Coup de force du président argentin Milei prêt au « conflit » pour réformer « avec ou sans » soutiens

Dans son premier discours sur l'État de la nation, le président ultralibéral argentin Javier Milei a affirmé sa détermination à poursuivre ses réformes, avec ou sans le soutien politique, prévenant le Parlement de sa disposition au « conflit ». Malgré cela, il a tendu la main à la classe politique pour forger un nouveau contrat social basé sur des principes libéraux.
(Crédits : Reuters)

Javier Milei s'est dit vendredi, dans son premier discours sur l'Etat de la nation, déterminé à pousser plus avant ses réformes « avec ou sans soutiens » politiques, prévenant un Parlement jusqu'ici rétif qu'il est prêt « au conflit ».

« Nous allons changer le pays pour de bon (...) avec ou sans le soutien des dirigeants politiques, avec toutes les ressources légales de l'exécutif », a déclaré Milei dans un discours offensif face aux parlementaires, qui début février avaient retoqué son ambitieux train de réformes.

Vers une guerre ouverte avec l'opposition

« Si vous cherchez le conflit, vous aurez du conflit", leur a-t-il lancé, précisant que "si la voie de la confrontation n'est pas celle que nous choisissons, nous ne la fuyons pas (...) vous vous trouverez face à un animal différent de ceux auxquels vous êtes habitués ».

Pour autant, le chef de l'Etat depuis près de trois mois a tendu une main à l'ensemble de la classe politique, aux influents gouverneurs des provinces, dirigeants de partis, ex-présidents, pour forger un « nouveau contrat social » pour le pays, sur la base de dix principes eminémment libéraux: équilibre budgétaire « non négociable », propriété privée « inviolable », dépense publique réduite au niveau « historique » de 25% du PIB, notamment.

Un « Pacte de Mai », comme il l'a baptisé, qui serait signé à Cordoba (nord) symboliquement le 25 mai prochain, date anniversaire de la revolution de 1810 qui mena à l'indépendance de l'Argentine en 1816.

Sur le plan social, Javier Milei a demandé aux Argentins « patience et confiance », malgré l'impact des premières mesures d'austérité budgétaire (dévaluation de plus de 50%, libération des prix, fin de nombreuses subventions) qui, à court terme, donnent un coup de fouet à l'inflation et entraînent une baisse de l'activité économique.

« ll manque encore du temps avant que nous puissions récolter les fruits de l'assainissement économique et des réformes que nous mettons en œuvre (...) mais pour la première fois de l'histoire, nous attaquons le problème par sa cause. Pour cela je vous demande patience et confiance », a-t-il lancé.

Fermeture de l'agence de presse argentine Télam

S'attaquant aux principes fondamentaux de la liberté d'expression, le président ultralibéral argentin Javier Milei a également annoncé la fermeture de l'agence de presse publique Télam, qu'il a qualifiée d'« agence de propagande » de l'ancienne présidente péroniste Cristina Kirchner.

« Nous allons fermer l'agence Télam qui a été utilisée durant les dernières décennies comme agence de propagande kirchneriste », a déclaré Milei dans un discours devant le Parlement, sans fournir de détails.

En février, le gouvernement de Milei avait fait savoir qu'il comptait « modifier la structure organique et fonctionnelle » de tous les médias publics, dont Télam ainsi que la radio et la télévision nationales.

Fondée en 1945, Télam compte plus de 700 salariés et diffuse chaque jour environ 500 dépêches d'actualité nationale, 200 photos ainsi que des contenus vidéo et radio. Télam, selon son site internet, « est l'unique agence du pays avec un réseau de correspondants dans toutes les provinces argentines, et a de multiples accords de coopération avec des agences internationales ».

L'agence indique également sur son site qu'elle a déjà été la cible de tentatives de fermeture sous les présidents Carlos Menem, Fernando de la Rua et Mauricio Macri. En 2018, une restructuration avait notamment donné lieu à 357 licenciements, dont une partie avaient été annulés par la suite par la justice.

(avc AFP)

Commentaires 8
à écrit le 04/03/2024 à 3:53
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C'est peut-être une bonne idée de revenir à "l'état sauvage": on pourrait définir les règles essentielles, mais je me demande si ça n'est pas un tantinet risqué; est-on sûr que la situation ne va pas devenir incontrôlable?

à écrit le 02/03/2024 à 21:23
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🇦🇷 📈 Le président argentin Javier Milei est LIBÉRAL. Le mot "ultralibéral" est un terme inventé et massivement utilisé par les gauchistes. Les gauchistes ultracommunistes (🤔😀) en ont fait leur fonds de commerce. Les gauchistes et les ignares l'utilis...

le 04/03/2024 à 0:25
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Non ce qualificatif est mérité. Il n'est pas libéral comme Macron ou une Thatcher. Il supprime 2/3 des ministères, plus de 300 normes environnementales et financières et veux légaliser la drogue.

à écrit le 02/03/2024 à 13:55
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Fermer les médias publics c'est poser "une menace sur la liberté d'expression" merci pour cette bonne tranche de rigolade. On connaît les médias publics et leur propension à respecter le pluralisme et la liberté d'expression. Il va en falloir un peu ...

à écrit le 02/03/2024 à 12:41
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Bonne chance à ce monsieur. les gouvernement précedents ont utilisés la dépense publique et la monnaie comme l'aurait fait Bernard Madoff. Et la France rassemble pas mal à l'Argentine kirchneriste, du point de vue budgetaire et de la propagande.

à écrit le 02/03/2024 à 9:42
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Bonjour, les réformes parfois douloureuse sont a faire dans certains pays ( la France est dens ce cas). Mais oui, réformes dois avant tout être juste pour toute la population... La réforme des retraites aurait été acceptée si elle était pour toute...

à écrit le 02/03/2024 à 8:58
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"Avec toutes les ressources légales de l'exécutif". Ça commence mal😒

à écrit le 02/03/2024 à 8:23
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Oui finalement il est comme les autres. J'en baille tiens ! Les souris votent pour les chats.

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