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Climat : foire d’empoigne à la COP28 sur l’avenir des énergies fossiles, Al Jaber met la pression

latribune.fr

Publié le 09 décembre 2023 à 18:02 - Mis à jour le 09 décembre 2023 à 18:02

A trois jours de la fin de la COP28, Sultan Al Jaber met la pression.

A trois jours de la fin de la COP28, Sultan Al Jaber met la pression.

Reuters

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

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A trois jours de la fin de la COP28, Sultan Al Jaber, le président de la COP28 déplore que les négociations n'avancent pas assez vite. Elles ont tourné samedi à la bataille autour de l'avenir des énergies fossiles après l'appel de l'Opep à rejeter toute formule prévoyant un abandon du pétrole et du gaz dans l'accord en cours de discussion à quelques jours de la fin de ce sommet sur le climat.

A trois jours de la fin de la COP28, Sultan Al Jaber met la pression. La mine plus sévère que d'habitude ce samedi, le président de la COP28, a prévenu les pays que « la fenêtre se referme ». Et que même si des « mouvements positifs » dans les négociations en cours étaient observés, il fallait aller plus vite.

« Nous faisons des progrès, mais pas assez vite, et de façon pas assez satisfaisante », a-t-il déclaré lors d'une séance plénière devant l'ensemble des délégués des pays, répétant qu'il entendait tenir son calendrier de clôture de la COP28 mardi.

« Il est temps de mettre de côté ses propres intérêts au nom de l'intérêt général », a lancé Sultan Al Jaber. « Vous devez travailler ».

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COP 28 : comment la crise climatique chamboule le travail des économistes

Abandon des énergies fossiles

Ces propos interviennent alors que les 

négociations ont tourné samedi à la bataille autour de l'avenir des énergies fossiles après l'appel de l'Opep à rejeter toute formule prévoyant un abandon du pétrole et du gaz

 dans l'accord en cours de 

discussion à 

quelques jours de la fin de 

ce sommet 

sur le climat.
D'après des observateurs, 

l'Arabie saoudite et la Russie figurent parmi les pays producteurs de pétrole réclamant que les discussions à ce sommet aux Emirats arabes unis portent exclusivement sur une réduction des émissions polluantes et non sur la dénonciation d'une forme d'énergie en particulier. 

Face à eux, au moins 80 participants, dont les Etats-Unis, l'Union européenne et de nombreux pays pauvres, vulnérables aux conséquences du changement climatique, réclament qu'un éventuel accord à la COP28 appelle clairement à l'abandon à terme des énergies fossiles pour tenter de respecter une trajectoire permettant de contenir la hausse de la température mondiale à 1,5° Celsius, objectif fixé lors de la COP21 à Paris en 2015.
« Nous avons besoin d'approches réalistes pour lutter contre les émissions », a dit le secrétaire général de l'Opep, Haitham al Ghais, dans une déclaration lue par un représentant aux délégués participant à la COP28. « Une (approche) qui permette la croissance économique, contribue à éradiquer la pauvreté et renforce les capacités de résistance tout à la fois.»

Pression de l'Opep, une première

L

'Organisation des pays exportateurs de pétrole 

(Opep) 

a 

adressé cette semaine une lettre à ses membres et à ses alliés les exhortant 

à bloquer tout accord évoquant un abandon des énergies fossiles, avertissant que « les pressions injustifiées et excessives contre les énergies fossiles pourraient atteindre un point de bascule avec des conséquences irréversibles ».

D'après Alden Meyer, du centre de réflexion E3G, c'est la première fois qu'un secrétaire général de l'Opep intervient de la sorte dans des discussions sur le climat parrainées par les Nations unies. « Cela témoigne d'un vent de panique », a-t-il dit.

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Agnès Pannier-Runacher en colère

Le commissaire européen à l'Action climatique, Wopke Hoekstra, a jugé la lettre de l'Opep « décalée » par rapport aux efforts de lutte contre le changement climatique, dont les énergies fossiles sont l'une des principales causes.

« Aux yeux de beaucoup, dont moi-même, cela a été perçu comme quelque chose de décalé, inutile, pas dans le ton de la situation où se trouve le monde en ce qui concerne la situation très dramatique du climat », a-t-il déclaré.

De son côté, Agnès Pannier-Runacher, ministre française de la Transition énergétique, s'est dite « stupéfaite » et « en colère » après les déclarations de l'Opep.

«La position de l'Opep met en péril les pays les plus vulnérables et les populations les plus pauvres qui sont les premières victimes de cette situation. Je compte sur la présidence de la COP pour ne pas se laisser impressionner par ces déclarations et pour porter un accord qui affirme un objectif clair de sortie des énergies fossiles », a-t-elle déclaré.

Captage de CO2

L'Arabie saoudite, leader de fait de l'Opep, et la Russie, autre grand producteur n'appartenant toutefois pas au cartel, semblent pour leur part vouloir mettre l'accent sur le développement de technologies onéreuses telles que le captage du carbone, qui, selon les conseillers scientifiques de l'Onu, ne sauraient toutefois remplacer une diminution de la consommation des énergies fossiles dans le monde.

D'autres pays comme l'Inde et la Chine n'appuient pas explicitement un appel à une sortie des énergies fossiles lors de cette COP28 et soutiennent le thème plus consensuel du développement des énergies renouvelables. 

Après une semaine de discussions techniques, les négociations ont basculé au niveau ministériel pour tenter de parvenir à un texte de compromis avant la fin prévue du sommet mardi. La dernière version du projet d'accord soumis aux négociateurs prévoit encore différentes possibilités sur ce thème central des énergies fossiles, allant d'une sortie programmée en fonction des données fournies par la science à l'absence pure et simple de toute référence au sujet.

La Chine estime qu'il y a des progrès

De son côté, la Chine a affirmé que les négociations sur la sortie du pétrole, du gaz et du charbon avançaient.

« Nous avons déjà fait des progrès sur ce sujet, et je pense que nous en aurons d'autres très bientôt, dans les prochains jours », a déclaré l'émissaire chinois sur le climat, Xie Zhenhua, vétéran de ces négociations qui était à la COP21 lorsque l'accord de Paris a été adopté, en 2015.

« Car si nous n'y parvenons pas, si nous ne résolvons pas ce sujet, je vois peu de chance que nous ayons une COP28 réussie », a-t-il ajouté lors d'une rencontre avec des journalistes. La Chine, attachée à l'accord de Paris, est vue comme un pont entre pays riches et en développement, et son émissaire est de toutes les réunions.

Samedi, Xie Zhenhua a pris soin de rappeler que Chine et Etats-Unis avaient signé une déclaration commune en novembre pour dire que les énergies renouvelables (solaire, éolien...) devaient graduellement remplacer les fossiles. Cela sera-t-il la base d'un compromis à la COP28 ?

« Rien ne met plus en danger la prospérité et l'avenir des habitants de la Terre, y compris les citoyens des pays de l'Opep, que les énergies fossiles », a quant à lui jugé Tina Stege, émissaire pour le climat des îles Marshall, archipel du Pacifique menacé par la montée des eaux.

Mais « aucun pays ne veut être le pays désigné comme le fauteur de troubles », nuance un membre de l'équipe de la présidence de la COP28, qui voit surtout dans les manœuvres saoudiennes une technique typique des fins de négociation.

A la tribune, les pays se succèdent samedi sans montrer d'évolution notable dans leurs positions publiques. Le représentant du Qatar a même profité de l'occasion pour vanter le gaz naturel, dont son pays est un grand producteur. « Le Qatar fournit les marchés mondiaux en énergie propre grâce à la production de gaz naturel », a assuré sans sourciller le ministre de l'Environnement du Qatar, Faleh Nasser Al-Thani.

À lire également

  • Climat : bataille à couteaux tirés à la COP28 sur les énergies fossiles
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Les pays émergents et en développement, eux, demandent des contreparties aux pays riches pour signer l'abandon des combustibles fossiles. Les termes « équité » et « juste » sont de tous les discours. A la tribune samedi, le ministre indien du climat, Bhupender Yadav, a appelé les pays développés à « montrer l'exemple ».

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Climat : l'inquiétante addiction au charbon de l'Inde

latribune.fr

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