Crise en Ukraine : Washington accepte de négocier, Moscou retire ses troupes

Après plus d'un mois d'escalade militaire à la frontière ukrainienne, Moscou a fini par retirer ses troupes après un accueil jugé "positif" par Vladimir Poutine d'une proposition d'accord avec les pays occidentaux. Jusqu'ici, ni l'Europe ni Washington ne voulaient céder à la ligne rouge tracée par la Russie que constitue l'entrée de l'Ukraine à l'Otan. Les discussions doivent commencer en janvier à Genève, mais la conclusion d'un accord s'annonce hypothétique tant les désaccords sont profonds...

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(Crédits : SPUTNIK)

Désescalade en Europe de l'Est... La Russie a annoncé le retrait des troupes massées à la frontière avec son voisin ukrainien. Depuis plus d'un mois, Moscou fait planer la menace d'une intervention militaire à Kiev si ce pays tentait d'intégrer l'OTAN, l'alliance militaire occidentale conduite par les Etats-Unis et fondée en pleine guerre froide pour résister à la menace soviétique.

Deux lignes rouge antagonistes

Vladimir Poutine exige des garanties occidentales pour que l'Ukraine reste en dehors de ce dispositif militaire qui impliquerait, selon lui, l'installation de missiles aux portes de la Russie. Cette perspective est jugée intolérable par le maitre du Kremlin qui continue à soutenir les forces pro-russes du Donbass, dans l'Est de l'Ukraine. Du côté de l'OTAN, il est hors-de-question d'exclure l'adhésion de l'Ukraine.

« Nous ne ferons aucun compromis sur le droit de l'Ukraine à choisir sa propre voie, sur le droit de l'OTAN à protéger et à défendre tous ses membres, et sur le fait que l'OTAN a un partenariat avec l'Ukraine », avait affirmé début décembre le secrétaire général de l'Alliance, Jens Stoltenberg, après une rencontre au siège de l'OTAN avec le président ukrainien, Volodymyr Zelensky.

De leur côté, les Européens avaient mis en garde Moscou contre toute intervention militaire en Ukraine, dont ils ont promis de "lourdes conséquences", sans préciser lesquelles. La France, l'Allemagne, le Royaume-Uni, l'Italie et les Etats-Unis avaient exprimé "leur détermination à ce que la souveraineté ukrainienne soit respectée". Le Washington Post, citant une source haut placée à la Maison Blanche, avait évoquée le risque d'une invasion militaire d'environ 175.000 hommes. Un projet démenti par Moscou qui dénonce, à l'inverse, des provocations côté occidental, mais également sur le terrain, où des affrontements ont lieu entre forces légales et forces pro-russes.

Un accueil "positif" aux propositions de Moscou

Le changement de ton soudain de Vladimir Poutine provient d'un accueil jugé "positif" des propositions de négociations à Genève. "Pour l'heure, nous voyons une réaction positive. Nos partenaires américains nous disent qu'ils sont prêts à commencer cette discussion, ces négociations, dès le début de l'année à Genève", a déclaré le président russe, jeudi 23 décembre, lors de sa conférence de presse annuelle.

Washington a accepté d'ouvrir des discussions avec Moscou sur la base d'un texte transmis par la partie russe, une semaine auparavant. Ces pourparlers seront conduits par Iouri Ouchakov, conseiller du président russe, et Jake Sullivan, conseiller à la sécurité nationale des Etats-Unis. Le Kremlin n'a toutefois pas caché son impatience à ce que ces discussions aboutissent rapidement.

"Nous voulons des garanties maintenant, pas dans dix ans", a martelé Vladimir Poutine. "Comment réagirait les Etats-Unis si l'on mettait des missiles à la frontière canadienne?", a interrogé le président russe en réponse à des journalistes sur la probabilité d'une guerre. Une référence quasi-explicite à la crise des missile de Cuba en 1962 et qui avait été l'un des moments les plus critiques de la guerre froide, avec un risque de guerre nucléaire.

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Commentaires 18
à écrit le 26/12/2021 à 18:06
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On pourrait dire que c'est un furieux voulant remplacer les grands envahisseurs , mais de temps en temps il s'apreçoit qu'il a fait d'énormes (conneries) aimerait ensuite changer les évènements s'en s'excuser, un dilem de sa personnalité qui aurait i...

le 31/12/2021 à 9:30
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Plus on se rapproche des élections et plus on a de commentaires de mythomanes. Quand on sait pas quoi dire on invente des histoires. Vous commencez à le voir le problème d'avoir chassé l'esprit pour le remplacer par la cupidité ?

à écrit le 26/12/2021 à 17:54
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Qui accepterait que des missiles soient déployés à ses frontières ? Aucun chef d’État. Les USA l'ont-il accepté à Cuba ? Non ! Donc Poutine a raison.Les va-t'en guerre occidentaux feraient bien de ne pas créer des tensions inutiles et préjudiciabl...

à écrit le 26/12/2021 à 12:18
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Le comptable du coiffeur embourbant les espèces de la boîte doit être aux manettes des stats sanitaires en France. Et il doit être adepte de Winston Churchill qui avec humour indiquait ne croire aux statistiques qu'il avait au préalable manipulées. ...

à écrit le 26/12/2021 à 12:16
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L'UE puissance économique et nain politiquement. Le coup de Yalta recommence.

à écrit le 26/12/2021 à 10:15
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L'information du retrait russe est-elle consolidée ? Je subodore une mauvaise interprétation d'une info REUTERS. Les autres sources journalistiques font, elles, état d'un retrait des 10.000 soldats engagés ces derniers jours dans une exercice à la f...

le 26/12/2021 à 13:47
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Comment peut on avoir un secretaire comme Stoltenberg qui est un russophobe notoire. Soyons serieux , la Russie fait parti de l'europe , on doit negocier et creer un partnership economique plus profond. Et puis quel pays ne reagirait pas a une telle ...

à écrit le 26/12/2021 à 10:06
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Quand l'URSS a déployé des missiles à Cuba aux portes des Etats-Unis , la riposte des Américains a été immédiate . Aujourd'hui , la Russie a raison d'exiger la réciprocité avec l'Ukraine .

à écrit le 26/12/2021 à 10:00
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J'observe que deux grands discutent sur le futur de l'UE. Déjà il y a bien des lunes un grand américain demandait: l'UE, c'est quel numéro de téléphone.. Sous couvert de cette géopolitique nous sommes les grands perdants.

à écrit le 26/12/2021 à 9:45
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L'OTAN pyramide de Ponzi militaire. Le réel va les remettre à leurs places. C'est juste une association qui vit de subventions nationales.

à écrit le 26/12/2021 à 5:17
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Supposer que l'armee Russe est faible ! Meme les USA ne se frotteraient pas a l'ours. Poutine a encore fait montre de strategie.

à écrit le 25/12/2021 à 21:43
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C'est encore un jeu de dupes. Les américains ne renonceront jamais à leur politique expansionniste à l'Est. Poutine doit rester ferme;

à écrit le 25/12/2021 à 18:11
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Tant que le nouvel ordre mondial ne sera pas mis en place, le "monde économique" et l'OTAN seront a l’œuvre!

à écrit le 25/12/2021 à 17:38
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L'armée Russe n'est plus l'armée rouge. Le peuple Russe est il prêt à accepter à se sacrifier pour l' Ukraine? Les Occidentaux prêts à se sacrifier pour l'Ukraine ? Non, d'autant plus que si cela devait arriver, les périls déferleraient à l'est, du M...

à écrit le 25/12/2021 à 17:37
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Intégrer l'Ukraine dans l'OTAN tout en la désarmant totalement est loin d'être inimaginable, tout le monde y gagnerait. Par ailleurs le régime de Poutine est moins risqué que celui de l'URSS donc conserver cette alliance est en effet un peu hors prop...

à écrit le 25/12/2021 à 17:22
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On peut interpréter cette accord de discussion de différente manière selon sa sensibilité partial ou impartial. Mais les faits sont têtus , il faut se retirer de la crimée et de la frontière Ukrainienne , c'est d'abord un préalable.

à écrit le 25/12/2021 à 17:12
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Bon, en ce jour de Noel 2021 : joyeux Noel à tous. Vous voyez bien que l'on peut faire ceder le maitre du Kremlin. que prépare t-il derrrière ? quel est sa logique ? Poutine est un homme du sovietisme donc il réagit comme un maitre d'echec et uns ost...

le 27/12/2021 à 3:44
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Alors toi , tu as rien compris, mais alors du tout. Aussitot que les Americains ont annoncé vouloir discuter, Poutine avait deja gagné. Et on parle du peuple russe. Voila des mecs qui ont bouffé des rats à Stalingrad pendant 3 ans. Voila des gens à ...

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