Chine-USA : les discussions commerciales s'ouvrent, la prudence domine

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(Crédits : Reuters)
Une délégation américaine de très haut niveau entame ce jeudi 3 mai à Pékin des pourparlers pour tenter de désamorcer la guerre commerciale avec la Chine. Cependant, les deux parties ont averti qu'un accord définitif entre les deux puissances serait dans l'immédiat difficile à trouver.

(Article publié le 3 mai à 12h05, mis à jour à 15h17 avec le graphique de notre partenaire Statista)

Dénonçant depuis des mois le colossal déficit des États-Unis avec la Chine (375,2 milliards de dollars !) et les pratiques commerciales "déloyales" de Pékin, le président américain Donald Trump a missionné le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin pour mener les tractations avec le régime communiste.

L'enjeu est de taille : désamorcer la guerre commerciale avec la Chine, sous la menace de droits de douane portant sur quelque 50 milliards de dollars de produits exportés vers les États-Unis. La mesure pourrait se concrétiser dès le 22 mai, selon le Bureau du représentant américaine au commerce (USTR). Dans ce cas, les Chinois ont fait savoir qu'ils répliqueraient en taxant le soja, les avions Boeing ou encore les voitures.

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Echanges commerciaux Chine-Etats-Unis

(Le soja américain est l'un des produits les plus exportés vers la Chine en 2017. Pékin menace de le surtaxer en représailles des droits de douane que les Etats-Unis souhaitent imposer. Cliquer pour agrandir le graphique. Crédit : Statista)

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Trump veut réduire le déficit abyssal avec la Chine

La délégation américaine, arrivée ce jeudi 3 mai dans la capitale chinoise, réunit le gratin de la politique commerciale américaine, dont le secrétaire au Commerce Wilbur Ross, le représentant au Commerce (USTR) Robert Lighthizer et le conseiller économique en chef de la Maison Blanche Larry Kudlow. Côté chinois, les discussions sont menées par le vice-Premier ministre Liu He, très proche du président Xi Jinping et grand orchestrateur de la politique économique du géant asiatique. Elles dureront jusqu'à vendredi.

Concrètement, les États-Unis, qui réclament une réduction de 100 milliards de dollars du déficit des échanges avec la Chine (sur 375 milliards de dollars en 2017), entendent obtenir une plus grande ouverture du marché chinois. Ils exigent également une protection renforcée des droits de propriété intellectuelle, fustigeant les joint-ventures "forcées" et transferts technologiques imposés par Pékin aux entreprises étrangères. Une concurrence déloyale, en somme.

Lire aussi : Chine : chute surprise des exportations, mais bond de l'excédent avec les Etats-Unis

La prudence domine

Selon des experts, l'issue la plus probable de ces pourparlers sera un engagement des deux parties à poursuivre les discussions - ces dernières n'exprimant d'ailleurs qu'un optimisme extrêmement circonspect sur un possible accord commercial à l'issue de ces deux jours de discussions.

"C'est une étape constructive, pour peu que les États-Unis soient sincères (...) mais vu la complexité des économies des deux pays, il n'est pas réaliste d'imaginer résoudre tous les contentieux avec (cette seule séquence) de négociations", a averti mercredi Hua Chunying, porte-parole de la diplomatie chinoise.

Avant son départ de Washington, M. Lighthizer avait également averti : "Je veux toujours espérer mais je ne suis pas toujours optimiste. C'est un très gros défi à relever".

À priori, comme l'indique Reuters, le suspense résiderait surtout dans les mesures à court terme que pourraient proposer Pékin afin de reporter l'entrée en vigueur des droits de douane.

(Avec AFP et Reuters)

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Commentaires
a écrit le 04/05/2018 à 1:22 :
D'un coté Xi jiping, quasiment réélu à vie, de l'autre Trump, qui va perdre sa majorité au congrés avant la fin de l'année et qui est poursuivi par de sales affaires susceptibles de le contraindre à une démission humiliante.

Les dés sont jetés.
a écrit le 03/05/2018 à 14:34 :
Les USA .... "entendent obtenir une plus grande ouverture du marché chinois".
Et les usa vont l'obtenir et c'est une grave erreur.
Je m'explique: la Chine est passé d'un statut de pays usine qui viole la propriété intellectuelle à un statut de pays qui innove, elle n'a plus besoin de transfert de technologie, par contre elle va de plus en plus avoir besoin de protéger sa propre technologie, et cela elle ne peut l'obtenir qu'en libéralisant son marché intérieur.
Là où c'est une grave erreur, c'est que le made in USA n'est absolument pas compétitif en Chine , par contre il sera encore plus rentable pour une boite américaine de délocaliser la production en Chine puis de la rapatrier par bateau...Résultat, la vague de délocalisation vers la Chine va s'accélérer.
En s'appuyant sur la non-réciprocité des relations commerciales avec l'occident, la Chine a réussi à obtenir la combinaison mortelle bas-prix + technologie. Ni l'europe, ni les usa sommes capable de rivaliser commercialement.
La seule solution serait en fait de verrouiller le marché US de la même façon que la Chine verrouille son propre marché , on obtient ainsi la réciprocité commerciale.
Mais la solution contraire, libéraliser le marché Chinois pour obtenir la réciprocité commerciale va accélérer la confrontation économique entre la Chine et les USA a un moment où la Chine a l'avantage.
Le contraire de ce qu'il faut faire. Avec Trump, la balance commerciale des USA va s'aggraver, c'est une certitude.
Réponse de le 04/05/2018 à 5:01 :
"la seule solution serait de...."A Beijing et aux USA vous feriez tres certainement sensation par votre savoir. Postulez.
a écrit le 03/05/2018 à 12:24 :
Cruel dilemme pour la Chine on la comprend habituée à la politique de dumping social mondiale générée par les propriétaires d'outils de production qui se sont rués en chine pour acheter l'ouvrier chinois à un euro par jour générant ainsi chômage de masse et précarité dans leurs propres pays et permettant à la Chine, puissance non démocratique affichée, de devenir une des premières puissances économiques mondiales même si au prix de nombreuses victimes salariées et de pollution de masse dans leur pays à eux aussi.

Après ce résumé on ne peut qu’applaudir des deux mains la volonté de Trump de changer ces règles idéales aux yeux des actionnaires milliardaires mais entrainant les citoyens du monde vers le bas. Cela ne va pas être facile étant donné que tant de présidents américains corrompus ont largement permis à cette aberration de prendre des proportions totalement démesurées.

Espérons qu'il finira par y arriver et merci de ne pas censurer ce papier qui ne casse pas trump, il y a largement assez de prêches néolibérales ici pour noyer mon commentaire, un minimum de démocratie, merci.

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