Brexit : Trump houspille le projet de Theresa May dans la presse

 |   |  512  mots
La Première ministre Theresa May a reçu le 12 juillet le président américain au palais de Blenheim, la demeure des Churchill, près d'Oxford, pour un dîner de gala en présence d'une centaine de chefs d'entreprises.
La Première ministre Theresa May a reçu le 12 juillet le président américain au palais de Blenheim, la demeure des Churchill, près d'Oxford, pour un dîner de gala en présence d'une centaine de chefs d'entreprises. (Crédits : Reuters)
Le projet de Theresa May de conserver une relation économique étroite avec l'Union européenne après le Brexit "tuera probablement" un accord commercial avec les États-Unis, a estimé Donald Trump dans les colonnes du Sun ce 13 juillet.

Donald Trump porte un nouveau coup de canif à la "relation spéciale" qu'il entretient avec Londres. Dans les colonnes du tabloïd anglais The Sun, le président américain a laissé entendre qu'il n'y aurait pas d'accord de libre-échange entre le Royaume-Uni et les États-Unis si la Première ministre britannique Theresa May maintient une relation économique étroite avec l'Union européenne après le Brexit.

Présenté le 12 juillet, le "plan" du gouvernement britannique sur la future relation entre le Royaume-Uni et l'UE après mars 2019 prévoit notamment de mettre en place une nouvelle "zone de libre-échange pour les biens", destinée à maintenir un commerce "sans friction" avec les 27 membres de l'UE.

« Si (la Grande-Bretagne) concluent un accord comme celui (proposé par Theresa May), nous traiterons avec l'Union européenne plutôt qu'avec le Royaume-Uni, ce qui va probablement tuer l'accord », a-t-il dit.

Cette déclaration vient donc doucher les espoirs de Theresa May qui s'est efforcée depuis le 12 juillet de préparer le terrain (tapis rouge, dîner de gala au palais de Blenheim, la demeure des Churchill) à la conclusion d'un accord commercial avec Washington après la rupture avec l'UE, à l'occasion de la venue du président américain en Grande-Bretagne. Ce 13 juillet, ils s'entretiendront de façon plus solennelle sur le commerce, le Brexit, mais aussi sur la Russie et le Moyen-Orient, dans la résidence de campagne de Chequers, à 60 kilomètres de Londres.

Les déclarations de Trump, "une claque" pour May

Fervent défenseur d'un "hard Brexit", Donald Trump a, par ailleurs, regretté que la Première ministre britannique ait ignoré ses conseils sur la façon de quitter l'UE.

« Je l'aurais fait très différemment (...) J'ai dit à Theresa May comment faire, mais elle ne m'a pas écouté. »

Toutes ces déclarations dans les colonnes du Sun surviennent au terme d'une semaine assez agitée pour Theresa May, après les démissions le 9 juillet des ministres des Affaires étrangères et du Brexit, Boris Johnson et David Davis, mécontents du plan de Brexit mis au point le 6 juillet, qui prévoit le maintien de liens commerciaux à leurs yeux trop étroits avec l'UE. D'ailleurs, Donald Trump n'a pas caché son affection pour Boris Johnson qui « ferait un bon Premier ministre (...) Il a tout ce qu'il faut », ajoutant espérer qu'il revienne au sein du gouvernement britannique (extrait sonore).

« Laissez-moi vous dire. C'est un gars très talentueux ! J'ai été attristé de voir qu'il quittait le gouvernement. Et j'espère qu'il reviendra, parce que je pense qu'il est un grand représentant pour votre pays (...) Je ne suis pas en train de dresser l'un contre l'autre. Je dis juste qu'il serait un excellent Premier ministre. Il a ce qu'il faut et a la bonne attitude pour être un grand Premier ministre. »

Cependant, il assure ne pas vouloir accroître les tensions entre Theresa May et son ancien ministre. La première ministre britannique est « une personne sympathique », déclare -t-il aussi dans le-dit entretien au Sun.

(Avec AFP et Reuters)

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 14/07/2018 à 11:53 :
Trump est juste à coté de la plaque.

Le RU est bien plus utile aux USA en gardant le passeport bancaire européen qui lui permet(tait) d'être la tête de pont du capitalisme US en Europe.

Les banques US vont avoir plus de mal culturellement à s'implanter sur le continent, qu'elle n'ont eu de mal en Angleterre ou elles était en terrain conquis, anglophone, néoliberal depuis Thatcher et acquis au financiarisme depuis toujours.

Sans compter qu'à Bonn, Paris ou Amsterdam, les sièges seront maintenant à porté de main de la justice européenne.
a écrit le 14/07/2018 à 9:33 :
Allié ou ennemi ? .......Trump a les deux casquettes selon ses foucades !!!
a écrit le 13/07/2018 à 16:46 :
En tout cas, tout ce qu'il vous donne à manger vous le mangez.

C'est bien les gars, profondément désespérant pour ceux qui voient mais pour vous ça à l'air de vous convenir...
a écrit le 13/07/2018 à 14:56 :
En cas de hard brexit, les usa peuvent imposer leurs règles du jeu commerciales avec le RU.
En cas de soft brexit avec accès au marché unique, le seul interlocuteur possible pour les relations commerciales avec le RU sera Bruxelles.
Theresa May cherche une solution intermédiaire avec une sorte de double régime douanier.
Il faut être réaliste, l'UE ne peut pas accepter un double régime douanier ce qui ouvrirait la voie aux trafics. Si le RU opte pour un hard Brexit, le RU aura du mal à établir un accord favorable avec D.Trump qui sera alors en position de force.
Imagine-t-on D. Trump établir un accord commercial sympathique avec le cousin Britanique au nom de l'amitié anglo-saxonne alors qu'il se chamaille avec son petit frère canadien?
D.Trump ne cherche qu'à déstabiliser le RU politiquement pour tirer le RU vers un hard brexit qui profiterait aux usa. Mais concernant Theresa May, il lui complique sciemment la tâche.
Réponse de le 14/07/2018 à 8:14 :
Exactement !
Réponse de le 14/07/2018 à 9:38 :
Le Brexit n'a pas a etre hard ou soft il doit etre , simplement ! ..... et rapidement ! Fidele a lui -mème , le RU cherche a garder les avantages de l'UE tout en se soustrayant aux contraintes : l'etat d'esprit anglo saxon dans toute sa splendeur !

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :