Retraites : Laurent Berger tance le Medef sur la pénibilité

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(Crédits : Charles Platiau)
Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a "dénoncé l'obstruction du Medef sur la pénibilité", que le syndicaliste a qualifiée mardi d'"élément central" de la réforme des retraite.

"Je crois qu'il y a une double obstruction" sur ce projet de loi, celle "qui peut se passer parfois par la voie parlementaire mais il y a aussi une obstruction qui est en cours en ce moment et que je dénonce, c'est celle du Medef sur la question de la pénibilité", adéclaré M. Berger sur France Inter. Or "la pénibilité, c'est l'élément central", a-t-il estimé. "Le Medef est en train de tout bloquer parce qu'il ne veut pas reconnaître qu'il y a des travailleurs qui sont exposés à des pénibilités fortes et qui en subissent les conséquences en termes d'espérance de vie en bonne santé", a-t-il déploré.

"Des centaines de milliers de travailleurs subissent aujourd'hui dans leur corps des situations pénibles, c'est normal qu'ils puissent partir plus tôt en retraite", a-t-il souligné. Le responsable de la CFDT a plaidé pour "la reconnaissance de la pénibilité sur les critères posturaux, c'est-à-dire le port de charges lourdes, les gestes répétitifs", en souhaitant "des départs anticipés possibles pour les travailleurs qui subissent ces pénibilités".

Le 49-3 en question 

"Ce qui m'intéresse, c'est le contenu de ce projet de loi et les propositions que la CFDT a faites" en termes "d'amendements pour améliorer, corriger ce projet de loi", non seulement sur la pénibilité mais aussi sur "les droits familiaux" ou les fonctionnaires, a relevé M. Berger. "Si le texte passait en 49-3 tel qu'il est aujourd'hui", ce ne serait "pas un bon texte", ce serait même "désastreux", a-t-il jugé.

Un recours au 49-3 empêcherait "le temps de débat nécessaire et d'amendements", notamment ceux portés par la CFDT qui "travaille avec les parlementaires de tous bords", a-t-il dit. "Si le gouvernement va sur le 49-3, il y a un problème démocratique", a considéré M. Berger. "La maturité des acteurs politiques est quand même questionnée", a-t-il ajouté.

Lundi, au huitième jour d'examen du projet de loi de réforme des retraites, l'Assemblée nationale a adopté le premier des 65 articles du texte, après 70 heures de débats sur les quelque 2.200 amendements et sous-amendements, déposés principalement par les oppositions, pour cet article fixant les principes généraux du futur système par points.

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Commentaires
a écrit le 25/02/2020 à 22:21 :
Vous avez vu le bazar avec la réforme des retraites? Alors, inutile de s'attaquer au sujet, autrement plus polémique, de la pénibilité...
a écrit le 25/02/2020 à 17:43 :
Pendant que ce gouvernement LREM retirait 4 critères de pénibilité à la demande du Medef dès le début des concertations et discussions ( et non négociations) sur la réforme des retraites en 2017 , parallèlement en octobre de la même année les salariés belge refusaient la retraite par ...points.

On pourra remarque que le discours des libéraux était le même que chez nous.

Alors que le gouvernement fédéral affichait sa détermination d’aller jusqu’au bout de sa réforme – imposer ce qu’on appelle ici la pension à points, « le point d’orgue de toute réforme des pensions du gouvernement » selon le ministre libéral des Pensions Daniel Bacquelaine – il a reculé à mesure que les travailleurs marchaient dans les rues du pays...Le 28 octobre 2017, le ministre des Pensions annonce : « J’introduis un projet de loi sur la pension à points avant la fin de l’année. » Très vite, les trois organisations syndicales du pays réagissent et le 19 décembre, une première manifestation en front commun est organisée à Bruxelles. Plus de 40 000 personnes battent le pavé de la capitale. Le jour même de cette première action d’envergure, le ministre effectue son premier rétropédalage : il annonce que, finalement, son texte sera introduit pour juin. Reculade encore en avril, orsqu’il déclare : « Il ne faut pas absolument voter les textes avant la fin de la législature. Il y a d’abord un effort pédagogique à faire. » Sous-entendu : les gens auraient tort de se mobiliser contre une réforme qu’ils ne comprennent pas.Mais les travailleurs avaient bien compris que le système de retraite à points transformait les retraites en tombola. C’est d’ailleurs un message que n’ont cessé de rappeler les syndicats et le PTB (Parti du Travail de Belgique). Une tombola que résumait de cette manière le député et porte-parole du PTB Raoul Hedebouw, en décembre 2017 déjà : « On vous donnera des points et plus des euros. Ces points seront calculés à la fin de votre carrière. Mais ils seront variables en fonction du budget de l’État, du coût de la vie et de l’espérance de vie. Donc, si l’espérance de vie augmente, notre pension va diminuer. S’il y a de nouveau une crise comme en 2008, c’est à nouveau les pensionnés qui vont payer, automatiquement. C’est une pension tombola. ».Une tombola organisée par la Commission européenne. Car la retraite à points est bien une « demande » venant de l’Union européenne. Partout où ce système est imposé, les montants des retraites ont diminué, l’âge pivot a reculé. Comme en Allemagne, où les retraites ont baissé de 10 % par rapport aux salaires. Et où 2,7 millions des plus de 65 ans vivent sous le seuil de pauvreté. Ou comme en Suède, où les travailleurs doivent bosser jusqu’à 68,5 ans pour toucher le montant qu’ils avaient avant la réforme, à 65 ans.Ce système à points favorise l’assurance privée : vu que les retraites sont plus basses et que les travailleurs ne savent que très peu de temps avant leur retraite le montant de celle-ci, ils sont plus enclins à prendre une assurance individuelle afin de pallier aux mauvaises surprises.
Avec la fin du système par répartition, au revoir la solidarité interprofessionnelle et intergénérationnelle. Au revoir les revendications collectives. Bonjour la privatisation des retraites.
a écrit le 25/02/2020 à 13:39 :
Deux choses, Berger a raison, tant que ceux qui veulent changer les retraites font un déni de pénibilité du travail cela ne sert strictement à rien car soit ils exposent leur ignorance soit leur mauvaise foi.

Ensuite le "grand retour en arrière" affirmé par la député LREM est un véritable régal ! ^^

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