Brésil : le Sénat suspend Dilma Rousseff de la présidence

 |   |  402  mots
Deux tiers des voix (soit 54) seront nécessaires pour destituer Dilma Rousseff à l'issue de son procès pour crime de responsabilité.
Deux tiers des voix (soit 54) seront nécessaires pour destituer Dilma Rousseff à l'issue de son procès pour "crime de responsabilité". (Crédits : © Ueslei Marcelino / Reuters)
Plus de deux tiers des sénateurs ont voté la mise en accusation de la dirigeante de gauche pour maquillages des comptes publics. Elle sera remplacée dans la journée par son vice-président et adversaire Michel Temer et soumise à un procès qui pourra durer jusqu'au mois de septembre.

A l'issue d'une séance historique entamée mercredi matin et qui a duré une vingtaine d'heures, le Sénat brésilien a fini jeudi 12 mai par suspendre de ses fonctions la présidente du pays, Dilma Rousseff. Un total de 55 sénateurs sur 81 ont voté la mise en accusation de la dirigeante de gauche, qui sera ainsi soumise à un procès en destitution pour maquillage des comptes publics. Seulement 22 sénateurs ont voté contre.

Dilma Rousseff sera remplacée dans la journée par son vice-président Michel Temer, homme d'appareil sans charisme et impopulaire, en attendant le jugement final des sénateurs d'ici un maximum de six mois. La présidente a plusieurs fois accusé son vice-président d'avoir ourdi un "coup d'Etat" institutionnel. Ce dernier, ex-allié, est devenu un adversaire résolu de la présidente fin mars lorsque son parti, la puissante formation centriste du PMDB, avait quitté la coalition gouvernementale dominée par le Parti des travailleurs (PT), au pouvoir sous les présidences de Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010) puis de Dilma Rousseff.

La destitution très probable

Alors qu'une majorité simple était requise pour ouvrir le procès en destitution de la présidente, plus des deux tiers des sénateurs se sont prononcés dans ce sens. Or, deux tiers des voix justement (soit 54) sont nécessaires pour destituer Dilma Rousseff à l'issue de son procès pour "crime de responsabilité". Aecio Neves, un des leaders de l'opposition et candidat malheureux au second tour de la présidentielle en 2014, s'est donc réjoui:

"C'est un signal positif pour le nouveau gouvernement, qui prend ses fonctions avec la perspective qu'il ne sera pas seulement un gouvernement temporaire mais qu'il devra conclure le mandat de la présidente".

"J'espère que le vice-président Michel Temer pourra constituer son gouvernement et prendre les mesures pour l'orienter de la meilleure manière possible afin que, dès aujourd'hui, le Brésil perçoive qu'une nouvelle phase commence", a-t-il ajouté.

Le procès sera dirigé par le président du Tribunal suprême fédéral, Ricardo Lewandowski. Il pourrait durer jusqu'au mois de septembre, après les Jeux olympiques de Rio de Janeiro (5-21 août), les premiers organisés en Amérique latine. La Chambre des députés avait déjà avalisé la procédure de destitution le 17 avril par une écrasante majorité.

(Avec AFP)

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 13/05/2016 à 8:35 :
Ciao, Dilma. Voila ce qu'il en coute de chanter la messe.
En attendant le tribunal civil. Tu l'as pas vole.
La corruption est difficile a cacher, les protagonistes tjrs nombreux.
CQFD.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :