Accord "historique" au G7 Finances sur un impôt minimum sur les sociétés

Les ministres des Finances du G7 ont annoncé samedi un accord "historique" sur un impôt mondial minimum et une meilleure répartition des recettes fiscales provenant des multinationales, particulièrement les géants du numérique, à l'issue d'une réunion de deux jours à Londres.
Sylvain Rolland

4 mn

Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire.
Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire. (Crédits : Sarah Meyssonnier)

Un pas de géant vers une réforme mondiale de la fiscalité. Samedi, à Londres, au terme d'un G7 Finances de deux jours, les ministres des Finances ont annoncé un accord "historique" sur un impôt mondial minimum, et une meilleure répartition des recettes fiscales venant des multinationales, et notamment des géants du numérique.

Le G7 s'est engagé sur l'objectif d'un taux d'impôt minimal mondial sur les sociétés d'"au moins 15%", d'après leur déclaration commune, qui mentionne aussi l'engagement envers une meilleure répartition des droits d'imposer les bénéfices des grandes multinationales.

Les grandes puissances du G7 (Royaume-Uni, France, Italie Canada, Japon, Allemagne, Etats-Unis), profitant d'un regain d'intérêt de l'administration américaine sur la question depuis l'arrivée au pouvoir de Joe Biden, veulent parvenir à une réforme mondiale de l'impôt sur les sociétés dans l'esprit des travaux engagés au sein de l'OCDE. Elle vise largement les grandes entreprises de la technologie, souvent américaines, qui paient des impôts dérisoires malgré des profits de dizaines voire centaines de milliards de dollars, en se domiciliant dans des pays où le taux d'impôt sur les sociétés est très faible, voire nul.

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"Fierté" d'un premier pas de géant

Cet accord du groupe des sept grandes puissances a été qualifié d'"historique" et de "moment de fierté" par le Chancelier de l'Echiquier Rishi Sunak, qui présidait la rencontre en tant que pays organisateur du G7.

La secrétaire américaine au Trésor Janet Yellen a salué samedi dans un communiqué un "engagement sans précédent" des ministres des Finances du G7 qui viennent de trouver un accord sur un impôt mondial minimum pour les multinationales.

"Cet impôt minimum mondial va mettre fin à la course vers le bas de la taxation des entreprises, et apporter de la justice pour la classe moyenne et les travailleurs aux Etats-Unis et à travers le monde", selon Mme Yellen.

L'accord au G7 Finances "est un premier pas et le mois prochain nous avons un G20 des ministres des Finances pour faire de plus amples progrès", a poursuivi M. Sunak, estimant que le compromis obtenu samedi va permettre "'d'injecter de l'équité dans notre système de taxation planétaire".

L'administration américaine avait d'abord évoqué un taux d'impôt mondial sur les sociétés de 21% avant de se raviser pour 15%, un niveau que la France considérait comme "un minimum", "un point de départ". "Nous voulons avec nos partenaires du G7, du G20 et de l'OCDE essayer d'avoir un taux plus ambitieux", a notamment rappelé le ministre français des Finances Bruno Le Maire vendredi à Londres.

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Long cheminement

Plusieurs pays dont la France, le Royaume-Uni, l'Italie ou l'Espagne ont déjà mis en œuvre leur propre taxe numérique en attendant et les discussions avec les Etats-Unis portaient aussi sur le calendrier du retrait de ces mesures nationales à la faveur de la réforme internationale.

"C'est quelque chose dont nous parlions depuis près d'une décennie et pour la première fois aujourd'hui, nous avons un accord sur les principes tangibles de ce à quoi cette réforme devrait ressembler. Et c'est un énorme progrès", a insisté Rishi Sunak.

Il admet toutefois que "nous devons encore aller au G20 et trouver un accord avec un groupe plus large de pays donc il est difficile de dire quand un accord final sera obtenu", a-t-il cependant tempéré.

Ce cheminement devrait durer plusieurs années encore puisque, outre le groupe des 20, il faudra convaincre les 140 pays qui travaillent sur le projet de réforme fiscale dans le giron de l'OCDE.

Le défi sera notamment de convaincre des pays qui ont bâti leur économie sur des taux d'impôt sur les sociétés particulièrement bas à l'instar de l'Irlande (12,5%), qui a ainsi attiré le siège social européen de nombreuses multinationales.

Sylvain Rolland

4 mn

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Commentaires 9
à écrit le 08/06/2021 à 1:51
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15% ridicule ! Et ils vont bien reussir a faire passer que l'impot minimum sur les bénéfices deviendra l'impot maximum. Et si on en remet pas en cause le systeme comptable anglosaxon qui permet d'effacer les bénéfices d'une filiale au profit d'une au...

à écrit le 07/06/2021 à 12:34
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cela permettra de gaver encore et toujours plus les bandits de la ponction publique au détriment des emplois.

à écrit le 07/06/2021 à 8:44
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on voit tout de suite la credibilite du bidule, ils sont 7 et ils decident pour le monde? ils rêvent a un ordre ancien...

à écrit le 07/06/2021 à 6:05
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La gauche caviar d'accord pour euthanasier les entreprises mais pas les milliardaires du NASDAQ et du CAC40 rémunérés 100+ SMIC... Pendant ce temps Andorre, Bulgarie, Chypre, Irlande, etc se préparent a une vague de migrants fiscaux issus des en...

à écrit le 06/06/2021 à 11:09
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Accord a minima - mieux que rien- mais faudra expliquer aux boites commerces etc qui payent pourquoi ils payent 33%.... allez politiques français prene la parole face aux électeurs!!!!

à écrit le 06/06/2021 à 10:55
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Le Maire a adoré la proposition de Joe Le Postier US ! Joe aurait proposé 2% que Le Maire aurait adoré quand même ! MDR !

à écrit le 06/06/2021 à 9:43
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15% c'est le service minimum et quid des paradis fiscaux existe-il des mesures contraignantes à leur égard, existe t-il des actions internationales offensives pour lutter contre les corruptions ?

à écrit le 05/06/2021 à 19:08
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Comment croire les gens qui sont en train d'exterminer la race humaine qui possède tout et tout le monde vu que déjà les politiciens ne sont plus que les portes paroles des marchés financiers, à part la Suède tout les pays l'ont prouvé durant cette d...

à écrit le 05/06/2021 à 19:00
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" à l'issue d'une réunion de deux jours à Londres". Le brexit ne les dérange plus apparemment.

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