Birmanie : les rebelles menacent les mines exploitées par la Chine

Les rebelles birmans ont menacé samedi d'attaquer les mines exploitées avec le soutien de la Chine dans le centre du pays si les projets n'étaient pas arrêtés, dénonçant des bénéfices qui enrichissent la junte au pouvoir.
Un panneau des personnes recherchées pour leur lien avec les manifestations à la mine de cuivre de Letpadaung.
Un panneau des personnes recherchées pour leur lien avec les manifestations à la mine de cuivre de Letpadaung. (Crédits : CC / Jacksontpb)

Depuis le coup d'État militaire de février 2021, des groupes rebelles se faisant appeler Forces de défense du peuple (PDF) sont apparus pour s'opposer au régime et ont fait des entreprises liées à la junte une cible privilégiée de leurs attaques.

Ainsi, alors que la société chinoise Wanbao Mining a conclu un partenariat avec le conglomérat Myanma Economic Holdings, propriété de l'armée birmane, pour exploiter les mines de cuivre de Letpadaung et Sapetaung-Kyesintaung, dans la région de Sagaing, seize groupes rebelles ont publié jeudi une déclaration commune dans laquelle ils menacent de s'attaquer à ces mines, dont l'exploitation sert à enrichir de hauts responsables militaires birmans et leurs amis, ont-il dénoncé.

Samedi, un porte-parole du PDF a précisé à l'AFP : "Nous attendons de voir s'ils poursuivent leur projet ou pas. S'ils le font, nous les attaquerons".

Appel aux employés de la mine

L'exploitation avait déjà été récemment perturbée par des combats, des problèmes d'approvisionnement en électricité, mais aussi par le coronavirus.

Le porte-parole du PDF a par ailleurs a exhorté les employés de la mine à se joindre à un mouvement de désobéissance civile et à se mettre en grève.

"Nous avons demandé aux personnes qui travaillent pour ces entreprises de quitter leur emploi d'ici le 5 mai", indiquait la déclaration commune jeudi. Dans le cas contraire, le mouvement estime qu'il ne sera pas responsable si des travailleurs sont pris dans des attaques contre les mines.

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De nombreux précédents

En février, des informations avaient fait état de tirs de roquettes par des rebelles contre la mine de Letpadaung, qui fait l'objet depuis des années de plaintes liées à l'accaparement de terres, à des atteintes à l'environnement et à la répression brutale des manifestants par la police.

En janvier, les médias locaux ont rapporté que des groupes rebelles avaient fait sauter trois pylônes électriques alimentant la mine de nickel de Tagaung Taung, gérée par la Chine, à Sagaing, provoquant des problèmes de production.

"La poursuite des relations commerciales de la Chine avec les militaires (birmans, ndlr) sape le (...) mouvement pro-démocratique, ce qui risque d'enflammer davantage le sentiment anti-chinois au sein de la population birmane", estimait l'ONG Publish What You Pay Australie dans un rapport en novembre.

Contactés par l'AFP, Wanbao Mining et l'ambassade de Chine en Birmanie n'ont pas fait de commentaire.

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Commentaires 2
à écrit le 24/04/2022 à 9:48
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La tribune se révèle être le soutient sans ambiguïté de la junte militaire et tortionnaire birmane. Sur la photo dont la Tribune se fait le relai, il ne manque que "wanted dead or alive".

à écrit le 23/04/2022 à 23:27
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Très bien qu les fassent tout peter et mettent les Chinois dehors !!!

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