Pour les États-Unis, une trêve à Gaza aiderait à éviter un embrasement au Moyen-Orient, après des menaces de l'Iran de riposter à l'assassinat, imputé à Israël, du chef du Hamas Ismaïl Haniyeh, le 31 juillet à Téhéran. De nouvelles discussions sont attendues en Egypte cette semaine entre Israël et les médiateurs américain, qatari et égyptien.
Joe Biden tire la sonnette d'alarme en faveur d'une trêve à Gaza. Le président américain a « souligné l'urgence de finaliser un accord sur un cessez-le-feu et une libération des otages » dans la bande de Gaza au cours d'un échange mercredi avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, a fait savoir la Maison Blanche.
La conversation a aussi porté sur les« discussions à venir au Caire pour écarter les obstacles qui restent »avant d'arriver à un compromis entre Israël et le Hamas, selon un communiqué, alors que les espoirs d'une trêve s'amenuisent.
Compromis de la « dernière chance », selon Antony Blinken
Cet échange téléphonique survient après la tournée d'Antony Blinken au Proche-Orient pour tenter de trouver un accord sur un cessez-le-feu. Le secrétaire d'Etat américain a averti que la dernière proposition de compromis américaine pour une trêve à Gaza pourrait être celle de la « dernière chance ». Antony Blinken, qui s'est rendu en Israël, en Egypte et au Qatar, a affirmé qu'Israël a accepté ce plan dont les détails n'ont pas été rendus publics et demandé au Hamas de faire de même.
Le mouvement islamiste a accusé les États-Unis d'avoir intégré au plan de « nouvelles conditions » d'Israël, incluant le maintien des troupes israéliennes à la frontière entre Gaza et l'Egypte. Des médias israéliens ont aussi affirmé que Benjamin Netanyahou voulait conserver le contrôle de cette frontière, mais Antony Blinken a souligné l'opposition de son pays à une « occupation à long terme de Gaza par Israël ».
Nouvelles discussions en Égypte cette semaine
Le Hamas exige l'application d'un plan annoncé le 31 mai par Joe Biden, qu'il avait accepté début juillet. Il prévoit d'abord une trêve de six semaines accompagnée d'un retrait israélien des zones densément peuplées de Gaza et la libération d'otages du 7 octobre, puis, dans une deuxième phase, un retrait total israélien du territoire assiégé.
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Pour sa part, Benjamin Netanyahou a souvent dit vouloir poursuivre la guerre jusqu'à la destruction du Hamas, considéré comme terroriste par Israël, les États-Unis et l'Union européenne. De nouvelles discussions sont en principe attendues en Egypte cette semaine entre Israël et les médiateurs américain, qatari et égyptien.
Israël a par ailleurs intensifié ses frappes au Liban voisin. Ces dernières 24 heures, l'armée israélienne a mené plusieurs raids, tuant six personnes, selon les autorités libanaises, dont Khalil Al-Maqdah, un chef de la branche armée du Fatah, dans une frappe contre sa voiture à Saïda (sud). C'est la première fois qu'Israël tue un chef militaire du Fatah palestinien depuis le début de la guerre à Gaza, où près de 30 Palestiniens ont péri dans des bombardements israéliens, selon la Défense civile.
L'armée israélienne l'a accusé « d'agir pour le compte » de l'Iran et d'implication dans des « attaques terroristes ». Le Fatah du président Mahmoud Abbas a accusé Israël de vouloir, avec « l'assassinat » de Khalil Al-Maqdah, « embraser la région ».
40.223 morts morts à Gaza, selon le Hamas
Pour rappel, la guerre a été déclenchée par une attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre. L'attaque des commandos du Hamas, infiltrés depuis Gaza dans le sud d'Israël, a entraîné la mort de 1.199 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP à partir de données officielles israéliennes. Sur 251 personnes enlevées ce jour-là, 105 sont toujours retenues à Gaza, dont 34 déclarées mortes par l'armée.
En riposte à l'attaque du Hamas, Israël a lancé une offensive dévastatrice à Gaza qui a fait au moins 40.223 morts, selon le ministère de la Santé du gouvernement du Hamas, qui ne détaille pas le nombre de civils et combattants tués. Mais d'après l'ONU, la plupart des morts sont des femmes et des mineurs.