Conflit commercial Chine-USA : Trump reporte la hausse des droits de douane

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Le président américain Donald Trump menaçait de porter de 10% à 25% les droits de douane sur quelque 200 milliards de dollars (176 milliards d'euros environ) de produits chinois.
Le président américain Donald Trump menaçait de porter de 10% à 25% les droits de douane sur quelque 200 milliards de dollars (176 milliards d'euros environ) de produits chinois. (Crédits : Reuters)
À cinq jours de la date butoir, Donald Trump a décidé de repousser la hausse des droits de douane sur plus de 200 milliards de dollars d'exportations chinoises après des "progrès" dans la négociation, relançant l'espoir d'un sommet avec le président chinois pour sceller un éventuel accord.

[Article publié le 25.02.2019 à 8h36, mis à jour à 10h05 avec les valeurs boursières]

Donald Trump a déclaré dimanche 24 février qu'il allait reporter le relèvement, initialement prévu vendredi prochain, des droits de douane sur les produits chinois importés aux États-Unis, en raison des "progrès substantiels" effectués par Washington et Pékin dans leurs négociations commerciales, portant notamment sur la protection de la propriété individuelle, les transferts de technologie forcés, l'agriculture, le secteur des services et les devises.

Le président américain menaçait de porter de 10% à 25% les droits de douane sur quelque 200 milliards de dollars (176 milliards d'euros environ) de produits chinois importés si aucun accord n'était conclu d'ici au 1er mars.

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Signe d'ouverture, il prévoit de rencontrer son homologue chinois Xi Jinping dans sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride - sous condition que les deux camps aient effectué suffisamment de progrès en vue d'un accord commercial. Une telle rencontre pourrait intervenir en mars, avait dit auparavant le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin.

Donald Trump n'a pas fixé de nouvelle date-butoir pour la conclusion d'un accord avec la Chine.

Un mécanisme de contrôle discuté dimanche

La décision de Donald Trump de repousser la hausse des droits de douane est le signe le plus marquant d'une avancée majeure depuis la trêve commerciale de 90 jours qu'il a convenue avec Xi Jinping en marge du sommet du G20 début décembre. Le président américain, recevant le 22 février le négociateur en chef de Pékin, le vice-Premier ministre Liu He, avait fait part de son optimisme quant à la conclusion d'un accord entre les deux plus grandes puissances économiques mondiales et annoncé la prolongation des discussions organisées à Washington.

Négociateurs américains et chinois ont évoqué dimanche un point délicat, a-t-on appris d'une source au fait des discussions : le contrôle de la mise en oeuvre des engagements pris par Pékin dans le cadre d'un éventuel accord commercial.

Plusieurs représentants de l'administration américaine ont déclaré par le passé que Washington souhaitait l'instauration d'un mécanisme de contrôle, avec la possibilité de relever les droits de douane en cas d'infractions de Pékin.

Reuters rapportait la semaine dernière que les Etats-Unis et la Chine ont débuté la rédaction de protocoles d'accord non contraignants (Memorandum of Understanding, MoU) sur plusieurs questions structurelles au cœur des préoccupations de l'administration américaine. Mais Trump s'est dit défavorable au recours à des MoU, disant vouloir uniquement "un accord à long terme" et se montrant ainsi en désaccord avec son représentant au Commerce, Robert Lighthizer.

Ce dernier, défendant le caractère contraignant des MoU, a alors concédé qu'il ne parlerait plus désormais que "d'accord commercial".

La détente sur le commerce profite aux actifs risqués

La détente (au moins temporaire) sur le front du commerce sino-américain profite en premier lieu aux secteurs les plus exposés à la montée des barrières commerciales : l'indice Stoxx européen de l'automobile progresse de 1,48% ce lundi, celui des matières premières de 1,07%. À Paris, Valeo est en tête du CAC avec un gain de 2,87% devant ArcelorMittal (+2,19%).

Parmi les plus fortes progressions de l'EuroStoxx 50, on trouve aussi des valeurs du luxe, très dépendantes du marché chinois, comme LVMH (+1,38%) ou Kering (+1,33%). Le secteur des semi-conducteurs est lui aussi bien orienté : AMS s'adjuge 5,22%, STMicroelectronics 2,19%.

En Asie, l'indice SSE Composite de Shanghai a fini la journée sur un bond de 5,6%, sa meilleure performance depuis juillet 2015, pour clôturer au plus haut depuis le 15 juin dernier, tout comme le CSI 300 des principales capitalisations de Chine continentale, qui a pris 5,95%.

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Commentaires
a écrit le 28/02/2019 à 18:04 :
Les américains sont de loin la puissance la plus forte des deux pays, malgré les délires fantasmagoriques des néolibéraux, les chinois le savent parfaitement et cherchent à gagner du temps, comme tout ceux qui savent qu'ils ont perdu, les américains savent très bien que les chinois n'ont que cela à faire pour garder la tête haute sachant très bien qu'une dictature sur un milliard d'habitants a intérêt à garder la tête haute pour tenir son peuple.

Ce qui se joue là entre ces deux puissances serait totalement impossible avec l'UE car imposant une puissance politique dont le consortium financier européen est complètement dénué comme on le voit bien. Même le maire a jeté l'éponge: ""Taxe Gafa" : Bruno Le Maire évacue la solution européenne pour un compromis à l'OCDE" https://www.latribune.fr/technos-medias/internet/taxe-gafa-bruno-le-maire-evacue-la-solution-europeenne-pour-un-compromis-a-l-ocde-809071.html

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