Ukraine: Poutine salue les « idées » de Macron, l'OTAN reste sur ses gardes
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Le président russe Vladimir Poutine (à g.) a reçu le président français Emmanuel Macron au Kremlin, à Moscou, en Russie, le lundi 7 février 2022.
Reuters
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Le président russe Vladimir Poutine (à g.) a reçu le président français Emmanuel Macron au Kremlin, à Moscou, en Russie, le lundi 7 février 2022.
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Le président russe Vladimir Poutine a assuré, après sa rencontre lundi à Moscou avec président français Emmanuel Macron, être disposé à tout faire pour trouver des compromis et éviter une escalade militaire dans le conflit russo-occidental né de la crise ukrainienne qui dure depuis novembre 2013.
Premier dirigeant occidental de premier plan à avoir rencontré Vladimir Poutine depuis l'aggravation des tensions entre la Russie et l'Ukraine en décembre 2021, Emmanuel Macron, a déclaré lundi soir à l'issue de sa rencontre en tête-à-tête avec le dirigeant russe:
De son côté, après plus de cinq heures de discussions, Vladimir Poutine, sans révéler la teneur des propositions discutées, a dit que « certaines des idées » de son homologue français pourraient « jeter les bases d'avancées communes ». Il l'a à cet égard plusieurs fois remercié. De fait, le président a affirmé vouloir effectivement trouver des « compromis qui pourront satisfaire » toutes les parties impliquées dans le conflit, assurant que ni lui ni M. Macron ne veulent d'une guerre Russie-Otan qui « n'aurait pas de vainqueur ».
Selon la présidence française, les propositions de M. Macron concernent un engagement à ne pas prendre de nouvelles initiatives militaires des deux côtés, l'amorce d'un dialogue notamment sur le dispositif militaire russe ou encore des négociations de paix sur le conflit en Ukraine et le début d'un dialogue stratégique.
Les Occidentaux craignent une invasion de l'Ukraine, quelque 100.000 soldats russes étant déjà déployés à la frontière orientale ukrainienne. Le renseignement américain accrédite la possibilité d'une invasion estimant que le seuil critique de 150.000 soldats russes massés à la frontière ukrainienne est en passe d'être atteint. De fait, l'OTAN a annoncé hier qu'elle s'inquiétait du statut des 30.000 soldats envoyés par la Russie chez son alliée biélorusse au motif de manoeuvres conjointes.
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L'OTAN a ainsi averti lundi, par la voix de Rob Bauer (amiral néerlandais à la tête du Comité militaire, principale source d'avis pour le Conseil de l'Atlantique Nord) depuis Vilnius, que si la Russie décidait de positionner ces 30.000 hommes de manière permanente en Biélorussie, elle renforcerait son contingent dans les pays de l'Alliance.
Selon un responsable de l'OTAN, les troupes déployées par Moscou en Biélorussie comprennent des unités de génie et des hôpitaux de campagne dont l'armée russe aurait besoin pour lancer une invasion de l'Ukraine. En outre, avec ce contingent supplémentaire sur le front nord en plus des troupes massées sur le front Est, pour l'Ukraine, cela pourrait ressembler à un début d'encerclement ou à la préparation d'un mouvement en tenaille.
Pour autant, le Kremlin nie tout bellicisme, mais lie une éventuelle désescalade à des traités qui lui garantirait sa sécurité par la fin de la politique d'élargissement de l'Alliance atlantique et un retour de ses dispositifs militaires aux frontières de 1997, c'est-à-dire une retraite de facto de l'Alliance d'Europe de l'Est.
Pour l'instant, les Etats-Unis et l'OTAN ont formellement rejeté toutes les demandes présentées par Moscou.
Cette réponse n'a pas rompu les échanges diplomatiques : "Je ne pense pas que le dialogue s'arrête là", a souligné lundi Vladimir Poutine, précisant que la Russie allait prochainement envoyer sa réponse écrite à cette réaction de l'Otan et de Washington.
Au cours de leur conférence de presse commune, M. Poutine a déclaré qu'il reparlerait au président français après son entretien mardi à Kiev avec son homologue Volodymyr Zelensky.
Ce mardi, M. Macron rencontre à Kiev le président ukrainien Volodymyr Zelensky, puis il se rendra ensuite en Allemagne pour y voir le chancelier Olaf Scholz. Ce dernier rentrera tout juste de Washington et sera à son tour les 14 et 15 février à Moscou et Kiev.
Au cours de leur entretien hier à Washington, le président américain Joe Biden et le chancelier allemand Olaf Scholz ont vanté leur harmonie dans la crise autour de l'Ukraine, mais n'ont toujours pas réussi à parler de la même voix sur le très controversé gazoduc Nord Stream 2.
La question du Nord Stream 2 pèse depuis des années sur les relations entre Washington et Berlin, mais elle a pris une acuité toute particulière avec la crise autour de l'Ukraine.
Les Etats-Unis font valoir depuis longtemps que cette infrastructure dote Moscou d'un levier énergétique et stratégique trop important. Au sujet de ce gazoduc reliant la Russie à l'Allemagne, déjà construit mais qui n'est pas encore entré en fonctionnement, le président Joe Biden a été très explicite:
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Le président américain, interrogé en ce sens, n'a pas précisé comment les Etats-Unis pourraient couper cette infrastructure sous-marine reliant directement la Russie à l'Allemagne, si Berlin s'y oppose.
(avec agences)
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