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ÉconomieInternational

Aux 100 premiers jours de Trump, des ratés et de l'impopularité

Alice Cassoulat

Publié le 28 avril 2017 à 15:01 - Mis à jour le 28 avril 2017 à 15:14

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05 juin 2026

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Dans un sondage commandé par le Washington Post, l'impopularité du président des Etats-Unis Donald Trump bat des records. Les défauts du républicain soulignés par le sondage: peu de choses accomplies, et un homme qui revient trop souvent sur ses promesses.

"Ce sont les 100 premiers jours les pires, les moins réussis, depuis que ceci est devenu un concept en 1933." Le constat de Jonathan Alter, analyste de MSNBC et auteur du livre 'The Defining Moment: FDR's Hundred Days and the Triumph of Hope' est sans appel.

Depuis son investiture en tant que 45ème président des Etats-Unis le 20 janvier 2017, Donald Trump déçoit. D'abord, le magnat n'a pas tenu toutes ses promesses de campagne. Bien qu'il ait signé de nombreux décrets, dont 28 projets de lois, ceux-ci n'ont pas eu d'impact considérable qui montrerait que Trump est réellement en train de "Rendre à l'Amérique sa Grandeur", comme le promettait son slogan de campagne.

A la veille de la marque symbolique des premiers 100 jours de présidence, ses victoires, contrairement à ses défaites, se comptent sur les doigts de la main :

  • Il a réussi à nommer son candidat Neil Gorsuch comme juge à la Cour Suprême ;
  • il a officiellement sorti les Etats-Unis de l'Accord 'Partenariat Trans-Pacifique' qu'il avait qualifié de "viol" pendant sa campagne ;
  • il a réussi à démontrer qu'une grande partie de l'immigration aux Etats-Unis était une immigration illégale. Suite à son élection, une baisse de 36% d'immigrés sans papiers a été observée.

Reste que la liste des défaites de la présidence de Trump est bien plus longue.

D'après une enquête du Washington Post menée du 17 au 20 avril 2017 sur un échantillon national de 1,004 américains, Donald Trump est le président américain le plus impopulaire. Seulement 42% des américains sont satisfaits de son action.

Parmi les principaux échecs des 100 premiers jours de Donald Trump à la Maison Blanche, on retrouve :

  • L'abrogation ratée de Obamacare. Faute de soutien de la majorité républicaine au Congrès et par manque d'une meilleure solution, sa demande de désintégrer cette réforme de l'ancien président Barack Obama qu'il trouvait trop coûteuse, tombe à l'eau.
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Lire aussi : Trump ne fait pas ce qu'il veut

  • Des paroles en l'air et des réformes abandonnées : ses promesses de sortie de l'OTAN, de réforme fiscale et de ré-industrialisation sont sans cesse reportées et souvent abandonnées par le président. Ses projets comme 'America First' pour une production 'made in America' s'avèrent impossibles. L'avantage économique d'importer des produits chinois et d'installer des usines américaines en Chine est indéniable. De plus ses nombreuses lois 'anti-immigration', notamment le 'muslim ban' contre l'immigration musulmane ont soulevé trop de manifestations et ont finalement été retirées.
  • 'Build a Wall' : le mur n'est toujours pas en voie d'être construit. Trump a dû revenir plusieurs fois sur ses projets de financement pour fermer cette frontière.
  • Un gouvernement incomplet et déchiré. Non seulement son gouvernement est en pleine guerre entre les Républicains et les Démocrates, mais Donald Trump n'a toujours pas un cabinet complet. Selon le New York Times, il aurait embauché seulement 'trois douzaines des 1.000 fonctionnaires dont il a besoin pour diriger un gouvernement fédéral'.
  • Il n'a toujours pas trouvé sa voix présidentielle et se perd dans des affaires personnelles, plutôt que de s'occuper du pays. Ses accusations sur Twitter envers Barack Obama qui aurait caché des micros dans la Trump Tower afin de l'espionner restent infondées.

"Comment le président Obama a-t-il pu tomber assez bas pour mettre mes téléphones sur écoute pendant la période sacrée des élections. C'est Nixon/Watergate. Quel mauvais homme!"

Lire aussi : En 100 jours, Trump a prononcé plus de 400 mensonges

Face à Obama qui avait mis en place au cours de ses 100 premiers jours la loi Lilly Ledbetter d'égalité salariale, une extension du programme d'assurance médicale pour enfants au niveau des États, et préparait déjà le terrain pour sa réforme du système de santé, Donald Trump n'arrive pas à suivre. Le 45ème président n'est toujours pas sorti des Etats-Unis alors qu'Obama s'était, dans la même période de temps, déjà rendu de nombreuses fois en Europe.

Une impopularité historique

Résultat de son action, l'ancien président Barack Obama était apprécié par 69% de la population à la fin de ses 100 premiers jours en avril 2009 (contre 42% pour Trump), d'après le Washington Post.

Parmi ceux qui ont voté pour le milliardaire, presque tous (94%) approuvent sa prestation jusqu'ici. Du côté des personnes qui ont soutenu Hillary Clinton, la candidate démocrate, 92% désapprouvent sa présidence. Par rapport au démocrate John F. Kennedy qui avait séduit 63% des républicains, ou George H.W. Bush (républicain) qui avait rallié 59% des démocrates à sa cause, Donald Trump affiche le plus mauvais score chez les personnes n'ayant pas voté pour lui jamais enregistré par le Washington Post.

Résultat encore plus impressionnant : de tous les sondés, 61% pensent que le président n'arrive pas à comprendre les problèmes des Américains. Ceux-ci ne voient pas en Trump un leader qui leur ressemble.

Une majorité (56%) affirme aussi qu'il n'a pas accompli grand-chose durant ces 100 premiers jours, voir rien du tout. Parmi ces 56%, la moitié rejette la faute sur Trump, tandis qu'un quart accuse les Républicains en général.

 "#100joursdehonte , et de déshonneur, de mensonges, de stupidité, de sectarisme, d'ignorance, de corruption, de misogynie, d'échec et de division."

La guerre entre Républicains et Démocrates est aussi très marquée dans les résultats du sondage. Pour 8 pro-Tump sur 10, le président a gardé ses promesses et sa position lors de sa campagne. Du coté des votes Clinton, c'est aussi la majorité, 8 sur 10, qui pense que le nouveau président ne suit pas ses principes.

On retient tout de même un résultat surprenant, mais positif : malgré l'impopularité de Trump, 96% de ses électeurs ne regrette pas leur vote.

Les raisons qui poussent ces 96% fidèles

Malgré une impopularité grandissante, les fidèles persistent et les raisons qui les encouragent à soutenir Donald Trump se résument surtout à son énorme et écrasante personnalité.

Selon L'Obs, "il polarise l'électorat : soit on l'adore, soit on le déteste", et ses électeurs le qualifient de victime dont les défaites sont dues aux complots de ses opposants. Une forte personnalité que 53% des Américains, dont 25% de démocrates, considèrent comme une qualité pour être leader, d'après le sondage du Washington Post.

Donald Trump sait aussi se vendre à travers une confiance en lui inégalable.

D'après une traduction de Politico par L'Obs :

"Il s'est défini lui-même comme un succès, quelle que soit la réalité, en parlant le plus fort et le plus longtemps, et en insistant pour avoir le premier mot et le dernier. Et cela a marché [...]. On peut dire de lui qu'il est le champion, dans l'histoire politique et économique des Etats-Unis, de l'autopromotion. C'est une forme de succès."

L'économie qui s'est améliorée récemment aux Etats-Unis y est aussi pour quelque chose. Les Américains ne ressentent pas encore les effets secondaires des premiers décrets de Donald Trump. Mais cela ne devrait tarder à arriver avec notamment son ambition de démanteler l'Obamacare.

Lire aussi : Le FMI redit sa confiance sur l'économie américaine façon Trump

Enfin, beaucoup d'électeurs de Trump regrettent mais ne veulent pas l'admettre. Après les 100 premiers jours du 45ème président, certains sont déçus mais ont honte de s'être trompés en faisant ce choix très mal vu par beaucoup pendant et après l'élection.

Même Donald Trump en prenant du recul admet s'être lancé dans quelque chose qui le dépasse.

"J'aimais ma vie d'avant. Je faisais tellement de choses. C'est beaucoup plus de travail que dans ma vie précédente. Je pensais que ça serait plus facile", a confié Donald Trump à des journalistes de Reuters.

 "Ce fut 100 jours superbes, sensationnels et énormes. J'ai réduit mon score de cinq coups!"

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En espérant qu'il se consacre moins à ses parties de golf et plus à son pays, les Américains attendent avec crainte, impatience et espoir les jours qui suivront le cap symbolique des 100 premiers.

*Un graphique de notre partenaire Statista

Alice Cassoulat

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