Brexit : après David Davis, Boris Johnson démissionne à son tour
latribune.fr
DATE IMPORTED:13 September, 2016Britain's Foreign Secretary Boris Johnson waves as he leaves 10 Downing Street after a cabinet meeting with David Davies, secretary of state for exiting the European Union, in London September 13, 2016. REUTERS/Toby...
Les "Brexiters" quittent le navire de Theresa May. Pour David Davis, partisan de la première heure d'un Brexit "dur", le compromis trouvé vendredi à la réunion de Chequers a été la goutte qui a fait déborder le vase. Steve Baker, sous-secrétaire d'État britannique chargé du Brexit, puis Boris Johnson, ministre des Affaires étrangères, ont également claqué la porte quelques heures plus tard. Et ce n'est peut-être pas fini.
(article publié le 9 juillet à 10h12, mis à jour à 16h30)
Encore une fois, tout semble à refaire. À peine Theresa May croyait être enfin parvenue, lors de la réunion de Chequers le 6 juillet, à s'entendre avec tous les membres de son gouvernement pour définir une position commune pour les futures négociations avec l'Union européenne, voilà que son ministre britannique chargé duBrexit, David Davis, démissionne deux jours plus tard du gouvernement.
Ce dernier explique (lire sa lettre de démission à T. May en pied d'article) qu'il ne voulait pas se trouver dans la position d'"un conscrit réticent" au plan de sortie de l'Union européenne voulu par la Première ministre.
Peu après la démission de son patron, Steve Baker, sous-secrétaire d'État britannique chargé duBrexit, a également donné sa démission, rapporte ce 9 juillet le journal Telegraph, suivi, en milieu d'après-midi, du ministre des Affaires étrangères Boris Johnson, un autre "Brexiter".
Si, pour Theresa May, la démission de David Davis est un véritable camouflet, elle est un vrai sujet de réjouissance pour les pro-Brexitdu Parti conservateur. Pour les "Brexiters", en effet, le souhait de la Première ministre de pouvoir entretenir des relations commerciales aussi étroites que possible avec l'UE après leBrexitconstitue une trahison de la promesse d'une rupture nette avec les autres États-membres.
Ce matin, le Guardian rapporte que Downing Street se veut optimiste ce lundi matin, et qu'un mini-remaniement aura lieu pour remplacer Davis et Baker dans la matinée.
Possibles démissions en chaîne
Deux autres membres du gouvernement travaillant directement sur leBrexit, les sous-secrétaire d'Etat Steve Baker et Suella Braverman, auraient également démissionné, mais aucune confirmation officielle n'a été donnée.
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À neuf mois duBrexit, prévu le 29 mars 2019, Theresa May subit des pressions intenses de la part de l'Union européenne et de nombreuses entreprises pour qu'elle clarifie sa position dans les négociations.
Elle pensait l'avoir fait lors de la réunion qui s'est tenue vendredi à sa résidence de campagne de Chequers, à 60 km de Londres. La Première ministre avait même donné l'impression qu'elle avait réussi à convaincre tous les ministres de se rallier à son projet de "zone de libre-échange des biens" avec l'UE.
Pour David Davis, la coupe est pleine
Dans sa lettre de démission, David Davis, 69 ans, rappelle avoir été en désaccord "un nombre important de fois" avec les décisions prises par le gouvernement sur la voie duBrexit.
"Il me semble que l'intérêt national nécessite un ministre qui croie avec ferveur à votre position et pas seulement un conscrit réticent", écrit le démissionnaire à Theresa May.
David Davis, qui a fait campagne pour quitter l'Union européenne lors du référendum de juin 2016 sur leBrexit, était l'un des trois principaux ministres pro-Brexitentrés au gouvernement de Theresa May quelques mois plus tard.
Après la démission de Boris Johnson, que va faire Liam Fox ?
Surnommés "les troisBrexiters", David Davis, le ministre des Affaires étrangères Boris Johnson et le ministre du commerce Liam Fox, étaient considérés comme des voix importantes, représentant ceux qui soutenaient leBrexitau sein d'un cabinet composé de ministres nombreux à avoir fait campagne pour que le Royaume-Uni reste dans l'UE.
Jusqu'à la veille de la réunion de Chequers, David Davis avait exprimé son malaise sur le compromis présenté vendredi par Theresa May. Dans une lettre à la chef du gouvernement, il avait décrit sa proposition de libre-échange et son souhait de donner au Royaume-uni plus de liberté pour fixer les droits de douane comme étant "infaisable".
Ce lundi 9 juillet en milieu d'après-midi, le secrétaire au "Foreign Office", Boris Johnson, a donc lui aussi présenté sa démission.
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Les déboires du Brexit : à qui la faute ? (Crédits : Statista)
L'"accord de paix de Checkers", une "trahison" pour les pro-Brexit
D'autres députés favorables auBrexitont critiqué "l'accord de paix de Checkers", affirmant que le plan de Theresa May n'avait deBrexitque le nom et qu'il constituait une trahison de ce qu'ils considéraient comme sa promesse de rupture nette avec l'UE.
Leurs récriminations permettent de se demander si Theresa May sera en mesure d'obtenir le soutien du Parlement, dans le cas où un accord serait conclu avec l'UE. Certains suggèrent que plusieurs d'entre eux pourraient essayer de déclencher un mouvement de contestation de son leadership.
Les Brexiters très satisfaits de ce vent de rébellion
"Nouvelle fantastique. Bravo David Davis pour avoir eu le courage de démissionner", a déclaré sur Twitter la députée conservatrice pro-BrexitAndrea Jenkyns.
"Chapeau bas. Nous devons nous assurer qu'il y ait maintenant un véritablement changement pour le #Brexit."
Jacob Rees-Mogg, le chef d'un groupe pro-Brexitau sein du Parti conservateur, a déclaré que la démission de David Davis prouvait que leurs préoccupations étaient fondées.
"C'est d'une importance cruciale car cela montre à quel point les inquiétudes sur les conclusions de Chequers sont fondées", a-t-il déclaré à Reuters. "Si le ministre duBrexitn'a pas pu les soutenir, ils ne pourront pas réellement réaliser leBrexit."
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> La lettre de démission de David Davis publiée par The Guardian :