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Coup dur pour l'Ukraine : au Congrès américain, les Républicains bloquent une aide financière cruciale

latribune.fr

Publié le 07 décembre 2023 à 06:24 - Mis à jour le 07 décembre 2023 à 06:25

Pour le président américain, le maître du Kremlin, s'il parvenait à s'emparer de l'Ukraine, « ne s'arrêtera pas là ».

Pour le président américain, le maître du Kremlin, s'il parvenait à s'emparer de l'Ukraine, « ne s'arrêtera pas là ».

KEVIN LAMARQUE

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Le Congrès américain a échoué mercredi à avancer sur une grande enveloppe de plus de 106 milliards de dollars réclamée avec insistance par Joe Biden, le président américain, comprenant des fonds pour l'Ukraine et Israël. En échange de leurs voix, Les Républicains réclament des concessions significatives sur la politique migratoire des Etats-Unis.

Coup dur pour l'Ukraine alors que l'hiver s'annonce très compliqué face à l'armée russe. Le Congrès n'a pas réussi à voter mercredi un texte qui permettrait de débloquer une enveloppe de 106 milliards de dollars, voulue par le président américain, Joe Biden, qui comprend des fonds pour les deux pays en guerre.

Une aide militaire accordée à Kiev d'un montant limité de 175 millions de dollars

L'opposition réclame en effet des concessions significatives sur la politique migratoire des Etats-Unis en échange de leurs voix. Par ailleurs, contrairement à la plupart de ses pairs démocrates, le sénateur Bernie Sanders, socialiste revendiqué, a voté contre l'enveloppe soumise au vote mercredi, exprimant de « vives inquiétudes » sur le fait d'envoyer des fonds au gouvernement d'extrême droite du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

«Si le Congrès n'agit pas, d'ici à la fin de l'année nous serons à court de ressources pour livrer plus d'armes et d'équipements à l'Ukraine et pour fournir du matériel venant des stocks militaires américains», a écrit en début de semaine la directrice du Budget de la Maison Blanche Shalanda Young, dans un courrier adressé à Mike Johnson, patron de la Chambre des représentants, à majorité républicaine.

Pour arriver à ses fins, le locataire de la Maison Blanche s'est donc dit prêt à des « compromis importants » sur le point de la question migratoire, afin d'obtenir un soutien des deux chambres au Capitole. Les négociations continuent donc et, en attendant qu'elles n'aboutissent, Washington a annoncé mercredi une nouvelle aide militaire à Kiev, d'un montant limité de 175 millions de dollars ponctionné sur les réserves de l'exécutif. Le détail inclut des équipements de défense anti-aérienne, des missiles et des munitions d'artillerie.

Joe Biden agite le spectre d'une entrée en guerre des Etats-Unis

Cet échec est une déconvenue pour Joe Biden qui avait exhorté quelques heures plus tôt à l'approbation de ces fonds lors d'un discours très solennel. Leur blocage serait « le plus beau cadeau » offert au président russe Vladimir Poutine, avait-il prévenu, en affirmant que le maître du Kremlin, s'il parvenait à s'emparer de l'Ukraine, « ne s'arrêtera pas là ». Les Etats-Unis sont actuellement le pays fournissant le plus important soutien militaire à Kiev. Le Congrès a engagé plus de 110 milliards de dollars depuis l'invasion russe en février 2022. Le démocrate, candidat à sa réélection, a clairement évoqué l'hypothèse d'une attaque russe contre un pays membre de l'Otan, ce qui déclencherait l'entrée en guerre des Etats-Unis et donc des « soldats américains combattant les soldats russes ».

Vladimir Poutine compte sur «l'effondrement» du soutien occidental à l'Ukraine (Zelensky)

De leur côté, les responsables ukrainiens martèlent qu'il leur faut davantage d'armement pour éviter que les frappes russes ne plongent des millions de personnes dans le noir cet hiver, comme l'an dernier. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui devait s'adresser aux membres du Congrès en visioconférence mardi, a annulé son intervention à la dernière minute avant finalement d'intervenir lors d'une téléconférence entre les dirigeants des pays du G7. Vladimir Poutine compte sur « l'effondrement » du soutien occidental à l'Ukraine, a-t-il affirmé, admettant que l'armée russe avait « augmenté la pression de manière significative » sur le front.

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«La Russie n'espère qu'une chose : que l'unité du monde libre s'effondre l'année prochaine. La Russie pense que l'Amérique et l'Europe feront preuve de faiblesse et ne maintiendront pas leur soutien à l'Ukraine au niveau approprié», a déclaré le président ukrainien.

Anticipant le risque de lassitude du grand allié américain, le président Zelensky s'était rendu à Washington en personne en septembre, rencontrant Joe Biden mais aussi des élus du Congrès avec lesquels il a eu de longs échanges. Sa visite n'avait toutefois pas eu l'effet escompté : embourbé dans une série de crises internes qui ont mené à la destitution du précédent chef de la chambre basse, le Congrès n'avait finalement pas validé de nouveaux fonds pour son offensive.

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Joe Biden s'estime le mieux placé pour battre Donald Trump

« Si Trump n'était pas candidat, je ne suis pas sûr que je me présenterais », a dit mardi le président américain Joe Biden, qui briguera un second mandat lors de la présidentielle de 2024. « Mais nous ne pouvons pas le laisser gagner » a ajouté le démocrate de 81 ans lors d'une rencontre avec des donateurs démocrates près de Boston à propos de l'ancien président républicain. « Trump ne se cache même plus. Il nous dit ce qu'il va faire », a déclaré le locataire de la Maison Blanche, ajoutant à propos de l'élection : « il y va et je dois y aller ». Si son rival se retirait, ferait-il de même ? « Non, pas maintenant », a balayé le président. Joe Biden, dont la campagne a du mal à décoller, affirme depuis longtemps qu'il est le mieux placé pour battre à nouveau Donald Trump. Le démocrate, dont l'âge inquiète les électeurs et qui peine à vendre son bilan économique, répète régulièrement que la démocratie elle-même est en jeu dans cette nouvelle confrontation annoncée avec l'ancien homme d'affaires.Malgré son impopularité et sauf grande surprise ou grave problème de santé l'obligeant à se retirer, le président américain est presque assuré de remporter la nomination de son parti pour l'élection de novembre 2024. Donald Trump, de son côté, est pour l'heure le grand favori

(Avec AFP)

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