Comment le Hamas finance ses attaques
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Défilé des Brigades Al-Qassam, la branche armée du Hamas, à Gaza, le 20 juillet 2022.
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Défilé des Brigades Al-Qassam, la branche armée du Hamas, à Gaza, le 20 juillet 2022.
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Depuis sa naissance en 1987, le Hamas adapte en permanence ses systèmes de financement. Classée par le Trésor américain comme « terroriste », l'organisation - comme le Djihad islamique palestinien et le Hezbollah libanais - est soumise à des sanctions qui lui interdisent l'accès au système bancaire international. Tout individu ou organisation effectuant des transactions en dollars avec le Hamas s'expose à des poursuites pénales en raison de l'extraterritorialité du droit des États-Unis.
Pour financer ses opérations militaires, le Hamas a recours aux crypto-monnaies, qui reposent sur un système de blockchain censé préserver l'anonymat des transactions. Depuis le début de l'année, trois groupes islamistes - le Hamas, le Djihad islamique palestinien (DIP) et leur allié le Hezbollah - ont bénéficié de versements. Le DIP a reçu jusqu'à 93 millions de dollars en crypto entre août 2021 et juin de cette année, selon la société israélienne Elliptic, spécialisée en cybersécurité. Sur la même période, le Hamas a perçu environ 41 millions de dollars, selon une société de crypto de Tel-Aviv, BitOK. Cela fait déjà plusieurs années que des organisations terroristes utilisent ce système. « Selon les données d'Elliptic, le Hamas a commencé à solliciter des dons en bitcoin [BTC] en 2019, mais n'a reçu que quelques milliers de dollars au cours des mois suivants. En 2020, le gouvernement américain a démantelé ce programme », rappelle Frédéric Ocana, expert en cybersécurité. Dès l'été 2021, en raison de tensions croissantes avec Israël, le Hamas réussit à collecter plus de 7 millions de dollars de la diaspora palestinienne et de donateurs privés du golfe Persique.
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Un réseau de connexions entre les adresses des comptes du Hamas et d'autres organisations terroristes comme le DIP et le Hezbollah permet de brouiller les pistes. « La coopération récente de la plateforme d'échanges Binance ouvrira probablement la voie à de nouvelles découvertes et saisies d'actifs, principalement en stablecoin dollars [actifs numériques adossés au dollar américain] plutôt qu'en bitcoins », relève Frédéric Ocana.