Brésil : Lula et Rousseff inculpés pour une affaire de corruption

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Dilma Rousseff, première femme à diriger ce pays, avait succédé à Lula en 2011. Elle avait été destituée en 2016 pour des soupçons de comptes publics.
Dilma Rousseff, première femme à diriger ce pays, avait succédé à Lula en 2011. Elle avait été destituée en 2016 pour des soupçons de comptes publics. (Crédits : © Adriano Machado / Reuters)
Nouvel épisode dans l'affaire Petrobas. Les anciens présidents du Brésil ont été inculpés pour corruption, blanchiment d'argent et formation d'un cartel.

De nouvelles accusations ! Le procureur général du Brésil a inculpé, mardi 6 septembre, les anciens présidents Luis Inacio Lula da Silva et Dilma Rousseff soupçonnés d'avoir formé une organisation criminelle visant à détourner des fonds de la compagnie pétrolière d'Etat Petrobas.

Le parquet général a indiqué, dans un communiqué :

"Les délits ont démarré au plus tard mi-2002 et se sont poursuivis jusqu'au 12 mai 2016."

Rodrigo Janot, procureur général, a ainsi inculpé Lula, Rousseff et six autres membres du Parti des travailleurs (celui des deux anciens chefs d'Etat, ndlr) pour "corruption", "blanchiment d'argent" et "formation d'un cartel", entre autres chefs d'accusation.

Près de 400 millions d'euros de pots-de-vin

Selon l'accusation, le Parti des travailleurs (PT) aurait reçu des pots-de-vin pour un montant de 1.485 millions de réals (soit 399 millions d'euros) "à travers des établissements publics comme Petrobras, la banque nationale du développement ou le ministère de la Planification". Lula serait en grande partie responsable de cette "organisation criminelle", selon Rodrigo Janot.

Dans un communiqué, le parti s'est défendu et a jugé ces accusations infondées. L'avocat de Lula a estimé que la loi était "détournée afin de persécuter l'ancien président". Un représentant de Dilma Rousseff a, quant à lui, estimé que le bureau de procureur n'avait apporté aucune preuve pour étayer ses accusations.

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REPÈRES

∎ Luiz Inacio Lula da Silva, icône de la gauche latino-américaine, avait présidé le Brésil de 2003 à 2010.

L'ex-président, cité dans cinq affaires judiciaires, a été condamné en juillet à 9 ans et demi de prison pour corruption passive et blanchiment d'argent. Il a fait appel, avec l'intention de briguer un nouveau mandat lors de l'élection présidentielle de 2018.

Lula a été renvoyé devant un tribunal dans quatre autres dossiers liés à l'opération Lava Jato ("Lavage express"), nom donné à l'enquête fédérale qui a mis au jour en 2014 un vaste réseau de corruption impliquant entreprises et partis politiques autour de la compagnie pétrolière publique PetrobrasLaissé en liberté le temps d'être jugé en appel, il doit comparaître - pour une autre affaire - devant le juge Moro le 13 septembre.

∎ Dilma Rousseff, première femme à diriger ce pays, lui avait succédé en 2011. Elle avait été destituée en 2016 pour des soupçons de comptes publics.

(avec agences)

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Commentaires
a écrit le 06/09/2017 à 10:53 :
On aimerait tant que le président actuel brésilien également totalement corrompu et non élu tombe aussi, tout ceci à un sale arrière goût quand même il faut croire que certains réseaux protègent même de la justice.

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