Brésil : l'ancien président Lula inculpé pour une nouvelle affaire de corruption

 |   |  455  mots
Lula, 71 ans, qui reste en liberté en attendant son jugement en appel, nie toutes les accusations en bloc et se dit victime d'un complot.
Lula, 71 ans, qui reste en liberté en attendant son jugement en appel, nie toutes les accusations en bloc et se dit victime d'un complot. (Crédits : Ueslei Marcelino)
Alors qu'il a déjà été reconnu coupable de corruption lors d'un premier procès, l'ancien président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, va faire l'objet d'un sixième procès dans le cadre de la vaste enquête déclenchée par l'affaire Petrobas.

L'ex-président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, condamné récemment à près de dix ans de prison, a été inculpé mardi pour corruption et blanchiment d'argent dans le cadre d'une autre affaire, a annoncé le parquet.

Il s'agit de la sixième inculpation de Lula, pour corruption, liée cette fois à des avantages en nature dont il aurait bénéficié de la part d'entreprises du bâtiment pour la rénovation d'une ferme. L'icône de la gauche latino-américaine est accusée d'avoir intercédé en faveur des sociétés OAS et Odebrecht pour l'obtention de contrats avec la compagnie pétrolière d'État Petrobras.

L'enquête "Lava Jato" (Nettoyage express) a mis à jour un vaste système de corruption, qui permettait aux sociétés d'obtenir des contrats dans des entreprises publiques en échange de dessous de table de plusieurs milliards de réals.

Douze autres personnes inculpées

Selon l'acte d'accusation, il aurait bénéficié de largesses à hauteur de 1,02 million de réais (soit environ 275.000 d'euros) pour la rénovation de la ferme, située à à Atibaia, dans l'État de Sao Paulo.

La défense de Lula argumente que la ferme en question n'est pas à son nom, mais le juge anticorruption Sergio Moro affirme disposer d'éléments qui prouvent qu'il en est le propriétaire de fait.

"Les éléments de preuve permettent de conclure que l'ex-président se comportait comme le propriétaire de la ferme", explique l'acte d'accusation.

En plus de Lula, 12 autres personnes ont été inculpées, parmi lesquelles Marcelo Odebrecht, ex-président de la société du même nom, qui purge depuis 2015 une peine de près de vingt ans de prison. Quatre anciens présidents ont été mis en cause, et le chef de l'Etat actuel, Michel Temer, est pour sa part accusé dans une affaire de corruption impliquant le groupe alimentaire JBS.

Un second face-à-face avec le juge Moro

Le 13 juillet, le juge Moro avait condamné Lula à neuf ans et six mois de prison dans une affaire similaire, concernant aussi l'entreprise de BTP OAS. L'ex-président est notamment accusé d'avoir reçu un triplex dans une station balnéaire en guise de pot-de-vin.

Lula, 71 ans, qui reste en liberté en attendant son jugement en appel, nie toutes les accusations en bloc et se dit victime d'un complot visant à l'empêcher de se présenter à l'élection présidentielle de 2018.

Il sera interrogé par le juge Moro le 13 septembre dans le cadre d'une autre procédure judiciaire. Avant cette comparution, Lula entamera le 17 août une tournée dans 28 villes du nord-est du Brésil, région défavorisée et bastion électoral de la gauche.

(avec agences)

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 02/08/2017 à 11:39 :
Ce qui ne l'empeche pas de candidater.
L'Etat devrait saisir les proprietes. lula va se retrouver a poil, ce qui va lui arriver de toute facon.
Réponse de le 02/08/2017 à 17:18 :
"Ce qui ne l'empeche pas de candidater."

Bah TEMER est bien président alors qu'il n'a jamais été élu hein...

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :