Brexit : BoJo obtient le feu vert définitif du Parlement et met fin à 3 ans et demi de psychodrame

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Après son adoption définitive au Royaume-Uni, l'accord de Brexit devra être ratifié par le Parlement européen, le 29 janvier.
Après son adoption définitive au Royaume-Uni, l'accord de Brexit devra être ratifié par le Parlement européen, le 29 janvier. (Crédits : Reuters)
"Parfois, nous avions l'impression que nous ne franchirions jamais la ligne d'arrivée du Brexit, mais nous l'avons fait", s'est réjoui le Premier ministre britannique, pour lequel ce feu vert constitue une victoire politique.

Après plus de trois ans de débats acrimonieux, le Parlement britannique a définitivement adopté, mercredi, l'accord de Brexit, dégageant la voie à la sortie historique du Royaume-Uni de l'Union européenne fin janvier.

Le texte, qui règle les modalités du divorce, négocié par le Premier ministre conservateur Boris Johnson avec Bruxelles, doit encore être promulgué par la reine Elizabeth II, possiblement dès jeudi, pour avoir force de loi.

"Parfois, nous avions l'impression que nous ne franchirions jamais la ligne d'arrivée du Brexit, mais nous l'avons fait", s'est réjoui le dirigeant dans un communiqué.

"Nous pouvons maintenant oublier les rancœurs et les divisions de ces trois dernières années et nous concentrer sur la mise en oeuvre d'un avenir radieux et palpitant", a-t-il ajouté.

La Chambre des communes, où Boris Johnson dispose d'une majorité écrasante depuis les législatives de décembre, avait déjà donné son feu vert début janvier au projet de loi sur le retrait du Royaume-Uni de l'UE, prévu le 31 janvier à 23h00 (heure de Londres et GMT).

Le texte avait ensuite été transmis à la Chambre des Lords, non élue, qui a adopté cinq amendements au texte, infligeant autant de revers au gouvernement, concernant notamment les droits des citoyens européens résidant au Royaume-Uni ou les enfants réfugiés non accompagnés.

Mais ces modifications ont été désavouées par les députés lorsque le projet de loi est revenu devant la Chambre des communes mercredi, et la chambre haute s'est inclinée quand le texte lui a été soumis une seconde fois dans l'après-midi.

Victoire pour Johnson

Après son adoption définitive au Royaume-Uni, l'accord de Brexit devra être ratifié par le Parlement européen, le 29 janvier. Après quoi le Royaume-Uni deviendra le premier État membre à quitter le club européen, mettant fin à 47 ans d'un mariage houleux après trois reports et plus de trois ans et demi de psychodrame.

Le feu vert du Parlement à l'accord de divorce marque une grande victoire pour Boris Johnson, arrivé au pouvoir en juillet 2019 en promettant de réaliser le Brexit, voté par 52% des Britanniques lors du référendum de juin 2016.

Le Parlement avait jusqu'ici rejeté l'accord négocié par l'ex-Première ministre Theresa May sans proposer d'autre scénario, faisant craindre jusqu'à récemment une sortie brutale ou un renoncement.

La large victoire des conservateurs aux élections a changé la donne.

L'accord de Brexit règle les modalités du divorce en garantissant notamment les droits des citoyens et en résolvant le casse-tête de la frontière irlandaise.

Surtout, il vise à garantir une rupture en douceur en prévoyant une période de transition courant jusqu'à la fin 2020, durant laquelle le Royaume-Uni et l'UE négocieront leur relation future, notamment en matière commerciale.

Lire aussi : Brexit: l'accord de sortie négocié par Johnson expliqué en 7 points clés

"Absolument confiant"

Ces négociations s'annoncent d'ores et déjà complexes.

Londres souhaite aboutir en un temps record, avant la fin de l'année, et exclut toute prolongation de la période transitoire, durant laquelle les Britanniques continueront d'appliquer les règles européennes et d'en bénéficier - sans siéger dans les institutions européennes ni avoir leur mot à dire sur les décisions.

Un calendrier jugé très serré à Bruxelles.

Boris Johnson devrait détailler sa vision du futur accord commercial dans un discours début février, selon une source gouvernementale. Il avait déjà indiqué auparavant vouloir un accord de libre-échange de type canadien sans alignement.

Il est dans l"intérêt" des deux parties "d'avoir un accord de libre-échange fantastique, sans droits douaniers, sans quotas", a-t-il dit en répondant mercredi à des questions du public sur Facebook. "Je suis absolument confiant que nous pouvons le faire."

Lire aussi : Avec sa majorité pro-Brexit, Boris Johnson a un an pour « dealer » la sortie de l'UE

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Commentaires
a écrit le 23/01/2020 à 23:43 :
N'est pas Trump qui veut BoJo
n'a pas la carrure ni la puissance économique des US. Malgré sa position de place financière, le RU seul reste un Petit pays, qui devrait d'ailleurs encore rétrécir, il est impensable que l'Écosse, l'Irlande du Nord, voire le pays de Galles acceptent longtemps encore la tutelle de Londres.
a écrit le 23/01/2020 à 14:21 :
L'UE est morte. Enfin. Les manipulateurs europeistes de tous bords, ne s'appuyant que sur le mensonge et la peur, doivent se rendre à l'évidence. L'UE, concept virtuel, archaïque, dogmatique, arrive au bout de sa course. La prédation et le chaos générés par ce périmètre virtuel rejeté par tous, devrait cesser bientôt d'exister. Les populations encore otages de cette folie, doivent commencer à repenser à une vie normale. Le tout dans des nations récupérant leur souveraineté et la démocratie violée par ce concept de type sovietoïde, qui sera relégué une bonne fois par ce geste de défense immunitaire aux fins fonds de l'oubli.
a écrit le 23/01/2020 à 14:10 :
que restera t'il de l'europe si les anglais sorte gagnant..
et a qui faudra t'il s'en prendre des dirigeants qui auront menti
pour proteger la finance oui la question finale qui veut affamer le peuple europeen
a écrit le 23/01/2020 à 11:16 :
Non une victoire d'abord et avant tout pour le peuple anglais qui plus il voyait le brexit s'enliser plus voulait sortir du cauchemar généré par l'UE.

Notons qu'au RU, ils respectent l'opinion des citoyens anglais, contrairement aux dirigeants français qui se sont copieusement assis sur notre référendum pourtant au résultat moins violent, nous ne voulions pas sortir de l'UE, nous voulions juste une Europe non commandée par les banquiers.

Il faut être complètement aveugle pour encore nous faire penser que cette UE est un projet crédible.

Vite un frexit même avec un "psychodrame" de 3 ans et demi on prend tout ce qui peut nous faire sortir de l'enfer de la finance européenne ! Pitié !

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