A Londres, climat tendu pour la visite de Trump, partisan du hard Brexit

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Trump a exprimé son désaccord avec Mme May sur sa version douce du Brexit. Et pour finir de mettre les pieds dans le plat, il n'a pas exclu de rencontrer l'un des deux Brexiters démissionnaires, son ami Boris Johnson, ce qui pourrait finir de mettre Theresa May dans l'embarras alors qu'elle tente de réaffirmer son autorité sur son parti conservateur très divisé.
Trump a exprimé son désaccord avec Mme May sur sa version "douce" du Brexit. Et pour finir de mettre les pieds dans le plat, il n'a pas exclu de rencontrer l'un des deux "Brexiters" démissionnaires, son "ami" Boris Johnson, ce qui pourrait finir de mettre Theresa May dans l'embarras alors qu'elle tente de réaffirmer son autorité sur son parti conservateur très divisé. (Crédits : Reuters)
La Première ministre britannique attend beaucoup de la visite de quatre jours du président américain, qui vient d'atterrir à Londres ce jeudi après-midi, pour consolider les liens, notamment commerciaux, entre la Grande-Bretagne et les Etats-Unis à moins de neuf mois de l'échéance du Brexit. Mais de nombreux écueils se dressent sur la route de ce scénario optimiste : de nombreuses manifestations sont prévues pour protester contre la venue du président américain, dont l'impopularité est massive selon un sondage de YouGov. En outre, avec son Brexit "doux", Theresa May risque quelques déconvenues face à ce partisan de la version "dure".

Donald Trump, qui vient d'atterrir à Londres ce  jeudi après-midi, est très attendu par la Première ministre britannique Theresa May, qui entend profiter de sa visite pour consolider les liens, notamment commerciaux, entre la Grande-Bretagne et les Etats-Unis à moins de neuf mois de l'échéance du Brexit.

Après un sommet de l'Otan à Bruxelles, au cours duquel les alliés européens de Washington ont, selon le président américain, pris des engagements sans précédent en matière de hausse de leurs dépenses militaires, Donald Trump entame une visite de quatre jours en Grande-Bretagne, la première depuis son élection à la Maison-Blanche.

L'alliance avec les Etats-Unis, la plus importante de toute pour May

Alors qu'un "livre blanc" présentant le plan du gouvernement britannique pour le Brexit vient d'être publié, Theresa May espère que la venue du président américain contribuera à jeter les bases d'un futur accord commercial entre Londres et Washington.

"Il n'y a pas d'alliance plus forte que celle que nous avons avec les Etats-Unis, avec qui nous entretenons une relation spéciale, et il n'y aura pas d'alliance plus importante dans les années à venir", a déclaré la Première ministre britannique dans un communiqué.

Elle ajoutait :

"Cette semaine, nous avons l'occasion de consolider cette relation commerciale unique et d'engager des discussions sur la manière dont nous construirons un partenariat commercial renforcé, ambitieux et à l'épreuve du temps."

Pourtant, ce matin depuis Bruxelles, le président américain, interrogé à l'issue d'un sommet de l'Otan, a dit douter que les propositions de la Première ministre britannique sur la future relation commerciale avec l'UE, exposées jeudi, correspondent au vote des Britanniques en faveur d'un départ de l'UE.

"Je ne sais pas si c'est ce pour quoi ils (les Britanniques) ont voté. Les gens ont voté pour rompre" les liens avec l'UE, a commenté le président américain.

Les propositions du gouvernement "répondent au vote des Britanniques", a répliqué Theresa May un peu plus tard.

77% des Britanniques sont opposés à Trump

La visite de Donald Trump intervient à un moment difficile pour Theresa May, après la démission des ministres des Affaires étrangères et du Brexit, Boris Johnson et David Davis, deux poids-lourds pro-Brexit mécontents du plan de sortie de l'UE mis au point vendredi dernier et qui prévoit le maintien de liens commerciaux à leurs yeux trop étroits avec l'UE.

Donald Trump, qui a évoqué la "tourmente" que connaît la Grande-Bretagne, est de longue date favorable à un Brexit dur, a fait part de son enthousiasme quant à un accord commercial de grande envergure avec la Grande-Bretagne une fois celle-ci sortie de l'UE.

"Je vais dans un endroit assez sensible, n'est-ce pas ? Où il y a eu de nombreuses démissions", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse au sommet de l'Otan.

Trump a exprimé son désaccord avec Mme May sur sa version "douce" du Brexit. Et pour finir de mettre les pieds dans le plat, il n'a pas exclu de rencontrer l'un des deux "Brexiters" démissionnaires, son "ami" Boris Johnson, ce qui pourrait finir de mettre Theresa May dans l'embarras alors qu'elle tente de réaffirmer son autorité sur son parti conservateur très divisé.

L'ambassade américaine recommande la discrétion à ses ressortissants

De nombreux Britanniques s'opposent à cette visite de Trump. D'après un sondage YouGov publié mercredi, 77% d'entre eux ont une opinion négative du président américain et 50% seulement pensent que cette visite doit avoir lieu.

Vu l'ambiance, l'ambassade américaine à Londres a recommandé à ses ressortissants de demeurer discrets durant le passage de leur président, dans l'éventualité où les manifestations organisées contre lui seraient marquées par des violences.

"Je pense qu'on m'aime beaucoup au Royaume-Uni", a  fanfaronné Donald Trump depuis Bruxelles (voir la vidéo du tweet ci-dessous), ajoutant :

"Je crois qu'ils sont d'accord avec moi sur l'immigration. Je suis très fort sur l'immigration."

Plusieurs manifestations sont prévues contre sa venue, près du palais de Blenheim ainsi qu'à Londres, où les protestataires se retrouveront à partir de la fin d'après-midi près de Winfield House, comptant bien faire le maximum de bruit.

D'autres rassemblements sont organisés à travers le Royaume-Uni, le plus massif étant attendu vendredi après-midi à Trafalgar Square, où des dizaines de milliers de personnes devraient dénoncer la politique migratoire de Trump, son "sexisme" et son "déni" du changement climatique.

Les "voeux" du maire de Londres, Sadiq Khan, cible fréquente de Trump

Sadiq Khan, le maire de Londres, musulman et de gauche, élu triomphalement en 2016, et cible régulière des tweets agressifs à la limite du racisme du président américain, a déclaré au Huffington Post quel programme il suivrait s'il devait faire visiter sa ville à Donald Trump :

"Je l'emmènerais dans ces endroits de Londres où règne la plus grande diversité, où chacun peut être lui-même tout en étant non seulement toléré, mais respecté, célébré et pleinement accepté."

S'agissant des manifestations prévues ces jours-ci à Londres contre la venue de Trump, Sadiq Khan a aussi exigé des manifestants le plus parfait pacifisme.

Juste un thé avec la Reine, pas de tour en calèche comme pour Poutine

Theresa May et Donald Trump prendront part jeudi soir à un dîner officiel en présence de plusieurs ministres et d'une centaine de chefs d'entreprises au palais de Blenheim, lieu de naissance de Winston Churchill, près d'Oxford.

Le président américain et la Première ministre britannique s'entretiendront vendredi à la résidence de campagne de Chequers, à 60 km de Londres, sur le commerce, le Brexit, la Russie et le Moyen-Orient, a-t-on précisé au 10, Downing Street.

Plus tard, Donald Trump prendra le thé avec la reine Elizabeth II au château de Windsor.

Le Huffington Post, toujours, explique en quoi cela ressemble tout de même à un service minimum pour le président qui s'attendait à mieux :

"Ce n'est pas là la visite d'État qu'il désirait et que la Première ministre lui avait promise l'année dernière, lors de son propre passage à Washington. Pas de trajet en calèche avec la souveraine, un honneur dont avaient joui aussi bien Vladimir Poutine que George W. Bush. Pas de visite à Buckingham Palace, ni même au 10, Downing Street, la résidence officielle de Theresa May."

Il quittera le Royaume-Uni dimanche, après une escale en Ecosse, où il possède deux parcours de golf, pour se rendre à Helsinki où il doit rencontrer lundi justement le président russe Vladimir Poutine...

(Avec Reuters et AFP)

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Commentaires
a écrit le 14/07/2018 à 8:34 :
avant la grande bretagne pesait dans l UE. .. la visite de Trump aura montré quelle relation regiera le rapport UK USA.. la grande bretagne sera obligée de faite le dos rond et de se plier aux caprices et priorités des USA. Nous devrions revoir nos relations avec la Russie ... peut etre que une normalisation enverrait un message inquietant à Washington
a écrit le 13/07/2018 à 8:27 :
"D'après un sondage YouGov"

C'est quoi yougov c'est russe ?

"77% des Britanniques sont opposés à Trump"

Ah ben non ça doit être simplement européiste...

"Juste un thé avec la Reine, pas de tour en calèche comme pour Poutine"

Mais dites moi c'est que vous savez cerner les éléments importants !

"Pas de trajet en calèche avec la souveraine"

Non mais c'est scandaleux ! Ça mérite vraiment d'être répété ! :D

N'importe quoi cet article, alors que deux puissances majeurs sont en train de fomenter une union qui va permettre aux états unis d’assoir tranquillement leur suprématie en UE et au RU de se sortir de l'enfer financier, on nous parle de tour de calèches et de politesses.

Au secours...
a écrit le 13/07/2018 à 8:00 :
Merci monsieur Trump, vous êtes le nouveau moteur de la construction européenne. A ce rythme, nous allons avoir un rapprochement franco-allemand, une europe de la Défense indépendante et pourquoi pas un rapprochement avec nos amis russes européens.
Et peut-être un axe économique europe-russie-chine versus Usa.

Merci merci America first encore et encore.
a écrit le 12/07/2018 à 21:37 :
Trump veut un accord commercial de grande ampleur avec le RU sous condition d'un hard brexit.
Le RU fait 15% de ses échanges commerciaux avec les usa.
Le RU fait plus de 50% de ses échanges commerciaux avec le reste de l'UE.
Un rêveur chez les réalistes.
a écrit le 12/07/2018 à 19:59 :
Un réaliste chez les rêveurs!
a écrit le 12/07/2018 à 18:38 :
Les anglais qui sont nettement plus créatifs que nous, ont décidé de lui pourrir un peu la vie.

Ils ont fabriqué une baudruche gonflée à l'Helium, baptisée "Baby Trump" qui va l'accompagner pendant son séjour londonien en flottant dans le ciel londonien.

Le maire de Londres s'est fait une joie d'autoriser cette démonstration.

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a écrit le 12/07/2018 à 18:28 :
Ce type à force de détester tout le monde sauf lui même va avoir un souci de santé.

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