Le Hezbollah a lancé une attaque d'ampleur sur Israël qui a riposté
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Vue de Tyr, au sud du Liban, montrant de la fumée et des incendies du côté libanais de la frontière avec Israël.
Aziz Taher
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Vue de Tyr, au sud du Liban, montrant de la fumée et des incendies du côté libanais de la frontière avec Israël.
Aziz Taher
Alors que la guerre entre Israël et le Hamas palestinien se poursuit à Gaza depuis plus de dix mois, l'affrontement avec le Hezbollah a franchi un nouveau palier ce dimanche. Le mouvement paramilitaire libanais a annoncé dimanche avoir lancé des centaines de drones et roquettes contre des objectifs militaires en Israël en réponse à l'assassinat d'un de ses chefs. L'armée israélienne a, de son côté, affirmé avoir mené des frappes préventives au Liban pour empêcher une « attaque d'envergure ».
Dans un communiqué à Beyrouth, le Hezbollah a indiqué avoir lancé « une attaque aérienne à l'aide d'un grand nombre de drones » sur le territoire israélien. Il a ajouté avoir tiré « plus de 320 » roquettes Katioucha sur 11 bases militaires en Israël et sur le plateau du Golan syrien occupé par Israël. L'attaque visait les « casernes et positions israéliennes afin de faciliter le passage des drones d'attaques » vers le territoire israélien « en profondeur », selon le mouvement, qui exerce une influence prépondérante au Liban.
Un peu plus tard dans la matinée, le Hezbollah a déclaré que son attaque était « terminée » pour dimanche et qu'elle s'était « achevée avec succès ». Il a ainsi démenti « les allégations » d'Israël qui a affirmé avoir déjoué une attaque de grande ampleur.
De son côté, l'armée israélienne a indiqué sur X (ex-Twitter) que le Hezbollah avait tiré « plus de 150 projectiles depuis le Liban vers Israël ». Les sirènes d'alertes ont retenti dans le nord d'Israël et des explosions ont retenti alors que des roquettes tirées depuis le sud du Liban étaient interceptées par les systèmes de défense aérienne du « Dôme de Fer ». Dans l'immédiat, les autorités israéliennes n'ont pas fait état de positions militaires touchées et aucune victime n'a pour l'instant été signalée en Israël, selon les services d'urgence. L'armée israélienne a publié de nouvelles consignes de défense civiles limitant les rassemblements.
Face à cette attaque, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a annoncé une réunion du cabinet de sécurité tôt le matin et son ministre de la Défense Yoav Gallant a décrété l'état d'urgence sur le territoire d'Israël pour 48 heures à partir de 06H00 locales (03H00 GMT). Benjamin Netanyahu a juré de « tout faire » pour la « sécurité » des habitants du nord du pays, frontalier du sud du Liban, secteur ciblé principalement par des tirs du Hezbollah.
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Alors que le président américain Joe Biden suit « attentivement les événements », un porte-parole du Pentagone a affirmé que les Etats-Unis étaient « prêts à soutenir » la défense d'Israël, leur allié.
Affirmant avoir mené des attaques préventives au Liban, l'armée israélienne a dit qu'une « centaine » de ses avions avaient détruit « des milliers de rampes de lancement de roquettes » du Hezbollah, sur plus d'une quarantaine de zones de tirs au Liban. L'opération a été déclenchée pour « éliminer les menaces visant les citoyens israéliens », a précisé l'armée.
La plupart des frappes menées par Israël visaient des cibles dans le sud du Liban, mais l'armée se tient prête à frapper à tout endroit où se situerait une menace, a déclaré un porte-parole de l'armée israélienne.
Selon la chaîne de télévision Al-Manar du mouvement libanais, les raids israéliens ont visé les forêts de Kounin Rashf, Al-Tayri, Beit Yahoun, Al-Khardali, Zawtar, Iqlim Al-Tuffah et Al-Rayhan dans le sud du Liban. Le ministère de la Santé libanais a fait état d'un mort.
Après que des avions ont été retardés et des atterrissages déroutés vers d'autres aéroports d'Israël, l'Autorité de l'aviation civile israélienne a annoncé la reprise des vols vers et au départ de Tel-Aviv. Et l'aéroport de Beyrouth fonctionne normalement dimanche matin.
Depuis des semaines, la communauté internationale dit craindre une escalade militaire régionale entre l'Iran et ses alliés d'une part et Israël de l'autre, à l'heure où la guerre perdure à Gaza. Celle-ci a été déclenchée le 7 octobre par une attaque sans précédent du Hamas contre Israël. Le lendemain, le Hezbollah ouvrait un front contre Israël, en « soutien » au Hamas et depuis la frontière entre les deux pays est prise dans un engrenage de violences.
Armé et financé par l'Iran, ennemi juré d'Israël, le Hezbollah avait ensuite menacé Israël, voisin du Liban, d'une riposte après la mort d'un de ses chefs militaires Fouad Chokr, tué le 30 juillet dans une frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth. Le mouvement libanais s'était également joint à l'Iran et au Hamas pour menacer de répondre à l'assassinat imputé à Israël de l'ex-chef du Hamas Ismaïl Haniyeh, à Téhéran le 31 juillet.
Les tensions étaient encore montées d'un cran à la frontière israélo-libanaise depuis la mort de 12 enfants et adolescents sur le plateau du Golan occupé par Israël, lors d'une attaque attribuée au mouvement chiite libanais, à la fin du mois dernier, suivie par l'assassinat du chef militaire du Hezbollah par Israël dans la banlieue Sud de la capitale libanaise Beyrouth.
C'est dans ce contexte explosif que les négociateurs au Caire devraient poursuivre en principe dimanche leurs discussions pour tenter d'obtenir un accord sur une trêve dans la bande de Gaza. Cette dernière session de discussions en date a été lancée jeudi dans la capitale égyptienne en présence des chefs du renseignement extérieur et intérieur israéliens, David Barnea et Ronen Bar, du directeur de la CIA, William Burns, du coordinateur de la Maison Blanche pour le Moyen-Orient, Brett McGurk, ainsi que des chefs du renseignement égyptien et qatari. Une délégation du Hamas s'est rendue au Caire mais ne devrait pas participer aux discussions, selon le mouvement.
Depuis des mois, les médiateurs - Qatar, Egypte, Etats-Unis - tentent de convaincre le Hamas et Israël d'arrêter les hostilités, mais sans succès jusque-là.
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L'attaque du 7 octobre a entraîné la mort de 1.199 personnes, majoritairement des civils, selon un décompte de l'AFP à partir de données officielles. 251 personnes ont aussi été enlevées ce jour-là : 105 sont toujours retenues à Gaza, dont 34 déclarées mortes par l'armée. L'offensive israélienne à Gaza a fait au moins 40.334 morts, selon le ministère de la Santé du gouvernement du Hamas qui ne détaille pas le nombre de civils et combattants tués. D'après l'ONU, la plupart des morts sont des femmes et des enfants. L'offensive a provoqué un désastre humanitaire et sanitaire et déplacé 90% des 2,4 millions d'habitants du territoire selon l'ONU.
(Avec agences)
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