35 % de surtaxe : Washington frappe Ottawa au portefeuille
La Tribune

Le Premier ministre canadien Mark Carney et Donald Trump, le 16 juin 2025 lors du G7.
BRENDAN SMIALOWSKI / AFP
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Le Premier ministre canadien Mark Carney et Donald Trump, le 16 juin 2025 lors du G7.
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La guerre commerciale entre les États-Unis et leurs principaux partenaires connaît un regain d'intensité. Dans le nuit de jeudi à vendredi, Donald Trump a annoncé une surtaxe douanière de 35 % sur l'ensemble des produits canadiens importés, applicable dès le 1er août 2025. Une mesure spectaculaire, dans la droite ligne d'une série de hausses tarifaires ciblant plus de vingt pays cette semaine, et qui marque une nouvelle escalade dans les tensions commerciales entre Washington et Ottawa.
« Au lieu de travailler avec les États-Unis, le Canada a riposté avec ses propres droits de douane », a écrit le président américain dans une lettre adressée au Premier ministre canadien Mark Carney et diffusée sur sa plateforme Truth Social. Affirmant vouloir « défendre les intérêts économiques américains », Donald Trump précise que cette taxe pourra être « ajustée à la hausse ou à la baisse selon l'évolution de la relation bilatérale ».
Les secteurs de l'acier, de l'aluminium et de l'automobile, déjà visés par des surtaxes antérieures, ne seront pas épargnés. Ces produits constituent pourtant des piliers des exportations canadiennes vers les États-Unis, premier partenaire commercial d'Ottawa.
La décision de Washington intervient dans un contexte de négociations commerciales particulièrement tendu entre les deux voisins nord-américains. Début juillet, le Canada avait annoncé renoncer à la mise en œuvre de sa taxe sur les services numériques, jugée « hostile » par la Maison-Blanche. Mais ce geste d'apaisement n'a pas suffi.
Pour Ottawa, cette nouvelle salve tarifaire revêt une portée politique autant qu'économique. « Le gouvernement canadien défend sans relâche nos travailleurs et nos entreprises », a affirmé jeudi Mark Carney sur X (ex-Twitter), tout en appelant à poursuivre les discussions d'ici à la date butoir du 1er août.
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Donald Trump, lui, semble déterminé à étendre cette stratégie de pression commerciale. Il a confirmé que l'Union européenne recevrait à son tour une missive « aujourd'hui ou demain », annonçant des mesures similaires. À défaut d'accords bilatéraux, une surtaxe généralisée de 15 à 20 % pourrait frapper les pays non spécifiquement ciblés. « Nous allons régler cela maintenant », a-t-il déclaré dans un entretien à NBC.
Depuis le début de la semaine, les courriers signés de la main de Trump se sont multipliés. Les pays d'Asie sont les premiers visés, avec des hausses tarifaires allant de 25 % (Japon, Corée du Sud) jusqu'à 40 % pour certaines économies d'Asie du Sud-Est. Le Brésil a été particulièrement sanctionné, avec une surtaxe record de 50 %, en représailles aux procédures judiciaires ouvertes contre l'ancien président Jair Bolsonaro, allié politique de Trump. Ce durcissement protectionniste va au-delà du simple levier économique : il s'inscrit dans une logique de sanctions diplomatiques à peine voilée.
Le président américain a également signé un décret repoussant au 1er août la mise en œuvre de ces surtaxes, initialement prévue pour le 9 juillet, laissant une fenêtre de négociation aux pays visés. Mais dans sa communication, Trump avertit : toute mesure de rétorsion entraînera automatiquement une surtaxe équivalente.
Conséquences sur les échanges nord-américains
La relation économique entre les États-Unis et le Canada subit de plein fouet cette stratégie de confrontation. Selon les autorités canadiennes, la part des exportations vers les États-Unis est tombée à 68,3 % en mai, « l'une des plus faibles jamais enregistrées ». Une tendance qui pourrait s'aggraver sous l'effet de cette nouvelle barrière douanière.
Au-delà de l'acier et de l'automobile, des hausses tarifaires sont attendues sur des secteurs stratégiques comme le cuivre (déjà ciblé à 50 %), le bois, les semiconducteurs et les produits pharmaceutiques.
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Face à cette offensive tarifaire, les partenaires commerciaux de Washington se retrouvent dans une position délicate : riposter au risque d'une nouvelle escalade, ou céder pour préserver l'accès au marché américain. Dans tous les cas, la politique commerciale américaine version Trump rebat les cartes d'un ordre économique mondial en recomposition.
(avec AFP et Reuters)
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