avenir de la réforme des retraites, Emmanuel Macron a sans doute obtenu, jeudi et vendredi dernier dans le Lot, ce qu'il souhaitait : faire parler de ce sujet brûlant, prendre le pouls des différentes forces en présence et cela sans réellement se positionner. Ce lundi, c'est le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, qui lui a répondu. Dans un entretien à l'AFP, le patron du syndicat réformiste a estimé que toute relance d'une réforme des retraites avant l'élection présidentielle 2022 serait une "folie" et constituerait une démarche politique "inflammable". Avant de préciser :

"Le temps est à la reprise, à la réparation de l'épreuve qu'on a traversée, dont tout le monde ne sort pas indemne (...). Il y aura des gens qui resteront au bord de la route ; de la fatigue, de la lassitude, parfois de la colère. Donc ce n'est pas la peine de mettre de l'huile sur le feu", a souligné M. Berger. 

"Quelle que soit l'option retenue, ça paraîtrait totalement inflammable".

La réforme paramétrique, l'unique carte à jouer ?

Après des mois de négociations, de mouvements sociaux et de grèves, la création du système universel avait été adoptée en mars 2020 en première lecture à l'Assemblée nationale, avant d'être suspendue en raison de la crise sanitaire et économique. Les propos présidentiels de la semaine dernière, estimant que cette réforme ne pouvait être "reprise en l'état", ouvrirait la voie à un enterrement de ce système par points.

Pour rappel, la CFDT défend depuis 2019 la mise en place d'un système universel par points, considéré par la centrale comme un progrès social essentiel pour garantir à long terme le consentement de la population au fonctionnement par répartition des retraites.

"Maintenant chacun assumera sa part de responsabilité. Une approche purement paramétrique est une approche qui ne nous conviendrait pas du tout, chacun le sait", a dit le patron du syndicat réformiste.

Lire aussi 3 mnLa réforme des retraites reste dans le viseur de l'exécutif

L'autre option envisagée par le gouvernement serait donc une réforme des retraites uniquement basée sur son caractère paramétrique : le gouvernement pourrait allonger éventuellement la durée de cotisation des Français ou retarder l'âge légal du départ à la retraite (62 à 64 ans). Des modifications qui viseraient à assurer l'équilibre budgétaire du système.

Dans un entretien à La Tribune en février dernier, Laurent Berger estimait que "l'obsession du gouvernement sur l'ajustement budgétaire est déraisonnable. Il s'agissait de trouver 8 à 9 milliards d'économie d'ici 2027. Actuellement, il est hors de question de faire une guerre de position et d'hystériser la société sur le dossier des retraites.

Selon le Journal du dimanche daté du 6 juin, des documents de travail doivent être rendus d'ici à la fin de l'été afin d'éclairer l'état d'endettement de la France et son avenir. Des informations qui pourraient aider le président de la République à prendre ses fameuses "décisions difficiles" évoquées la semaine dernière.

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Commentaires 8
à écrit le 08/06/2021 à 12:57
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"avant la présidentielle : Berger dit non à Macron" Et après ?

à écrit le 08/06/2021 à 11:39
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CFDT, FO, CGT, UNSA, etc, sont contre la réforme des retraites puisque à 98,90% leurs adhérents sont des fonctionnaires qui partent en moyenne à 52 ans à la retraite contre 62 ans pour le privé. Ils veulent conserver un avantage non justifiés et très...

le 08/06/2021 à 17:01
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"leurs adhérents sont des fonctionnaires qui partent en moyenne à 52 ans à la retraite contre 62 ans pour le privé". Tu es en train de dire que si il y avait autant d’adhérents dans le privé que chez les fonctionnaires,on serait aussi à 52 ans .

à écrit le 08/06/2021 à 10:18
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C'est une réforme pour une reforme mais nullement pour obtenir un résultat, c'est un sabotage systématique de tout ce qui est considéré comme un bien collectif!

à écrit le 08/06/2021 à 10:10
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Le gros problème est comment payer des gens qui ne travaillent plus et qui va les payer ? Dans certains pays, pas de retraites. Soit on a amassé un capital personnel ou soit on travaille toujours ou l'on peut, dans les champs par exemple.

à écrit le 08/06/2021 à 8:35
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Cette réforme aurait dû être faite depuis 39 ans les partis politiques qui se sont succédés ont sciemment joué la politique de l autruche au lieu de faire preuve de pédagogie . Cette réforme devra concerner autant les actifs que retraités sinon ell...

à écrit le 08/06/2021 à 7:42
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En fait personne ne veut prendre ses responsabilités et d’assumer une réforme qui ne peut être que douloureuse

à écrit le 07/06/2021 à 20:41
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j'ai bien peur que l'on assiste a un combat au gourdin entre deux entités complétement tarées et bien aimables entre elles. Pauvre pays. Je reprendrais la logique shcadok, quand il n'y a pas e solution, c'est qu'il n'y a pas e problème. Je vous souha...

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