Budget italien : Rome fustige Bruxelles et l'accuse de "défaillance"

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Le ministre italien de l'Economie, Giovanni Tria.
Le ministre italien de l'Economie, Giovanni Tria. (Crédits : Tony Gentile)
Le ministre italien de l'Economie, Giovanni Tria, a accusé, ce jeudi, la Commission européenne de "défaillance technique". En cause, les prévisions de la Commission, beaucoup plus pessimistes que celle du gouvernement italien, concernant le déficit italien alors que le gouvernement de Giuseppe Conte a assuré qu'il maintenait le cap.

Énième passe d'armes dans la relation houleuse qu'entretiennent Bruxelles et l'Italie depuis l'arrivée au pouvoir de la coalition populiste au pouvoir à Rome formé de la Ligue (extrême droite) et du Mouvement Cinq Etoiles (M5S, antisystème). Le ministre italien de l'Economie, Giovanni Tria, a accusé, ce jeudi, la Commission européenne de "défaillance technique"Le ministre italien estime que les prévisions de déficit pour l'Italie, actuel point d'achoppement entre le pays et la Commission européenne, sont beaucoup plus pessimistes que celles du gouvernement.

"Les prévisions de la Commission européenne relatives au déficit italien divergent beaucoup de celles du gouvernement italien et découlent d'une analyse non attentive et partielle" du budget italien "malgré les informations et éclaircissements fournis par l'Italie", a-t-il critiqué. "Reste le fait que le Parlement italien a autorisé un déficit maximum de 2,4% en 2019, que le gouvernement s'est engagé à respecter", a-t-il encore souligné.

Bruxelles retoque le budget italien

Dans ses prévisions d'automne, l'exécutif européen estime que le déficit de l'Italie atteindra 2,9% de son Produit intérieur brut (PIB) l'an prochain, puis 3,1% en 2020, soit bien au-delà des prévisions de Rome, qui table sur 2,4% en 2019 et 2,1% l'année suivante. Bruxelles a rejeté le 23 octobre le projet de budget italien pour 2019, une première dans son histoire, le jugeant largement en dehors des clous européens les chiffres présentés par la coalition populiste au pouvoir à Rome, formée de la Ligue (extrême droite) et du Mouvement Cinq Etoiles (M5S, antisystème).

Lire aussi : L'Union européenne exige que l'Italie revoie son projet de budget 2019

Le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte a souligné de son côté que les prévisions de la Commission "sous-évaluaient l'impact positif de la loi de finances et des réformes structurelles". "Nous allons de l'avant avec nos estimations (...) Il n'y a pas de présupposé pour mettre en discussion (leur) fondement", a-t-il ajouté dans un communiqué. M. Conte a jugé "absolument invraisemblable tout autre type de scénario sur les comptes publics italiens. Le déficit diminuera avec la croissance et ceci permettra de baisser le ratio dette/PIB à 130% l'an prochain et jusqu'à 126,7% en 2021", a-t-il martelé.

"L'Italie n'est pas du tout un problème pour les pays de la zone euro, mais contribuera à la croissance de tout le continent", a encore assuré M. Conte.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 08/11/2018 à 22:15 :
@Clairvoyant Vous pourriez nous en dire plus du coup sur votre positionnement pro UE et l' étayer et le documenter par des faits parce que là nous restons sur notre faim (fin)!
Réponse de le 10/11/2018 à 1:36 :
En quoi les chiffres seraient pro-ci ou pro-ça ? La croissance est nulle au T3, c'est Istat (l'Insee italien) qui le dit. Dès lors, comment ne pas comprendre que le budget présenté sera encore plus intenable du fait des moindres recettes fiscales ?

Etre pro-réalité, ça vous parle ?
a écrit le 08/11/2018 à 21:42 :
A en juger par les derniers indicateurs en provenance d'Italie (croissance nulle au T3, indice PMI en zone de contraction), je crains que les prévisions de l'UE soient bien plus réalistes.
a écrit le 08/11/2018 à 16:49 :
L'UERSS a prit sa décision, mais bon en fait nous n'attendons plus rien d'elle depuis belle lurette, si sa volonté était de s'occuper des citoyens européens depuis le temps on le saurait. Elle ne pense qu'aux banquiers.

Vite un frexit.
Réponse de le 14/11/2018 à 10:35 :
On n'a jamais vu une reprise durable basée sur de la stimulation budgétaire et du déficit. On peut arriver exceptionnellement et temporairement (comme en 2009-2010 en France en laissant filer les déficits à la suite de la crise financière) à soutenir la conjoncture, mais il n'y a qu'une politique de (vraie) rigueur budgétaire continue qui peut donner des résultats dans la durée. ce qui marche, c'est faire du Merkel-Schaüble.
a écrit le 08/11/2018 à 16:27 :
un grand classique chez les populos braillards....
hollande aussi expliquait que la france serait a l'equilibre, vu q'uil y allait y avoir 15% de croissance, et que donc le deficit allait etre resorbe grace a tous ces volontaires qui allaient creer plein d'activite dans le pays en prenant plein de risques, mais en ne gagnant rien apres impots.....
bon, tt le monde avait compris ce que ca voulait dire
donc si c'est pour que les italiens fassent comme la france et disent ' t'as vu, on a baise les allemands et ils n'ont rien vu' dans deux ans, ils font mieux de passer leur tour...

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