Contrôler l’électricité nucléaire: l’autre champ de bataille de la guerre russo-ukrainienne
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SERHII NUZHNENKO
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Alors que la guerre s'intensifie chaque jour un peu plus en Ukraine, les inquiétudes se cristallisent autour d'une potentielle catastrophe touchant l'une des quatre centrales nucléaires du pays. Et pour cause, c'est la première fois qu'un conflit militaire se déroule dans un État doté d'un large programme atomique civil. Une « situation sans précédent », a ainsi rappelé vendredi le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), qui soulève de nombreuses questions sur les risques réels pour l'Europe de l'offensive de Vladimir Poutine.
D'autant que, ce vendredi, des tirs de chars russes sur la plus grosse installation nucléaire d'Europe, Zaporijia, située dans l'est de l'Ukraine, ont mis le feu à un bâtiment annexe, au cours de violents affrontements entre troupes russes et ukrainiennes. Si l'incendie a fini par être maîtrisé et n'a touché aucun des six réacteurs de la centrale, ce sont les Russes qui en ont finalement pris le plein contrôle.
Par conséquent, le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) s'est dit prêt ce vendredi à se rendre en Ukraine afin de négocier un « un accord sur un cadre » pour garantir la sécurité des sites nucléaires mis en danger par la guerre.
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Cependant, dans les faits, le risque d'une explosion de la centrale de Zaporijia reste extrêmement faible. « Les Russes n'y auraient absolument aucun intérêt. D'autant que le site se trouve proche de la Crimée et du Donbass, et que la radioactivité ne connaît pas de frontières », précise à La Tribune Jacques Percebois, directeur du Centre de Recherche en Economie et Droit de l'Energie (CREDEN). « Envoyer des missiles sur un bâtiment à côté du site est une façon d'obliger les Ukrainiens à laisser l'armée russe rentrer. Leur but n'est pas de bombarder la centrale mais de les maîtriser », poursuit-il.