À l'horizon 2060, l'OCDE prévoit un fort ralentissement de la croissance mondiale

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Les scénarios économiques de l’OCDE à l’horizon 2060 illustrent les effets bénéfiques à long terme des réformes structurelles.
Les scénarios économiques de l’OCDE à l’horizon 2060 illustrent les effets bénéfiques à long terme des réformes structurelles. (Crédits : © Neil Hall / Reuters)
La croissance mondiale du PIB devrait baisser, passant d'environ 3,5% à 2% en 2060, principalement en raison de la décélération des grandes économies émergentes, qui continuent de représenter l'essentiel de la croissance mondiale.

La croissance mondiale devrait sérieusement changer de régime. Selon de récentes prévisions de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), le rythme de progression du PIB mondial pourrait fortement ralentir dans les quatre prochaines décennies. L'étude intitulée "The Long View: Scenarios for the World Economy to 2060étend l'horizon à courte échéance retenu habituellement par les prévisionnistes pour mieux montrer les bénéfices potentiels des réformes structurelles.

Vers un ralentissement de la croissance mondiale

En 2005, le taux de croissance mondiale était évalué à 3,7% mais au fur et à mesure des années, les prévisionnistes estiment qu'il risque de chuter autour de 2% d'ici 2060.

Du coté des pays membres de l'OCDE, le PIB devrait légèrement ralentir à 1,9% en 2060, comparé aux 2,1% en 2006, en raison notamment de la baisse de la consommation privée. La reconstitution des stocks et les exportations nettes ont cependant atténué le ralentissement de la croissance globale du PIB ces dernières années. En ce qui concerne les BRIICS (Brésil, Russie, Inde, Indonésie, Chine et Afrique du Sud), la croissance du PIB était estimée à 7,6% en 2006. Mais dans les 40 prochaines années, le rythme du PIB mondial devrait ralentir de manière très considérable au point d'atteindre 2,1%.

Selon le communiqué de l'OCDE, "une part croissante de la production mondiale est imputable à l'Inde et à la Chine - qui réaliseront chacune entre 20% et 25% du PIB mondial d'ici 2060, contre un peu plus de 40% pour les pays de l'OCDE - le centre de gravité de l'économie mondiale continuant de se déplacer vers l'Asie".

"La Chine et l'Inde devraient voir leur revenu annuel par habitant multiplié par sept, mais le niveau de vie dans ces pays et quelques autres du monde émergent ne représentera encore que 25% à 60% de celui des pays les plus riches en 2060", selon un rapport de l'OCDE.

L'Inde monte en puissance et représente une économie très dynamique parmi les BRIICS. Malheureusement, ces États devraient ralentir leur rythme par rapport à ces dix dernières années passant de 6% de croissance moyenne annuelle à tout juste un peu plus de 2% à l'horizon 2060.

La crainte de la guerre commerciale

L'adoption récente des mesures protectionnistes inquiète fortement une grande partie des économistes. À la suite de la guerre commerciale entre les USA et l'Europe sur l'application de fortes taxes douanières sur l'acier et l'aluminium à l'importation, les experts de l'OCDE ont tenu à rappeler que "tout mouvement de repli dans la libéralisation des échanges avec un retour aux droits de douane moyens appliqués sur les importations dans les années 1990 - aurait pour effet d'abaisser sur une longue période les niveaux de vie de 14% globalement dans le monde, et dans une fourchette de 15% à 25% dans les pays les plus touchés".

L'évolution des niveaux de vie

Dans un scénario de référence sans réformes majeures, les niveaux de vie dans les pays de l'OCDE augmentent de 1,5% à 2% par an au cours des quarante prochaines années.

Dans le même temps, le changement démographique pèse sur les niveaux de vie dans les pays avancés et soumet à très rude épreuve les budgets, contraignant les pouvoirs publics à augmenter leurs recettes fiscales d'en moyenne 6,5 points de PIB pour pouvoir financer leurs dépenses de santé et de retraite tout en empêchant la dette publique de grimper.

Les propositions structurelles de l'OCDE

Bon nombre de scénarios montrent comment des réformes structurelles sont bénéfiques aux niveaux de vie futurs. Les analyses de l'OCDE indiquent entre autres :

  • La marge de progression des BRIICS pour améliorer leur gouvernance et leurs niveaux d'instruction est considérable. En vertu d'un scénario dans lequel ces pays rattrapent leur retard sur les niveaux moyens de l'OCDE à l'horizon 2060 dans ces deux domaines, on observe que les niveaux de vie sont de 30% à 50% plus élevés que dans le scénario de référence ;
  • Mener des réformes d'ici 2030 pour que la réglementation des marchés de produits dans les pays de l'OCDE soit aussi favorable à la concurrence qu'elle ne l'est dans les pays les mieux classés permettraient de rehausser les niveaux de vie de plus de 8% au niveau global (et d'au moins 15% à 20% dans les pays actuellement les plus éloignés des meilleures pratiques, parmi lesquels la Belgique, la France, l'Espagne et l'Italie);
  • Des mesures visant à rapprocher les politiques du marché du travail dans les pays de l'OCDE avec celles des pays les mieux classés permettraient une augmentation de 6,5% du taux d'emploi global à l'horizon 2040, essentiellement grâce à un accroissement du taux d'emploi des jeunes et des femmes, et contribueraient ainsi à favoriser l'inclusivité. Accompagnées de réformes visant à maîtriser les dépenses de santé, ces mesures permettraient d'alléger les tensions pesant sur les budgets futurs en réduisant de plus de la moitié les recettes supplémentaires nécessaires pour stabiliser la dette publique.

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Commentaires
a écrit le 23/07/2018 à 10:25 :
Pour une organisation qui n'est pas capable d'anticiper à 1an, prévoir à 50ans ça devient grotesque au plus au point ! Encore un organisme qui ne sait pas quoi faire de sa pléthore d'incapables !
a écrit le 20/07/2018 à 17:52 :
Les économistes sont incapables de comprendre l’économie puisqu’ils non jamais intégré les ressources minérales et l’énergie en quantité dans leur calculs, c’est donc de l’économie hors sol en lévitation, les seules capables de prévoir depuis 40 ans ce qui va se passer est le club de Rome avec le rapport Meadows page 124.
http://www.donellameadows.org/wp-content/userfiles/Limits-to-Growth-digital-scan-version.pdf
«Celui qui croit que la croissance peut être infinie dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste. »Kenneth Boulding (1910-1993), président de l'American Economic Association.
a écrit le 20/07/2018 à 7:47 :
.....2060....les expets ont déjà du mal à "voir" à un mois....alors 2060 c'est risible. Et puis d'ici là beaucoup de ceux qui lisent cet article seront morts...alors...! 😏😎
a écrit le 19/07/2018 à 22:25 :
2060.. Ouarf ouarf de plus en plus délirantes ces prédictions
a écrit le 19/07/2018 à 17:01 :
Nos escronomistes ne sont même pas fichus de faire des prévisions a 1 an alors a 40 c'est moins risqué.

Il reste évident que la mondialisation achevée, sans nouveaux marchés a conquérir ni pays a reconstruire faute de guerre la théorie kuznetienne de la croissance (qui est très brute et qui a mon sens reste une théorie, pas un dogme) aura du mal a afficher de bons scores.
Ce peut être un peu ce qui est arrivé au japon au début des années 90, ils ont étés les premiers a terminer leur mondialisation. Que de siècles perdus et néanmoins heureux devant nous si nous ne nous acharnons pas courir a tout prix après cette satanée croissance (et si nos décideurs changent de logiciel économétrique)

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