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Climat : en 2023, la température moyenne se rapproche dangereusement du seuil critique à ne pas dépasser (+1,5°)

latribune.fr

Publié le 05 octobre 2023 à 06:30 - Mis à jour le 05 octobre 2023 à 06:30

La periode 2015-2019 peut-etre la plus chaude jamais enregistree, selon l'onu

La periode 2015-2019 peut-etre la plus chaude jamais enregistree, selon l'onu

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Les températures mondiales continuent d'écraser les records, après un été inédit et un mois de septembre plus surprenant encore. 2023 est désormais l'année la plus chaude jamais mesurée sur les neuf premiers mois, s'approchant d'une anomalie de 1,5°C par rapport à l'ère pré-industrielle. Un constat inquiétant, d'autant plus au regard des réponses « insuffisantes » des États, à deux mois d'une conférence climat de l'ONU décisive.

L'été 2023 a déjà battu de (tristes) records, avec un mois de juillet devenu le plus chaud de toute l'histoire de l'humanité et des mois de juin, août et même septembre s'affichant comme les plus chauds jamais enregistrés pour leur saison. Le phénomène est même plus global : de janvier à septembre, « la température moyenne mondiale est 1,40°C au-dessus de la moyenne pré-industrielle (1850-1900) », c'est-à-dire avant l'effet sur le climat des émissions de gaz à effet de serre de l'humanité, a annoncé ce jeudi 5 octobre le service sur le changement climatique (C3S) de l'observatoire européen Copernicus.

Et cette moyenne, déjà plus élevée de 0,05°C que pour l'année record de 2016, pourrait encore augmenter sur les trois derniers mois de l'année, compte tenu de la montée en puissance d'El Nino. Ce phénomène météorologique cyclique au-dessus du Pacifique, synonyme de réchauffement supplémentaire, culmine en général autour de la période de Noël.

« Il n'est pas acquis que 2023 atteindra 1,5°C. Mais nous en sommes assez proches »,a déclaré à l'AFP Carlo Buontempo, directeur du C3S. Et d'ajouter :« Si ce n'est pas cette année, ce sera peut-être la prochaine ».

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Pour rappel, les dirigeants mondiaux s'étaient accordés lors de la COP21 de 2015 pour baisser considérablement les émissions mondiales de gaz à effet de serre dans le but de limiter à 2°C le réchauffement planétaire au cours du siècle présent. Tout en poursuivant l'action menée pour le limiter encore davantage à 1,5°C, chaque dixième de gagné réduisant les impacts du changement climatique.

Atteindre cette barre symbolique ne signifierait pas pour autant que la limite la plus ambitieuse de l'accord de Paris ait été atteinte, car ce dernier se réfère à l'évolution du climat sur des périodes longues, des décennies et non des années simples. Le Giec, rassemblant les experts climat mandatés par les Nations-Unies, prévoit que ce seuil de 1,5°C sera atteint dès les années 2030-2035. Et l'Organisation météorologique mondiale a estimé au printemps que la barre serait franchie pour la première fois sur une année entière seulement au cours des cinq prochaines années.

Septembre 2023 dépasse de nouveaux records

En attendant, « septembre 2023 a été le mois de septembre le plus chaud jamais enregistré au niveau mondial », poursuivant la série de records mensuels mondiaux entamée en juin. Avec une température moyenne de 16,38°C à la surface du globe, le mois écoulé dépasse le record de septembre 2020 avec une marge « extraordinaire » de 0,5°C, a indiqué ce jeudi Copernicus.

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Septembre 2023 est ainsi« 1,75°C plus chaud que la moyenne d'un mois de septembre sur la période 1850-1900 »,a ajouté l'observatoire européen.

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Canicules: « plus chaudes, plus longues et plus fréquentes » à cause du changement climatique, selon des chercheurs

Alors que les variations des températures mondiales se mesurent en général en quelques dixièmes de degrés, septembre 2023 est 0,9°C au-dessus de la moyenne de septembre sur la période 1991-2020, soit « la plus forte anomalie mensuelle » jamais mesurée par Copernicus, dont la base de données complète remonte à 1940.

Tous les continents ont été concernés par des anomalies hors du commun. En Europe, septembre 2023 a établi un nouveau record continental pour le premier mois de l'automne météorologique : il a fait plus de 35°C en France jusque début octobre. Dans le même mois, des pluies torrentielles de la tempête Daniel, probablement aggravées par le changement climatique selon des études préliminaires, ont dévasté le nord-est de la Libye et la Grèce. Le sud du Brésil et du Chili ont connu aussi le déluge en septembre tandis que l'Amazonie est actuellement frappée par une sécheresse extrême, qui affecte plus de 500.000 habitants. Et les pôles perdent en glace : la banquise de l'Antarctique se maintient à un niveau bas record pour la saison, tandis que la banquise arctique est 18% en dessous de la moyenne, selon le C3S.

Des réponses« insuffisantes »

La surchauffe des mers du globe, qui absorbent 90% de la chaleur en excès provoquée par l'activité humaine depuis l'ère industrielle, joue un rôle majeur dans ces observations. Pour le système de mesure de Copernicus, la température moyenne des mers a atteint 20,92°C en septembre, nouveau record mensuel et 2e mesure la plus élevée derrière août 2023.

Face à cette situation, les réponses de l'humanité sont « insuffisantes alors que le monde (...) s'écroule » et s'approche d'un « point de rupture », a déploré le pape François mercredi, dans un texte en forme de cri d'alarme, à deux mois d'une conférence climat de l'ONU décisive.

Lors de cette COP28, à Dubaï, le thème de la sortie des énergies fossiles sera au cœur d'âpres négociations entre les pays. Mais, si près de ce rendez-vous, ils ont, en effet, encore des « vues divergentes » sur les moyens d'atteindre les objectifs de l'accord de Paris, même s'ils s'accordent sur la nécessité de faire plus, a constaté l'ONU ce mercredi.

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Dans son rapport technique sur le premier « bilan mondial » de l'accord de Paris, publié début septembre, l'organisme montre que certains sujets sont consensuels, tandis que des propositions ne sont soutenues que par certaines parties. Il ressort notamment que « de nombreuses parties » - mais pas toutes - sont favorables à des objectifs collectifs en termes d'énergie renouvelable ou de développement des véhicules électriques et soulignent que la sortie des énergies fossiles est « vitale pour des transitions énergétiques justes vers la neutralité carbone ».

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Les pays riches dévoilent leurs milliards pour le plus grand fonds climat mondial

Les pays les plus riches de la planète se retrouvent ce jeudi à Bonn en Allemagne pour annoncer, ou non, combien d'argent ils verseront dans le plus grand fonds multilatéral de financement climatique. Le Fonds vert pour le climat, ou Green Climate Fund, est né de l'accord de Paris et finance des panneaux solaires au Pakistan, des projets agricoles aux Philippines ou d'autres projets liés au climat dans les pays en développement. Il s'est engagé à ce jour dans plus de 200 projets.

La plupart de l'argent déboursé l'est sous forme de dons. Plus de trois milliards de dollars ont été déboursés à ce jour, et plus de 12 milliards engagés, selon le fonds. Ses ambitions sont bien plus grandes : il veut doper son capital, actuellement de 17 milliards de dollars, à 50 milliards d'ici 2030.

Avant la conférence, plusieurs pays donateurs dont le Royaume-Uni, des pays de l'Union européenne, le Canada ou encore la Corée du Sud ont annoncé des milliards de dollars d'argent frais. Mais le trou à combler reste important par rapport aux ambitions du fonds, et les États-Unis n'ont toujours pas annoncé si, et encore moins de combien, ils abonderaient le fonds. En 2014, sous Barack Obama, ils avaient annoncé trois milliards de dollars, mais sous Donald Trump, Washington n'a plus contribué.

(Avec AFP)

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