Le mouvement inflationniste qui affecte la France et notamment le poids grandissant du coût de l’énergie pour les collectivités territoriales vont-ils obérer les capacités d’investissement dans les infrastructures ? C’est la question qui inquiète les professionnels des travaux publics. La fédération régionale d’Occitanie rassemblait ses adhérents le 11 octobre à La Grande Motte, pour les Assises des travaux publics, en présence du président national, Bruno Cavagné.Selon le président nationale de la fédération des travaux publics, Bruno Cavagné, « le climat des affaires est compliqué, en raison principalement de l'augmentation du coût des matériaux et des matières premières ». Lors des Assises des travaux publics organisés par la FRTP Occitanie le 11 octobre à La Grande Motte (Hérault), le dirigeant invite à la prudence, tout comme Olivier Giorgiucci, le président régional Occitanie.
«Crise sanitaire, guerre en Ukraine, crise de l'énergie...Nous n'avons pas été épargnés ces dernières années,constate ce dernier. Mais je veux voir le verre à moitié plein : le secteur des travaux publics va à peu près bien et nous allons nous adapter ! Mais nous avons deux préoccupations principales : le manque de main d'œuvre, ce qui limite nos activités, et la hausse des coûts des matériaux, matières premières et énergie. Des hausses de 20 à 30% qui menacent l'équilibre économique de nos entreprises. Récemment le Conseil d'état a confirmé qu'il était possible de modifier les prix de marchés publics pour s'adapter : je demande aux élus d'être réactifs à ces adaptations de marchés... »
Olivier Giorgiucci assure toutefois que les perspectives sont bonnes : « La transition écologique nous offre de magnifiques opportunités en matière de décarbonation des mobilités et des énergies. Mais il faut mettre les budgets en face ! Or les élus sont inquiets pour leur budget 2023. Comme on dit, il ne faut pas sacrifier la fin du monde à la fin du mois... ».
« Si on sort des postures politiques »
Car c'est bien là le point de vigilance des professionnels du secteur : le mouvement inflationniste qui affecte la France, et notamment le poids de l'énergie dans les dépenses des collectivités territoriales vont-ils obérer leurs capacités d'investissement ?
« Si on sort des postures politiques sur les dotations globales et que les collectivités font un effort en 2023, on peut y arriver,affirme Bruno Cavagné. Sinon, ce serait dramatique pour nous. »
Les collectivités locales invitées aux Assises ont voulu se montrer rassurantes. A l'instar de Marie-Thérèse Mercier, conseillère régionale, qui cite notamment le projet de hub éolien flottant à Port-la-Nouvelle avec aujourd'hui deux fermes-pilotes et demain une ferme commerciale, indiquant qu'« à Saint-Nazaire, cela représente 2 milliards d'euros d'investissement ».