Il ne leur reste qu'une semaine. Une semaine pour éviter une défaite historique et faire en sorte que la Saxe et la Thuringe ne succombent pas aux sirènes de l'extrême droite. Alors, dans ces Länder de l'est de l'Allemagne où se dérouleront des élections régionales dimanche prochain, les opposants de l'AfD s'organisent. Et aujourd'hui, cela passe par de grandes manifestations contre le parti xénophobe. La mobilisation devrait être importante à Leipzig et à Dresde, les deux métropoles saxonnes où, en cette fin de campagne, l'AfD recule très légèrement au profit de la CDU, la droite conservatrice.
En revanche, dans la petite Thuringe voisine (2,1 millions d'habitants), les artisans du front républicain ne cachent pas leur découragement. Dans cette région au cœur de l'Allemagne, dont les forêts ont façonné l'imaginaire populaire germanique et dont les petites villes (Eisenach, Erfurt, Weimar, Iéna...) ont fait la grande Histoire, l'AfD s'est infiltré jusqu'au « cœur de la société », explique l'historien Ilko-Sascha Kowalczuk.
Le discours de l'AfD de Thuringe est pourtant tellement radical, suffisamment en tout cas pour que le renseignement intérieur allemand place le mouvement sous surveillance. Il continue toutefois de caracoler en tête des sondages, à plus de 30 % des intentions de vote, laissant la CDU 7 points derrière. Le Land ne représente que 2,5 % de l'électorat allemand, mais la portée symbolique du scrutin est énorme. Il y a quatre-vingt-dix ans, c'est ce fief qui a accéléré l'arrivée au pouvoir de Hitler. Et puis, jamais depuis 1945, l'extrême droite n'a fini en tête d'une élection allemande.