Allemagne : l'inflation ralentit fortement
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La baisse de l'inflation est plus forte qu'attendue par les analystes sondés par Factset qui avaient prévu un recul plus modéré de l'agrégat, à 2,1%.
Maxim Shemetov
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La baisse de l'inflation est plus forte qu'attendue par les analystes sondés par Factset qui avaient prévu un recul plus modéré de l'agrégat, à 2,1%.
Maxim Shemetov
Ouf de soulagement outre-Rhin. L'inflation est repartie à la baisse en août, à +1,9% sur un an en Allemagne, repassant pour la première fois sous les 2%... depuis mars 2021. Il s'agit donc d'une baisse plus forte qu'attendue par les analystes sondés par Factset. Ils avaient prévu un recul plus modéré de l'agrégat, à 2,1%.
C'est par ailleurs 0,4 point de moins qu'en juillet, a indiqué ce jeudi l'institut de statistiques Destatis. Ce dernier met ce recul surtout au crédit de l'énergie, dont les prix reculent de 5,1% sur un an, bien plus qu'en juillet (-1,7%).
« Les gens ont à nouveau plus d'argent dans leur porte-monnaie », s'est félicité le chancelier allemand Olaf Scholz dans un message sur X.
L'indice harmonisé des prix, utilisé par la BCE, a atteint 2% en août, soit pile dans la cible visée à terme, et après 2,6% en juillet. En revanche, l'inflation hors alimentation et énergie, surveillée de près par la banque centrale, était de 2,8% en août, restant bien au-dessus de l'inflation globale. Les services à forte intensité de main-d'œuvre, dont les prix ont augmenté de 3,9% en août, comme lors des 3 mois précédents, freinent encore la baisse de l'inflation.
Dans le même temps, Destatis a indiqué ce jeudi que les salaires réels en Allemagne ont augmenté en moyenne de 3,1% d'avril à juin par rapport à la même période de l'année précédente, marquant ainsi une augmentation du pouvoir d'achat des salariés pour le cinquième trimestre consécutif.
Des données peu rassurantes ont toutefois émergé sur « la sécurité de l'emploi », ce qui rend les consommateurs « encore plus pessimistes », expliquait Rolf Bürkl, expert de l'institut GFK mardi. Il en veut pour preuve la « légère augmentation du chômage », de 200.000 personnes sur un an selon l'Agence pour l'emploi, et de celle des « faillites d'entreprises et (des) plans de réduction des effectifs » frappant diverses entreprises du pays. Par exemple dans l'automobile, où l'équipementier ZF, en difficulté dans la transition vers l'électrique, a annoncé fin juillet vouloir supprimer jusqu'à un quart de ses effectifs dans le pays, soit 14.000 postes, d'ici 2028.
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Il en résulte que malgré les hausses de salaires et le recul de l'inflation, synonyme d'augmentation du pouvoir d'achat pour de nombreux ménages, l'incertitude semble à nouveau prédominer. Les ménages pensent que leur situation financière dans les 12 prochains mois sera beaucoup moins bonne qu'ils ne l'affirmaient il y a un mois, selon le GfK. L'institut prévoit un indice à -22,0 points en septembre, en baisse de 3,4 points par rapport au mois d'août, révisé à -18,6 points, selon le communiqué.
Une inflation qui atteint l'objectif de la Banque centrale européenne et une économie qui ralentit. Voilà de quoi inciter la gardienne de l'euro à abaisser ses taux directeurs lors de sa prochaine réunion du 12 septembre. D'autant que le même scénario semble se profiler dans d'autres pays. L'inflation espagnole a ainsi fortement ralenti en août pour atteindre 2,2% sur un an, en raison d'une baisse des prix des carburants et de l'alimentation, selon une estimation provisoire publiée ce jeudi par l'Institut national des statistiques (INE). Ce taux, en baisse pour le troisième mois consécutif, est inférieur de 0,6 point à celui de juillet (2,8%), selon l'organisme public.
Résultat, après avoir retrouvé des niveaux sous les 3% d'inflation en zone euro, la BCE a commencé à assouplir légèrement sa politique monétaire. Le 6 juin, elle a abaissé ses taux directeurs, offrant un léger bol d'air pour apaiser les tensions sur le crédit immobilier et les prêts aux entreprises qui freinent la croissance économique. Servant de référence, le taux sur les dépôts qui s'affichait à 4%, son plus haut atteint en septembre dernier, a été ramené à 3,75%.
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Des analystes s'attendent à ce que la BCE reprenne ses baisses de taux lors de la prochaine réunion du Conseil des gouverneurs prévue le 12 septembre, après la trêve estivale. Les données de l'inflation en Allemagne, de même que le recul marqué en Espagne, « fournissent un support suffisant pour une nouvelle baisse des taux d'intérêt directeurs de 25 points de base en septembre », selon Elmar Völker, économiste chez LBBW.
(Avec AFP)
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