Brexit : après les départs de Davis et Johnson, Theresa May enfin libre ?

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S'exprimant hier aux côtés de la chancelière Angela Merkel au sortir d'une réunion sur les Balkans occidentaux, Theresa May a promis de faire un Brexit en douceur et ordonné. Elle a rejeté l'idée qu'elle ait cédé aux pressions de Bruxelles.
S'exprimant hier aux côtés de la chancelière Angela Merkel au sortir d'une réunion sur les Balkans occidentaux, Theresa May a promis de faire un Brexit "en douceur et ordonné". Elle a rejeté l'idée qu'elle ait cédé aux pressions de Bruxelles. (Crédits : Reuters)
Malgré la fronde plus ou moins larvée chez certains Tories "Brexiters" qui l'accusent de trahison après le compromis de Chequers, la Première ministre britannique compte plus d'un soutien. Les ultras ayant débarrassé le plancher, la situation semble suffisamment mûre pour lui permettre de passer à l'étape suivante, celle d'un Brexit "en douceur et ordonné". Et Angela Merkel a l'air bien décidée à l'épauler dans cette voie.

Après les démissions fracassantes et en cascade de ses ministres David Davis et Boris Johnson, les plus fanatiques de Hard Brexit de son gouvernement, Theresa May semble en fait plus soulagée que peinée ou en difficulté : hier, lors d'un conseil des ministres qu'elle a jugé "productif", la Première ministre britannique a réaffirmé son autorité.

La démission de deux poids lourds de son gouvernement hostiles à sa stratégie de sortie de l'Union européenne lui ôte en fait une épine du pied.

Certes, le compromis trouvé avec la majorité des membres du gouvernement vendredi dernier lors d'un séminaire (à Chequers, à côté de Londre), qui prévoit le maintien de liens commerciaux étroits avec l'UE, a provoqué le départ de Boris Johnson et de David Davis, respectivement ministres des Affaires étrangères et du Brexit, et a suscité la colère des plus farouches partisans de la rupture avec Bruxelles.

Theresa May recueille des soutiens même dans le camp des Brexiters

Mais les choses ne sont pas si tranchées au royaume de Sa Majesté, car lors du conseil consacré à ce plan qui sera publié jeudi sous la forme d'un "livre blanc", TheresaMay a tout de même obtenu le soutien d'un proche de Boris Johnson du ministre de l'Environnement, Michael Gove, qui a exclu de démissionner.

Et forte des ses soutiens, la Première ministre semble décidée à faire face à la fronde des partisans d'une rupture plus franche avec l'UE.

"Réunion productive du cabinet ce matin, avant une semaine qui s'annonce bien remplie", écrit-elle dans un tweet illustré d'une photo de son gouvernement, où on peut notamment voir Jeremy Hunt et Dominic Raab, nommés la veille ministres des Affaires étrangères et du Brexit en remplacement des deux partants.

Et ceux qui ne sont pas d'accord "mieux vaut qu'ils s'en aillent"

Le secrétaire à la Justice, David Gauke, a, quant à lui commenté au micro de la BBC

"Je pense qu'il est juste que le cabinet soutienne la Première ministre et parle d'une seule voix et, si les gens ne le font pas, mieux vaut qu'ils s'en aillent."

Deux vice-présidents du Parti conservateur ont renoncé à leurs fonctions pour protester contre le plan de Theresa May, selon un membre du gouvernement ayant requis l'anonymat. L'information avait d'abord été annoncée par Laura Kuenssberg, chef du service politique de la BBC.

May à l'abri d'une motion de censure, pas d'une fronde des Tories

"Ben Bradley et Maria Caulfield, deux vice-présidents des Tories, démissionnent pour protester contre le plan de Chequers", écrit-elle sut Twitter, évoquant la villégiature officielle de la Première ministre, où le projet a été approuvé vendredi.

"Vous n'en avez peut-être pas entendu parler, mais c'est une façon pour les Tories de montrer qu'ils peuvent continuer à faire du tort à la Première ministre si elle ne change pas d'orientation", ajoute la journaliste.

Accusée de trahison ou acclamée

Si Theresa May semble à l'abri d'une motion de censure, certains frondeurs ne mâchent pas leur mots.

"C'est la trahison ultime de notre démocratie et de la foi que les gens ont en elle. Elle (cette trahison) n'est pas accidentelle mais a été planifiée longtemps à l'avance", s'est indigné le député conservateur Andrew Bridgen.

La Première ministre a toutefois été acclamée à plusieurs reprises, lundi soir, lors d'une réunion du groupe parlementaire conservateur.

Etape suivante, vers un Brexit "en douceur et ordonné" ?

Elle va désormais devoir convaincre Bruxelles et les "27" pour sortir les négociations de l'impasse où sa réticence à dévoiler ses intentions les a plongé.

La chancelière allemande Angela Merkel, arrivée à Londres pour une réunion sur les Balkans occidentaux, a déclaré que les 27 apporteraient une réponse commune à la stratégie de May de sortie de l'UE.

"Mais il est bon que les propositions soient sur la table - voilà ce que je peux dire d'ores et déjà, sans entrer dans les détails", a ajouté la chancelière allemande.

S'exprimant aux côtés de la chancelière, Theresa May a promis dans la soirée de faire un Brexit "en douceur et ordonné". Elle a rejeté l'idée qu'elle ait cédé aux pressions de Bruxelles.

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Commentaires
a écrit le 12/07/2018 à 9:45 :
en conclusion ça reste le flou artisitique le plus total, avec rien de bien vraiment concret et clair. Pure British style. Faut que l UE ne céde en rien. Ils ont voulu partir. Ils partent. et nous on récupére les competences et centre de compétéces. No gift
a écrit le 12/07/2018 à 9:45 :
en conclusion ça reste le flou artisitique le plus total, avec rien de bien vraiment concret et clair. Pure British style. Faut que l UE ne céde en rien. Ils ont voulu partir. Ils partent. et nous on récupére les competences et centre de compétéces. No gift
a écrit le 11/07/2018 à 12:26 :
Theresa May ...est plutôt prisonnière de ses hésitations sur la gestion du Brexit...!
Réponse de le 12/07/2018 à 8:09 :
Elle est prisonnière de promesses politiques multiples et antagonistes.

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