Scholz réaffirme son soutien à l'Ukraine, malgré la réduction de l'aide de Berlin à Kiev
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Annegret Hilse
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La chancelier allemand Olaf Scholz, dont le gouvernement prévoit l'an prochain une réduction du budget de l'aide militaire bilatérale à Kiev, a réaffirmé « la solidarité continue et indéfectible » de l'Allemagne avec l'Ukraine, lors d'un entretien téléphonique samedi avec le président Volodymyr Zelensky.
La veille, la réduction annoncée de l'aide de l'Allemagne à l'Ukraine avait été jugée « très inquiétante » par le chef de la diplomatie de l'UE, Josep Borrell. « En termes absolus, l'Allemagne fait énormément » pour aider l'Ukraine à faire face à l'invasion de la Russie, a-t-il reconnu, lors d'une intervention à Santander (nord de l'Espagne). La prochaine réduction de l'aide de Berlin à Kiev est donc « très inquiétante », a-t-il dit. « C'est une mauvaise nouvelle », a-t-il insisté.
Il y a une semaine, une source parlementaire a indiqué à l'AFP que l'Allemagne prévoit dans son projet de budget 2025 de réduire de moitié son aide militaire bilatérale à l'Ukraine.
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Le gouvernement d'Olaf Scholz, qui cherche à faire des économies, ne prévoit « pas d'aides supplémentaires » aux 4 milliards d'euros prévus dans le budget de l'an prochain pour aider militairement l'Ukraine, avait alors indiqué cette source, confirmant des informations de presse. Cette année, l'aide de Berlin, deuxième contributeur après les Etats-Unis, s'élève à 8 milliards d'euros.
Pour compenser, l'Allemagne table sur « la création, dans le cadre du G7 et de l'Union européenne, d'un instrument financier utilisant les avoirs russes gelés », a ajouté une source au sein du ministère des Finances. « L'aide bilatérale allemande reste au plus haut niveau, mais mise sur l'efficacité de cet instrument », a-t-elle commenté.
Les alliés de l'Ukraine travaillent depuis plusieurs mois sur un dispositif qui permettrait d'utiliser une partie des 300 milliards de dollars d'avoirs russes gelés dans le monde pour soutenir Kiev dans sa guerre contre l'armée russe. Un « accord politique » entre les pays du G7 a notamment été trouvé mi-juin concernant une proposition américaine visant à financer un prêt de 50 milliards d'euros à l'Ukraine. Berlin « part du principe que ces fonds seront utilisables à partir de 2025 », a indiqué la source parlementaire à l'AFP.
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De son côté, l'Union européenne a officialisé fin juillet le transfert à Kiev d'1,5 milliard d'euros provenant des actifs russes gelés. Ces actifs correspondants à la première tranche des profits générés par les avoirs russes gelés en réaction à la guerre déclenchée en 2022.
Pour rappel, quelque 200 milliards d'euros d'avoirs russes ont été gelés dans l'UE après l'invasion russe de l'Ukraine en février 2022, dont environ 90% se trouvent en Belgique, siège de l'organisme international de dépôts de fonds Euroclear. Les Vingt-Sept avaient trouvé un accord en mai pour utiliser les intérêts produits par ces avoirs gelés de la banque centrale russe. Ils sont censés dégager entre 2,5 et 3 milliards d'euros par an, afin d'aider à armer l'Ukraine et de financer sa reconstruction d'après-guerre.
L'argent tiré des intérêts générés par ces fonds gelés (qui eux-mêmes restent bloqués) sera pour 90% versé à la Facilité européenne pour la paix (FEP), un instrument de l'UE pour gérer ses interventions dans les conflits, notamment dans la fourniture d'armes. Les 10% restants iront à la « Facilité » distincte de l'UE pour l'Ukraine, créée pour soutenir les besoins du pays en matière de reconstruction.
Dans le même temps, début août, l'Ukraine a reçu ses premiers avions de chasse occidentaux F-16 attendus depuis plus de deux ans. Depuis le début de l'invasion russe en février 2022, Kiev plaidait pour que lui soient livrés des F-16 dans l'espoir de mettre fin à la domination russe dans les airs et mieux protéger ses villes et ses troupes contre les bombardements russes incessants. « Nous avons mené des centaines de réunions et négociations » avec les alliés pour obtenir ces avions et renforcer la défense aérienne du pays et « nous avons souvent entendu les mots « c'est impossible » en réponse », avait déclaré Volodymyr Zelensky le 4 août, lors d'une cérémonie sur un site tenu secret en Ukraine. « Maintenant c'est la réalité, la réalité dans notre ciel. Des F-16 sont en Ukraine », s'est-il félicité.
Outre les F-16, 14 chars Leopard 2 de fabrication allemande promis à l'Ukraine l'année dernière par le Danemark et les Pays-Bas seront livrés à l'Ukraine avant la fin de l'été, a annoncé jeudi le ministre néerlandais de la Défense. Kiev « a un besoin urgent de davantage de soutien militaire, compte tenu des violents combats sur le champ de bataille », a déclaré Ruben Brekelmans. « Ces chars peuvent jouer un rôle important pour permettre à l'armée ukrainienne de se défendre contre les forces russes », a-t-il ajouté, cité dans un communiqué.
Pendant que les armes occidentales filent vers Kiev, le 6 août, l'armée ukrainienne a attaqué la région de Koursk en Russie, s'emparant, selon Kiev, de 82 localités et de 1.150 kilomètres carrés lors d'une offensive qui a surpris Moscou et constitue la plus grande opération militaire étrangère en sol russe depuis la Seconde Guerre mondiale.
Si l'offensive militaire ukrainienne reçoit beaucoup d'attention car elle porte les hostilités sur le sol de l'assaillant, l'épicentre des combats demeure dans la région industrielle ukrainienne du Donbass (Est), où l'armée russe a l'avantage.
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Les forces russes s'approchent notamment de Pokrovsk, important noeud logistique et ville de quelque 53.000 habitants appelés par les autorités à évacuer d'urgence. Elles se trouvaient vendredi à moins de dix kilomètres de cette agglomération.
(Avec AFP)
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