Comment certaines entreprises américaines vont contourner la guerre commerciale

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(Crédits : Kevin Lamarque)
Des entreprises importatrices américaines accélèrent le transfert de leur production de la Chine vers des pays voisins comme le Vietnam pour contourner les droits de douane imposés aux importations par l'administration Trump.

La demande pour les avocats spécialisés en droit douanier et les experts en import/export a explosé car un grand nombre de sociétés essaient de s'y retrouver dans ce conflit commercial entre les deux premières puissances économiques mondiales aux règles floues.

"Beaucoup de nos membres nous demandent si le pays d'origine d'une marchandise peut être celui où est fabriqué son contenant", confie Sage Chandler, en charge du commerce International chez Consumer Technology Association (CTA), le lobby des groupes de grand électronique américain.

Concrètement, des écouteurs fabriqués en Chine mais emballés au Vietnam peuvent-ils être estampillés "Made in Vietnam"?

Au nom de "l'Amérique d'abord", Washington a imposé 25% de tarifs douaniers sur 250 milliards de dollars d'importations de biens chinois et n'exclut pas d'élargir ces taxes à l'ensemble des biens en provenance du géant asiatique.

Diversification

Face à cette nouvelle donne, certaines sociétés ont étoffé leurs stocks en Amérique du Nord, dans l'espoir d'une désescalade entre Pékin et Washington. D'autres, cas le plus courant, réorganisent en vitesse leur circuit d'approvisionnement, en ouvrant des sites de production au Vietnam, au Cambodge, en Malaisie, aux Philippines, au Bangladesh, en Inde, en Ethiopie, voire... au Mexique.

Les exportations d'ordinateurs et d'électronique du Vietnam vers les Etats-Unis ont augmenté de 71,6% sur un an sur les cinq premiers mois de l'année, selon les chiffres officiels. Les exportations des machines et équipements ont, elles, flambé de 54,4%.

"Nos équipes ont accéléré la diversification de notre chaîne logistique pour atténuer l'impact de tout tarif douanier potentiel à long terme", dit-on chez Ralph Lauren.

Le groupe Xcel Brands (marques Isaac Mizrahi et Judith Ripka) n'aura plus d'usine en Chine à compter de 2020, alors même que 100% de ses marchandises y étaient produites il y a encore deux ans. Il a transféré sa production au Vietnam, au Cambodge et au Bangladesh et explore la possibilité de produire en Amérique centrale, au Mexique et au Canada.

"Potentiellement, cela pourrait améliorer notre pourcentage de ventes directes aux consommateurs et de meilleures marges", explique Robert D'Loren, le PDG, ajoutant avoir écarté la possibilité de produire aux Etats-Unis parce que ce n'est pas rentable.

Des circuits parallèles

Les entreprises américaines avaient commencé à réduire leur dépendance vis-à-vis des importations de Chine bien avant la guerre commerciale, en raison d'une augmentation des coûts de production et des coûts du transport comparé aux pays asiatiques voisins. La part des chaussures américaines fabriquées en Chine est passée de 90% il y a une décennie à quelque 69%, indique Matt Priest, le président de la FDRA, le lobby américain des fabricants de chaussures.

Mais les nouveaux eldorados de production manquent souvent d'infrastructures (autoroutes, aéroports...) et de personnel compétent et peuvent tout à coup devenir la cible de nouveaux droits de douane.

Dans ces conditions, il s'est développé un circuit parallèle: les entreprises font transiter de la marchandise fabriquée en Chine dans un pays intermédiaire où ils la modifient légèrement pour en faire son pays d'origine dans l'espoir d'échapper aux droits de douane américains.

"Mon cabinet a reçu un nombre croissant de dossiers de cas d'évasion de tarifs douaniers", explique Jeff Newman, avocat spécialisé installé à Boston.

D'après le Wall Street Journal, les autorités américaines ont identifié récemment plusieurs biens chinois étiquetés produits au Vietnam, en Malaisie et aux Philippines.

Pour les grands groupes de la distribution comme Walmart ou Target, une sortie de la production de Chine est intenable, notamment quand il s'agit d'articles aux marges faibles comme les tongs. Il leur reste deux options: soit augmenter leurs prix, soit en arrêter la production.

"Il n'y a pas d'intérêt pour Target ou Walmart de continuer à produire des chaussures dont les marges sont de 6 à 7% si les tarifs douaniers sont à 25%. Et ce n'est pas rentable d'en transférer la production au Vietnam", dit Matt Priest, car une telle décision exige de lourds investissements et "il faut du temps pour construire la relation avec un fournisseur".

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a écrit le 19/07/2019 à 10:03 :
ca fait pas mal de temps que les boites quittent la chine pour le vietnam et autres
et la raison c'est que la chine devient tres chere en comparaison, tout en exigeant les transferts de technologie, et en sortant avant vous votre produit via votre sous traitant ( qui met du temps a produire votre produit ' car il a des pbs de production', mais ne met pas de temps a produire le produit copie sous un nom chinois)
a écrit le 19/07/2019 à 9:36 :
"il s'agit d'articles aux marges faibles comme les tongs"

Je ne suis pas d'accord avec l'association petits prix/marges faibles c'est complètement faux.

Pour être exact il faudrait mesurer de combien est la marge bénéficiaire en pourcentage et non en valeur absolue étant donné que moins le produit est cher plus il est jetable et plus la marge bénéficiaire de l'actionnaire y est importante.

Entre un téléviseur à 15% de marge bénéficiaire et 1000 paires de tongs à 50% le financier a intérêt à produire de la mauvaise qualité en grande quantité.
Réponse de le 19/07/2019 à 13:28 :
Je pense que l'article mentionne que les tongs sont à 6 ou 7% de marge, ce qui est considéré comme faible comparativement au risque occasionné par les frais de douanes selon l'article. Par ailleurs, je ne suis pas sur de votre estimation voulant que moins le produit est cher, plus la marge est bénéficiaire est importante. Le contre exemple est le milieu du luxe ou la marge est très importante pour des produits cher. (et dans tous les cas, on parle de la marge bénéficiaire de l'entreprise et pas de l'actionnaire).
Réponse de le 19/07/2019 à 14:12 :
"Je pense que l'article mentionne que les tongs sont à 6 ou 7% de marge"

Pourquoi pas mais dans ce cas polluer la planète pour 6 ou 7% de marge bénéficiaire prouve que nos actionnaires milliardaires sont devenus complètement demeurés. Vous génèreriez une usine à gaz à l'autre bout du monde pour une marge aussi minable vous ? Allons allons un peu de sérieux...

Donc j'espère sincèrement que mes chiffres sont les plus justes, sachant que toutes les statistiques qui sortent de chine sont fausses il reste un espoir.

"Le contre exemple est le milieu du luxe ou la marge est très importante pour des produits cher."

Cela n'a rien à voir, là on ajoute le fameux "brevet", à savoir le droit de faire payer plus cher quelque chose qui ne le vaut pas.

"et dans tous les cas, on parle de la marge bénéficiaire de l'entreprise et pas de l'actionnaire"

Sachant que l'actionnaire capte 50% de cette marge en dividendes est que c'est en constante augmentation du fait de la cupidité maladive de ceux ci et au désastreux détriment des salaires et des investissements je ne vois pas trop de différence, au contraire cela permet de bien mieux mettre en perspective la nuisance de cette marge sur l'économie réelle qui pourrait être compensée si les mégas riches ne la planquait pas dans les paradis fiscaux.

J'ai besoin de gens attentifs et avertis qui lisent et pas de ceux qui me font répéter les trucs c'est vraiment pénible, je ne suis pas la pour le spectacle, merci.

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