COP 28 : comment la crise climatique chamboule le travail des économistes
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La mesure des dégâts environnementaux n'est pas encore bien prise en compte selon l'économiste Jean Pisani Ferry.
Reuters
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La mesure des dégâts environnementaux n'est pas encore bien prise en compte selon l'économiste Jean Pisani Ferry.
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« Le réchauffement de la planète est mondial, et pourtant personne ne veut payer pour le résoudre ». En 2006, le célèbre économiste et prix nobel américain Joseph Stiglitz mettait le doigt sur l'épineuse question du financement de la transition écologique dans son ouvrage célèbre « Un autre monde » (éditions Fayard). À l'époque, les Etats-Unis s'apprêtaient à rentrer dans la plus grave crise économique depuis la Grande dépression de 1929. En Europe, les Etats allaient vivre une brutale récession mettant en péril la cohésion de la zone euro. Bousculés par cette tempête économique, les économies du Vieux continent avaient relégué les enjeux de la crise climatique au second plan.
Près de 20 ans après la publication de ce best-seller, les climatologues et scientifiques redoutent une nouvelle fois que les menaces de récession en Europe prennent le dessus sur les défis de la transition écologique. L'Allemagne et l'Italie sont actuellement embourbées dans une activité négative et la France frôle la récession. À la COP 28, les lobbies des industries fossiles sont massivement représentées et les critiques continuent de pleuvoir dans un monde de plus en plus menacé par les catastrophes naturelles.
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Dans ce contexte brûlant, les débats relatifs à l'impact de l'économie sur le climat sont très vifs. Les économistes et climatologues s'écharpent régulièrement sur le rôle de la croissance économique sur les émissions de gaz à effet de serre par exemple. Critiqués, les économistes s'attachent désormais à intégrer le réchauffement climatique dans leurs travaux. Au sein des ministères et des laboratoires de recherches tricolores, des initiatives inédites émergent. Mais le chemin à parcourir devrait être encore très long. « Les économistes sont en retard sur le changement climatique », reconnaît l'économiste de Pictet AM, Christopher Dembik.