Année folle ou année molle ? Quels seront les « cygnes noirs » de 2020 ?
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Quels événements a priori imprévisibles mais aux conséquences systémiques sur l'économie mondiale, ce que Nassim Nicholas Taleb a popularisé sous le concept de « cygnes noirs » dans son best-seller (Le Cygne noir, éd. Les Belles Lettres), pourraient surgir l'année prochaine ? Il y a d'abord le contexte : l'économie mondiale ralentit.
Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit désormais 3 % de croissance en 2019, « son rythme le plus lent depuis la crise financière mondiale », souligne Gita Gopinath, cheffe économiste du FMI, qui précise qu'il s'agit « d'un ralentissement synchronisé ». Autrement dit, les économies émergentes ne prendront pas le relais des économies développées, l'économie mondiale est bien en train de s'unifier. Même si l'institution prévoit 3,4 % en 2020, l'horizon est loin d'être dégagé. Ce ralentissement de l'activité mondiale est davantage dû à des surcapacités, à l'exemple du secteur automobile, et à un endettement élevé des États, mais aussi des entreprises et des ménages. Il est donc possible que le monde soit entré dans une phase de stagnation économique, à l'exemple du Japon, car, comme le souligne l'économiste espagnol Daniel Lacalle, « avoir des taux bas et augmenter la masse monétaire ne fait que rendre l'économie moins dynamique, plus stagnante », avec « son lot d'entreprises zombies, qui ne vivent que du soutien public et de l'argent facile ». Les marchés sont au plus haut, mais cela ne veut pas forcément dire que la crise financière est pour demain. Mais après-demain ? Dans un tel contexte de tensions mondiales, où sont les fragilités ? 2020, année folle, ou année molle.
Les interrogations vont bon train sur la Chine. Son économie connaît un ralentissement continu ces dernières années avec désormais un taux qui va passer sous les 6 %. Le dynamisme du pays s'est construit sur une montagne de dettes. Selon l'Institut de la finance internationale, « le montant total des dettes des entreprises, des ménages et de l'État équivalait à 303 % du PIB, soit 40. 000 milliards de dollars », au premier trimestre de 2019. Si les autorités arrivent à gérer ce problème, notamment en maîtrisant la bulle immobilière et en rationalisant l'appareil industriel, la Chine cherche non sans mal à rééquilibrer son activité au profit de son marché intérieur pour être moins dépendante des exportations.
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