Après la mort de six otages du Hamas, Israël repousse un peu plus l'idée d'un cessez-le-feu
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Le premier ministre israelien benjamin netanyahu
Nir Elias
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Le premier ministre israelien benjamin netanyahu
Nir Elias
Les corps de six otages enlevés lors de l'attaque du Hamas le 7 octobre en Israël ont été retrouvés dans la bande de Gaza. « L'armée et le Shin Bet (sécurité intérieure) ont localisé hier et récupéré les corps des otages Carmel Gat, Eden Yerushalmi, Hersh Goldberg-Polin, Alexander Lobanov, Almog Sarusi et Ori Danino d'un tunnel dans la zone de Rafah », énumère ce dimanche l'armée israélienne. Cette découverte s'est faite lors d'une vaste opération qualifiée « d'antiterroriste », entamée mercredi dans le nord de la Cisjordanie occupée, qui a suscité protestations de la communauté internationale.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a immédiatement déclaré qu'il allait « régler son compte » au Hamas, tandis que les dirigeants du monde entier ont fait part de leurs condoléances : le président américain Joe Biden s'est dit « dévasté » par la découverte des six corps ; Joseph Borrel, chef de la diplomatie européenne, s'est quant à lui dit « horrifié » ; tandis que le Premier ministre britannique Keir Starmer a utilisé le terme « choqué ». Mais alors que la communauté internationale pousse pour une désescalade le conflit, le dirigeant israélien prend le sens inverse.
Le ministre israélien de la Défense Yoav Gallant a affirmé que les otages avaient été « tués de sang-froid par le Hamas juste avant qu'on arrive à eux ». Un cadre du mouvement islamiste, qui s'exprimait sous le couvert de l'anonymat, a quant à lui défendu que les otages avaient été « tués par des tirs et des bombardements de l'occupant israélien », et que certains d'entre eux « faisaient partie de la liste des otages à libérer que le Hamas avait approuvée. »
Une justification évidemment balayée par le pouvoir israélien, prêt à intensifier le conflit et a repoussé toujours plus loin l'option d'un accord de paix. Benjamin Netanyahu a ainsi déclaré que « celui qui tue des otages ne veut pas d'un accord » sur un cessez-le-feu et la libération des otages israéliens en échange de prisonniers palestiniens. « Nous vous poursuivrons, nous vous attraperons et nous réglerons votre compte », a-t-il lancé à l'adresse du Hamas. Israël avait déjà juré de détruire le Hamas, un mouvement qu'il qualifie de terroriste, à l'instar des États-Unis et de l'Union européenne.
Mais ce discours guerrier ne fait pas complètement l'unanimité dans le pays. Le chef de l'opposition israélienne, Yaïr Lapid, appuyé par des familles d'otages, a appelé dimanche à la grève générale lundi en Israël. L'objectif : forcer le gouvernement à parvenir à un accord de libération des derniers otages, impossible en cas d'intensification du conflit. La puissante centrale syndicale israélienne, la Histadrout, a fait écho à cette proposition, et décrété une grève générale pour lundi, afin de forcer le gouvernement de Benjamin Netanyahu à parvenir à un accord pour la libération de la centaine d'otages toujours retenus par le Hamas à Gaza.
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« Nous devons faire cesser cet abandon des otages », a lancé lors d'une conférence de presse le chef de la Histadrout, Arnon Bar-David. Une position soutenue par l'allié américain. « Ne vous y trompez pas, les dirigeants du Hamas paieront pour ces crimes. Mais nous continuerons à travailler 24 heures sur 24 pour parvenir à un accord qui garantisse la libération des otages restants », a ainsi déclaré Joe Biden.
Lors de l'attaque du Hamas le 7 octobre, qui a déclenché la guerre dans la bande de Gaza, 251 personnes ont été enlevées en Israël et emmenées à Gaza. 97 y sont toujours retenues, dont 33 déclarées mortes par l'armée. Cette vaste attaque a entraîné côté israélien la mort de 1.199 personnes, majoritairement des civils, selon un décompte de l'AFP à partir de données officielles. Les représailles israéliennes ont fait au moins 40.738 morts dans la bande de Gaza, selon le ministère de la Santé du Hamas, provoqué un désastre humanitaire et sanitaire et déplacé la quasi-totalité des 2,4 millions d'habitants. D'après l'ONU, la majorité des morts sont des femmes et des mineurs.
Au moins 22 Palestiniens, principalement des combattants, ont été tués par l'armée israélienne en Cisjordanie depuis mercredi et le lancement d'une nouvelle opération, selon le ministère palestinien de la Santé. Tous des « terroristes », a balayé l'armée israélienne. Le Hamas, au pouvoir depuis 2007 à Gaza, et le Jihad islamique, un autre groupe armé, ont déclaré qu'au moins 14 des morts combattaient dans leurs rangs.
La guerre fait des pertes dans les deux rangs : trois policiers israéliens ont été tués dimanche près d'un check-point dans une « attaque armée », selon le commandant de la police israélienne. Cette attaque n'a pas été revendiquée mais le Hamas y a vu « une réponse naturelle aux massacres du peuple » palestinien. Des bulldozers israéliens détruisaient dimanche des rues de Jénine, une des villes ciblées par l'opération israélienne dans le nord de la Cisjordanie, a constaté un photographe de l'AFP.
Dans la bande de Gaza, une campagne de vaccination contre la polio a débuté dimanche matin, avec l'objectif de vacciner plus de 640.000 enfants de moins de dix ans. Elle concerne pour le moment le centre du territoire et comportera deux autres phases pour les autres secteurs. Louise Wateridge, porte-parole de l'Unrwa L'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa), a parlé dans l'après-midi d'un « succès » avec des « milliers d'enfants vaccinés ». Jeudi, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) avait annoncé qu'Israël avait accepté des « pauses humanitaires » pour cette campagne.
Démentant « les informations faisant état d'un cessez-le-feu général » pour permettre cette campagne, le cabinet de M. Netanyahu a indiqué qu'Israël autoriserait « uniquement un couloir humanitaire ». Le directeur général de l'OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a estimé de son côté que, pour les enfants de Gaza, « le meilleur vaccin (...) est la paix ».
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Ailleurs dans la bande de Gaza, la Défense civile a fait état de deux morts et six blessés dans une frappe aérienne israélienne sur une maison à Gaza-ville. Le pape François a appelé dimanche à un cessez-le-feu immédiat, une libération des otages et une aide à la population de Gaza « où tant de maladies se propagent ».
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